Le numérique, un levier de transformation durable

Le numérique est un levier de transformation durable. C’est ce qui ressort du CTO FORUM 2026 qui s’est ouvert dimanche à Alger.
Le directeur général de Prolinkom Consulting, Ahmed Lahri, organisateur de cet événement de 3 jours, indique que ce rendez-vous s’impose au fil des années comme un espace de dialogue, de réflexion et de partage d’expériences entre décideurs, experts et acteurs du numérique.
Développer un écosystème technologique dynamique
«Nous vivons une époque marquée par des transformations technologiques d’une ampleur inédite. L’intelligence artificielle est redéfinie ainsi que les modèles économiques, tandis que la cybersécurité devient un enjeu majeur de souveraineté et que les infrastructures numériques structurent désormais la compétitivité des nations», note Lahri en faisant remarquer que, dans ce contexte mondial en pleine mutation, l’Algérie s’engage résolument dans la voie de la transformation digitale, avec des initiatives visant à accélérer la numérisation de l’économie, à soutenir l’innovation et à développer un écosystème technologique dynamique.
Le CTO Forum s’inscrit précisément, souligne-t-il, dans cette dynamique, créant un espace de réflexion collective sur les défis et les opportunités du numérique. «Durant cette 4e édition, plusieurs conférences, ateliers et tables rondes réuniront experts nationaux et internationaux autour de thématiques stratégiques, à savoir l’intelligence artificielle (IA), l’inclusion financière, le Green ID ou identité verte, la cybersécurité et la résilience opérationnelle, l’industrie 4.0, l’open innovation et l’écosystème start-up, le Cloud, la connectivité avancée avec la 5G, l’IoT ou l’internet des objets et l’éthique», détaille-t-il.
Ainsi, il estime que dans un pays comme le nôtre, «les Salons IT ne sont pas de simples vitrines technologiques, mais ils répondent à des enjeux majeurs». Il s’agit, détaille-t-il, de contribuer à la structuration d’un écosystème encore en consolidation et d’être partie prenante dans l’accélération de la transformation numérique des entreprises. «Beaucoup d’entreprises algériennes sont aujourd’hui dans des phases différentes de maturité digitale. Un événement comme le CTO Forum permet de sensibiliser les décideurs aux enjeux du numérique, de présenter des solutions concrètes adaptées au contexte local et de réduire le gap technologique avec les standards internationaux», relève-t-il.
Soutenir l’entrepreneuriat et l’innovation locaux
De ce fait, il signale que le forum favorise également l’émergence de partenariats stratégiques. D’ailleurs, c’est l’un des apports les plus tangibles du forum. «Nous avons assisté au fil des éditions à des annonces très importantes dans l’innovation ainsi qu’à la signature de nombreuses conventions de partenariat entre acteurs publics et privés. C’est aussi une plateforme qui soutient l’entrepreneuriat et l’innovation locaux, donne de la visibilité aux start-up et aux talents locaux, leur offrant un accès direct aux décideurs et des opportunités de collaboration avec de grandes entreprises», précise-t-il.
Le président du Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN), El Hachimi Benali, insiste, pour sa part dans son intervention, sur le rôle du CTO (Chief Technology Officer). «Ce dernier n’est plus uniquement un expert technique, mais un acteur stratégique, un facilitateur de transformation et un pont entre la technologie et les acteurs du métier. Les DSI et les RSSI sont au cœur des décisions et des orientations stratégiques», affirme-t-il avant d’évoquer l’IA, la big data, le cloud et la cybersécurité qui redéfinissent, selon lui, les modèles économiques et équilibrent les puissances. La question à poser aujourd’hui, estime-t-il, n’est plus: «Allons-nous nous transformer?» Mais plutôt : «Allons-nous réussir cette transformation?»
L’écosystème prêt à s’engager
«Notre responsabilité dans ce cadre est collective. La réussite de cette transformation ne repose pas sur un seul acteur. Elle repose sur un équilibre entre les institutions, les entreprises, les start-up, les universités, les experts et les organisations professionnelles. Dans cette dynamique, le GAAN souhaite jouer un rôle de facilitateur et de fédérateur. Notre ambition est de contribuer à structurer le dialogue entre les acteurs, rapprocher les expertises des décideurs, favoriser des approches concrètes et opérationnelles», renchérit Benali, en assurant, en direction des décideurs et des institutions, que l’écosystème du numérique est prêt à s’engager, à contribuer et à les accompagner. La transformation numérique, fait-il observer, est aujourd’hui un enjeu transversal.
«Les acteurs du numérique réunis ici, dans leur diversité et leur complémentarité, disposent des compétences nécessaires pour accompagner les projets de transformation de tous les secteurs. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont complexes, certes, mais ils sont aussi une opportunité unique pour structurer notre système. D’où la nécessité d’avoir une vision collective. Ce n’est pas la technologie seule qui transforme un pays, mais la capacité de ses acteurs à travailler ensemble. À nous donc de transformer cette convergence en résultats concrets pour notre pays. Ensemble faisons du numérique un levier de souveraineté, un moteur de croissance et un vecteur de transformation durable pour notre pays», appelle-t-il.
Missions des directeurs des systèmes d’information
Le président de l’Association nationale pour la promotion du numérique en Algérie (ANPNA), Fayçal Tlilani, est revenu, quant à lui, sur l’importance des missions des directeurs des systèmes d’information (DSI). «Ce ne sont pas seulement des gestionnaires d’infrastructures, mais aussi des ingénieurs stratégiques et des décideurs. Leur rôle consiste à garantir la conformité légale, la protection des données et à transformer les défis techniques en opportunités économiques», explique-t-il, confiant que l’ambition de cette association est de contribuer à faire de l’Algérie une puissance technologique en exploitant les compétences nationales.
Tout en jugeant nécessaire de mettre en commun les efforts pour faire de 2026 une année de performance qualitative, il indique que la vision de l’ANPNA dans ce cadre se traduit par trois points essentiels : la souveraineté numérique, la formation et l’innovation et le partenariat interactif.
«Dans la souveraineté numérique, le respect des textes juridiques, la protection des données et la mise à niveau des systèmes sont une obligation et non une option. De même que la formation et l’innovation, afin de nous aligner sur les normes internationales tout en préservant nos spécificités locales. Pour ce qui est du partenariat interactif, l’association compte servir de pont entre l’administration, l’expertise technique et les décideurs pour favoriser la transparence et l’efficacité», a conclu le président de l’ANPNA.
Farida Belkhiri