Décès de Liamine Zeroual: L’Algérie perd une figure historique majeure

Avec le décès de l’ancien président de la République, le moudjahid Liamine Zeroual, survenu samedi soir à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache d’Alger, l’Algérie perd l’une de ses figures majeures ayant marqué une étape charnière de son histoire.
Né à Batna le 3 juillet 1941, l’ancien président a rejoint très tôt les rangs de l’Armée de Libération Nationale (ALN) en 1957. Il a ainsi apporté sa pierre à la glorieuse Révolution du 1er Novembre avant de poursuivre, après l’indépendance, son parcours au sein de l’Armée Nationale Populaire (ANP), où il a bénéficié d’une formation militaire de haut niveau.
Zeroual, un pilier de la République
Le regretté a occupé plusieurs hautes responsabilités militaires, dirigeant des institutions stratégiques telles que l’école militaire de Batna (1974-1975) et l’Académie militaire de Cherchell (1981-1982). Il a également exercé des commandements au niveau des 6e, 3e et 5e Régions militaires avant d’être nommé commandant des Forces terrestres en 1989, s’imposant comme l’un des cadres majeurs ayant contribué à l’édification de l’ANP.
Sur le plan politique, il a occupé des fonctions de premier rang, notamment celle de chef de l’État en 1994, désigné par le Haut Conseil de l’État (HCE), avant d’être élu président de la République en 1995. Le défunt était reconnu pour sa personnalité équilibrée et sa simplicité, alliant fermeté dans la prise de décision et sérénité dans la gestion des crises. Ces traits de caractère se sont illustrés lors de sa direction du pays durant l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire de l’Algérie, dans les années 90, période durant laquelle il s’est distingué par son engagement envers les valeurs républicaines.
Un défenseur acharné de la souveraineté
Liamine Zeroual s’est également distingué par ses positions souverainistes, tant dans les relations internationales de l’Algérie que dans le traitement des dossiers économiques, veillant scrupuleusement à préserver l’indépendance de la décision nationale. Parmi les moments forts de son parcours politique figure sa décision d’organiser une élection présidentielle anticipée en 1999, mettant ainsi fin à son mandat. Après avoir quitté le pouvoir, le défunt avait choisi de retourner à une vie simple dans sa ville natale de Batna, loin des projecteurs, une image qui reflétait son humilité profonde et sa vision désintéressée de la responsabilité.
En hommage à sa mémoire, la présidence de la République a décrété un deuil national de trois jours à compter de ce samedi. Cette mesure concerne l’ensemble du territoire national ainsi que les représentations diplomatiques à l’étranger, avec mise en berne du drapeau national, selon le communiqué officiel.