Hadj Tahar Boulenouar: Faire du Ramadan un levier de transformation des pratiques commerciales

Dans cet entretien, Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans, décrypte les vertus du mois sacré.
Il adresse également un message ferme aux acteurs économiques, les invitant à faire de Ramadan un levier de transformation des pratiques commerciales, en renonçant à la fraude, à la spéculation illicite et au monopole, pour privilégier l’intégrité, la transparence et le service du bien commun.
Entretien réalisé par Karima Alloun
Comment conciliez-vous vos multiples responsabilités à la tête d’une association nationale, vos obligations familiales et vos pratiques religieuses, particulièrement durant le mois de Ramadan ?
Concernant tout d’abord la conciliation entre engagements professionnels, devoirs familiaux et pratiques spirituelles, la réponse réside avant tout dans une meilleure organisation de notre temps. Lorsqu’on parvient à structurer son emploi du temps, l’accomplissement de multiples obligations devient nettement plus accessible. À l’inverse, pour ceux qui ne maîtrisent pas cette discipline, l’exercice peut sembler impossible. Ainsi, pour harmoniser mes missions de président d’une association nationale de commerçants et d’artisans avec mes responsabilités familiales et professionnelles, la condition sine qua non demeure l’organisation rigoureuse du temps. C’est le premier pilier.
Le second principe consiste à ne jamais laisser de temps inoccupé. Une fois cette vérité intégrée, nous comprenons qu’aucun instant ne doit demeurer inutilisé. Même lorsqu’un temps libre subsiste, employons-le judicieusement pour le repos, le sommeil, la pratique sportive, en plus des périodes consacrées aux actes d’adoration et aux obligations professionnelles. Celui qui maîtrise son temps maîtrise son travail, il perfectionne son activité et préserve ses plages de productivité. Telle est, pour moi, la clé de l’équilibre.
Quelle place occupe le mois de Ramadan dans votre parcours spirituel et comment en comprenez-vous la dimension religieuse fondamentale ?
Le mois de Ramadan s’inscrit dans notre éducation depuis la plus tendre enfance, au sein d’une famille attachée aux valeurs traditionnelles et à la foi. Le Ramadan constitue une adoration parmi l’ensemble des pratiques religieuses. D’ailleurs, Allah, dans sa sagesse infinie, n’imposera pas à l’être humain, qu’il connaît mieux que quiconque, une obligation au-delà de ses capacités.
Le jeûne représente à la fois un moyen et une fin en soi, source de multiples bienfaits. Le premier d’entre eux est l’obtention de la récompense divine et de l’agrément d’Allah. Deuxièmement, le jeûne du mois béni peut constituer un vecteur de pardon, permettant à Allah d’effacer nos péchés, nos fautes passées et nos erreurs. Le troisième avantage réside dans la purification spirituelle qu’il opère. L’être humain s’en trouve renouvelé, prêt à franchir une nouvelle étape dans sa foi, dans son action, dans son progrès personnel et dans son cheminement vers l’excellence morale.
Au-delà de la dimension individuelle, quels enseignements sociaux et solidaires tirez-vous de ce mois béni ?
Un autre bienfait majeur du jeûne réside dans le sentiment d’unité qu’il suscite. À travers le mois de Ramadan, se renforcent concrètement les valeurs de solidarité, de bienfaisance et de compassion envers les plus démunis. Il encourage la multiplication des bonnes actions et la réduction des comportements répréhensibles. Cette dimension collective incarne la fraternité entre les croyants et constitue l’un des fruits essentiels du jeûne. C’est pourquoi nous considérons ce mois comme exceptionnel. Exceptionnel d’abord parce qu’il représente l’un des cinq piliers de l’islam. Il nous enseigne également la fraternité, l’affection mutuelle et l’entraide entre les musulmans.
K.A.