CET de Corso: Entre impératif environnemental et désagréments

Le CET de Corso, essentiel à la gestion des déchets à Boumerdès, suscite l’inquiétude des riverains confrontés à des odeurs persistantes et à un air jugé pollué.

Le centre d’enfouissement technique de classe II (CET) de Corso est une infrastructure de traitement de déchets, mis en service en 2014 pour accueillir les déchets ménagers et industriels non toxiques  de la wilaya de Boumerdès.

Cependant, si son rôle en matière de salubrité publique dans les deux wilayas n’est nullement remis en cause, son fonctionnement suscite une inquiétude parmi les habitants résidant à proximité confrontés au quotidien et depuis des années à des nuisances olfactives, autrement dit, des odeurs pestilentielles qui émanent de cet structure.

Qualifiant ces odeurs persistantes d’insupportables, ces riverains souffrent de l’air pollué. Aux abords du site, les témoignages des riverains convergent vers un même constat. Les odeurs émanant du CET de Corso deviennent particulièrement suffocantes en fin de journée lorsque les vents soufflent en direction des agglomérations telles que la ville de Boumerdès, Corso ou encore Boudouaou et quand il fait chaud en été.

Des riverains excédés par les nuisances

Pas loin de l’endroit où est implanté le CET, des habitations y sont construites, selon un résident, avant sa création en 2013 et sa mise en service en 2014.  Abdelghani, père de famille de 50 ans, exprime sa peur de voir ses enfants souffrir de maladies respiratoires.

« Le soir, l’odeur est tellement forte que nous sommes obligés de fermer les fenêtres. Juste avant l’iftar, en ce mois de ramadhan, nous avons l’impression que notre soupe à l’odeur nauséabonde des déchets qui crament. Cela nous coupe l’appétit et les enfants sont tout le temps malades et vomissent », déplore notre interlocuteur.

Hanane et sa famille habitent à la cité Qalaiqila. Ils ont acheté un appartement pour s’y installer mais regrette leur décision. « Mon mari a choisi Boumerdès et j’étais contente de son choix. Mais aujourd’hui, nous cherchons à revendre notre logement parce qu’il n’est possible d’y vivre. L’air est irrespirable et toute la maison est comme imbibé de ces mauvaises odeurs », dit-elle, très affectée par cet environnement néfaste pour elle et sa petite famille.

Appel à des solutions durables

Des inquiétudes sont de plus en plus exprimées par les riverains quant à la composition de cet air pollué et craignent  pour leur santé, troubles respiratoires, maux de tête, prolifération d’insectes et de rongeurs, vecteurs de maladies infectieuses. «Nous ne savons pas ce que nous respirons. Les autorités doivent se pencher sur ce problème et trouver des solutions durables», lance Mourad, habitant de Corso.

Néanmoins, nos interlocuteurs et d’autres habitants de la région ne remettent pas en question l’implantation de ce CET. Par contre, ils demandent des solutions viables pour rendre leur cadre de vie agréable. Par exemple, ils sont pour réduire les quantités de déchets que traite le CET, créer un espace boisé autour du site en plantant des arbres et traiter davantage les lixiviats ou jus des déchets.

Entre gestion des déchets et qualité de vie

Aujourd’hui, ce sont les habitants des zones avoisinantes qui font les frais des dysfonctionnements du site. Odeurs persistantes, crainte pour la santé, dégradation du cadre de vie. Autant de signaux d’alerte qui interrogent sur l’efficacité réelle de la gestion du site.

En attendant la mise en place de solutions pour rendre efficace et non polluant le CET de Corso, les habitants espèrent voir la situation s’améliorer et respirer de l’air frais et sain.

Karima Dehiles

 

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