Méningite: Une infection sous haute surveillance en Algérie

Face à la hausse des cas de méningite en Europe, l’Algérie renforce sa vigilance. Focus sur les modes de transmission et l’importance de la prévention.
En Europe où la méningite à méningocoque est au centre des préoccupations, les spécialistes appellent à la vigilance, sans céder à la panique. Au Royaume-Uni, la maladie a déjà fait 2 morts et le nombre de cas signalés est de 29, dont 20 confirmés, selon les autorités sanitaires. En France, un cas a été signalé le 12 mars 2026 chez une personne de retour d’Angleterre, plus précisément de la région de Canterbury, où l’épidémie est toujours active. Cela illustre la circulation rapide de l’infection dans un contexte de mobilité internationale accrue.
Comprendre la pathologie et ses formes
Contactée par nos soins, la professeure Tali Maâmar Hassiba, cheffe du département de bactériologie à l’Institut Pasteur d’Algérie, explique les enjeux liés à cette maladie. «La méningite correspond à une inflammation des méninges, les membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière», explique-t-elle. Elle peut être provoquée par différents agents infectieux, notamment des bactéries, des virus ou des champignons.
La spécialiste précise que «les formes virales sont les plus fréquentes et généralement les moins graves». En revanche, «les méningites bactériennes, plus rares, peuvent évoluer rapidement vers des complications sévères». Elle tient, toutefois, à nuancer: «Ces formes peuvent être traitées par antibiotiques et, surtout, évitées grâce à la vaccination.»
Parmi les bactéries en cause, le méningocoque ou Neisseria Meningitidis se distingue par sa dangerosité. «Il s’agit d’une bactérie strictement humaine, responsable d’infections invasives graves telles que les septicémies et les méningites», souligne la professeure, pour qui cette infection contagieuse, à potentiel épidémique constitue une véritable urgence médicale.
Groupes à risque et modes de transmission
Toutes les tranches d’âge peuvent être touchées, mais certaines sont particulièrement exposées. «Les nourrissons de moins d’un an, les adolescents et les adultes âgés de 16 à 25 ans représentent les groupes les plus vulnérables», précise Pr Tali Maâmar. «Les personnes immunodéprimées présentent un risque accru.»
Concernant la transmission, la spécialiste rappelle qu’«elle se fait d’un individu porteur à un autre par les gouttelettes de salive ou les sécrétions nasales, lors de contacts étroits et prolongés». Un mode de propagation qui explique «la survenue de cas groupés, notamment dans des environnements où la promiscuité est importante».
En Algérie, la méningite à méningocoque fait l’objet d’une vigilance particulière. «Elle est classée parmi les maladies à déclaration obligatoire et bénéficie d’une surveillance nationale rigoureuse», rappelle-t-elle.
«Le pays a déjà connu des épisodes épidémiques, dont le dernier remonte à 1997. Depuis, l’incidence a fortement diminué, même si des cas continuent d’être enregistrés», rappelle-t-elle.
La vaccination au cœur de la prévention
La prévention repose avant tout sur la vaccination. «C’est le moyen le plus efficace de protection», insiste Pr Tali Maâmar. «En dehors des situations épidémiques, le vaccin anti-méningococcique est recommandé pour les personnes se rendant dans des zones où la maladie est endémique, et il est obligatoire pour les pèlerins». En cas de suspicion ou de confirmation d’un cas, des mesures strictes sont immédiatement engagées. «Des dispositions spécifiques sont mises en place pour protéger l’entourage et les personnes contacts, conformément aux recommandations nationales», souligne-t-elle.
La rapidité de réaction reste déterminante. «Toutefièvre, isolée ou accompagnée de symptômes, à savoir maux de tête, sensibilité à la lumière, troubles digestifs ou apparition de taches sur la peau, doit conduire à une consultation médicale en urgence», alerte la praticienne. Face à la résurgence de cas en Europe, la méningite rappelle l’importance d’une vigilance constante, d’une information claire et d’une prévention active pour limiter les risques et protéger les populations.
Samira Sidhoum