Maladies respiratoires chroniques: éviter les complications
Le Dr K. Derra a récemment présenté une communication sur l’optimisation nutritionnelle pendant le Ramadhan chez les patients atteints de pathologies respiratoires chroniques.
Le Dr K. Derra est maître-assistante en médecine du sport et adaptation fonctionnelle au CHU de Beni Messous et titulaire d’un DEA en nutrition. Selon elle, le jeûne présente des défis particuliers pour cette catégorie de patients. «La déshydratation, notamment chez les patients souffrant de dilatations des bronches, d’exacerbations fréquentes et du déclin de la fonction respiratoire constituent les principales préoccupations, surtout si le patient n’est pas bien encadré par son médecin», explique-t-elle.
Jeûne et santé respiratoire: une question de suivi
Le contrôle médical s’avère important sur le plan des habitudes quotidiennes, de l’hygiène de vie et des aspects thérapeutique et nutritionnel. La spécialiste a également abordé la question de la stratification du risque. «Pour les patients asthmatiques bien contrôlés, le jeûne ne pose généralement pas de problème et est bien toléré», précise-t-elle. En revanche, chez les patients nécessitant de fortes doses de bronchodilatateurs, qui ne sont pas contrôlés ou présentent de fréquentes crises et chez les patients atteints de BPCO non contrôlée ou de dilatations de bronches, le risque de déclin de la santé respiratoire, de baisse du débit expiratoire et d’exacerbations récurrentes est avéré.
«Jeûner ou pas n’est pas qu’une décision religieuse. Elle a un aspect médical, une décision médicale qui dépend de l’état de santé du patient», souligne le Dr Derra. Au passage, elle rappelle l’importance de respecter les exemptions religieuses. «Si le médecin estime que le jeûne peut être dangereux pour la santé, il ne faut pas aller à l’encontre de son avis». Le Dr Derra met en garde contre la consommation de boissons gazeuses et alerte sur l’augmentation inquiétante de l’insulino-résistance dans la population. C’est un cas de pré-diabète devenu très fréquent.
Elle recommande de privilégier des aliments à index glycémique bas comme le pain traditionnel, le couscous en quantité raisonnable et d’éviter les sucres rapides. «Il faut favoriser les féculents, les aliments à index glycémique bas, les protéines et surtout l’eau, particulièrement pour les patients présentant des pathologies respiratoires chroniques», poursuit-elle. Notre interlocuteur insiste sur la nécessité d’une collaboration étroite entre professionnels de santé et patients.
Samira Belabed