13e anniversaire du décès du colonel Kafi: L’homme de tous les défis

À l’occasion du 13e anniversaire du décès du colonel Kafi, un hommage est rendu à l’ancien président du HCE, l’homme de tous les défis.

À l’occasion du 13e anniversaire de la disparition du colonel Ali Kafi, des historiens et des témoins de l’épopée révolutionnaire rendent mercredi, au Forum de la mémoire du journal El Moudjahid, un hommage à l’homme qui a incarné plusieurs visages de l’Algérie combattante. Mohamed Lahcen Zeghidi, coordinateur de la Commission algérienne Histoire et Mémoire, et d’autres historiens ont retracé les grandes étapes d’un parcours qui épouse l’histoire nationale, depuis les maquis de la Wilaya II jusqu’aux plus hautes responsabilités de l’État.

Le parcours combattant du colonel Kafi

Zeghidi affirme d’entrée que le défunt avait joué un rôle déterminant dans la préparation des attaques du 20 Août 1955, aux côtés de Zighoud Youcef. «Pendant 90 jours, de juin à août, les cadres de la Wilaya II ont débattu, planifié et coordonné l’opération dans la plus grande discrétion», indique l’historien, ajoutant que le bilan humain des représailles de l’armée coloniale fut lourd avec plus de 14.000 martyrs, dont de nombreux civils massacrés.

Zeghdi  rappelle que Ali Kafi, né en 1928 à El Harrouch (Skikda) au sein d’une famille rurale, a appris le Coran et les bases de la langue arabe auprès de son père avant d’intégrer l’école. Dès sa jeunesse, le défunt s’est engagé dans l’action militante au sein du mouvement étudiant, puis du Parti du peuple algérien (PPA). En 1946, il part étudier à l’université de la Zeitouna de Tunis, «non seulement pour approfondir ses connaissances religieuses, mais aussi pour établir des liens entre le parti constitutionnaliste tunisien et les mouvements nationalistes algériens», développe l’historien.

Cette activité, ajoute-t-il, a conduit les autorités françaises à le surveiller, l’expulser de Tunisie, puis le condamner à 6 mois de prison. De retour en Algérie, Ali Kafi devient enseignant d’arabe, «une fonction qui, à l’époque, équivalait à un engagement politique». Lorsque la Révolution éclate en 1954, son adhésion est immédiate, précise l’intervenant. Dans la Wilaya II, il s’impose rapidement comme l’un des rédacteurs essentiels de la direction.

Engagement sans faille envers la nation

Après l’assassinat de Zighoud Youcef, Ali Kafi assume le commandement de la Wilaya II de 1957 à 1959, tout en siégeant au Conseil de la Révolution, indique Zeghidi, notant qu’il faisait partie des 10 sages ayant élaboré une nouvelle stratégie militaire pour l’Armée de libération nationale (ALN). En 1959, il est désigné pour représenter la Révolution algérienne auprès de la Ligue arabe au Caire, poursuit l’orateur. «Sa force résidait dans sa capacité à convaincre», affirme l’historien. «Avant même de parler, son interlocuteur percevait la légitimité de la cause algérienne. Il défend simultanément les dossiers algérien et palestinien, tissant des liens personnels avec Yasser Arafat et d’autres dirigeants», ajoute l’intervenant.

Après l’indépendance, il poursuit sa carrière diplomatique, il est nommé comme ambassadeur dans plusieurs pays arabes. L’intervenant rappelle également que, dans les années 1992, Ali Kafi a accepté de présider le Haut Conseil d’État, une responsabilité qu’il a endossée dans un contexte particulièrement difficile. «Dans un climat où le Président a été assassiné, il fallait un homme issu de la même école, de la même culture, de la même abnégation», souligne Zeghidi, faisant référence au défunt président assassiné Mohamed Boudiaf. Accepter cette charge après l’assassinat d’un Président constituait, d’après ses propos, «un signe de courage exceptionnel», témoignant de l’engagement sans faille d’Ali Kafi envers la nation. Il a présidé cette institution jusqu’en 1994, avant de se consacrer à l’écriture et à la préservation de la mémoire.

«Un homme qui a mis sa vie au service de l’Algérie»

Dans le même sillage, le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) salue la mémoire d’un dirigeant qui a «accompli son devoir et servi la nation avant et après la Révolution». «Ali Kafi est l’un des dirigeants historiques, un diplomate chevronné qui a été secrétaire général de cette même organisation que je préside», souligne-t-il, rappelant que le défunt «n’a eu de cesse d’appeler à la préservation de la mémoire nationale et de ceux qui l’ont forgée».

La cérémonie est également marquée par l’intervention de Houssam Kafi, fils du défunt, qui évoque avec émotion la proximité qui le liait à son père jusqu’aux derniers instants de sa vie. «Je restais à ses côtés, même à la dernière heure», confie-t-il, rappelant que l’héritage de son père dépassait le cadre familial pour appartenir à toute la nation. «C’est cela la grandeur d’Ali Kafi, un homme qui a mis sa vie au service de l’Algérie, et dont la mémoire continue d’éclairer le chemin», conclut-il.

Karima Alloun

 

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