ABDELMALEK SERRAI, EXPERT INTERNATIONAL EN ÉCONOMIE À HORIZONS

«L’Algérie déploie des efforts considérables en faveur de la coopération intra-africaine»

Abdelmalek Serrai, expert international en économie, indique que «l’Algérie déploie des efforts considérables en faveur de la coopération intra-africaine».

Dans cet entretien, l’expert international en économie, Abdelmalek Serrai, revient sur les efforts déployés par l’Algérie au profit de la coopération intra-africaine. Il qualifie le Sommet panafricain de la transformation numérique et la conférence africaine de l’exportation et de la logistique qui se sont tenus mardi et mercredi à Alger d’événements majeurs dans la mesure où ils répondent aux orientations politiques de l’Algérie en matière de coopération. Il estimé également que ces deux événements ont une résonance politico-économique dans le cadre du plan d’action de la division de l’économie diplomatique au niveau des ministères des Affaires étrangères

Entretien réalisé par Farida Belkhiri

Alger a abrité deux événements africains majeurs, l’un dédié à la transformation numérique, et l’autre aux exportations et à la logistique…

À mon sens, la dimension de ces deux rencontres est très importante dans la mesure où elles répondent aux orientations politiques de l’Algérie en matière de coopération intra-africaine. Je tiens à rappeler dans ce contexte qu’au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, le président Ahmed Ben Bella avait déjà planté l’arbre de l’unité africaine et commandité la coopération intra-africaine.

Depuis, des efforts considérables ont été réalisés dans ce cadre, par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique notamment, mais aussi par les différentes institutions sous-régionales, que ce soit à l’est, à l’ouest, au centre ou à l’ouest du continent. Aujourd’hui, il s’agit de renforcer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et notre pays déploie des efforts colossaux dans ce sens pour arriver à des résultats tangibles. Par ailleurs, l’Algérie est présente dans les temps et dans les délais par rapport à la politique intra-africaine des chefs d’État qui a été dessinée lors de différents sommets, que ce soit à Abuja, à Alger, au Caire ou ailleurs.

Quelle pourrait être la portée de ces deux segments sur l’économie nationale?

Par ce genre d’événements, l’Algérie démontre et prouve qu’elle est omniprésente. Mais pas seulement, puisque cela contribue à promouvoir le produit algérien. Notre pays fait le maximum afin que nos produits soient connus, acceptés et consommés dans certains pays africains. De même qu’il s’emploie à étaler la finance et l’expertise algérienne en termes de transport maritime, aérien et de services d’engineering qui peuvent être exploités au profit du continent dans le cadre d’une coopération intra-africaine.

Nous notons, toujours dans ce registre, un fort appui de la part du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour booster nos capacités d’échange avec nos frères africains dans le cadre des grandes recommandations de la Commission économique de l’ONU, mais également de l’Union africaine. Je pense que nous allons assister rapidement à une augmentation des volumes d’échanges interafricains ainsi qu’à un flux financier beaucoup plus dynamique, plus important et à l’ouverture de visas pour les investisseurs algériens On s’attend donc à un flux financier, humain et à un flux de produits.

Qu’en est-il de leur impact au niveau régional et international?

Un impact politique surtout, car ces deux événements ont une résonance politico-économique dans le cadre du plan d’action de la division de l’économie diplomatique au niveau des ministères des Affaires étrangères. D’ailleurs, l’Algérie est en train d’appliquer rigoureusement ce plan d’action, et ce, grâce aux orientations du chef de l’État en termes d’investissements se traduisant par l’ouverture de nouvelles lignes maritimes et aériennes vers l’Afrique, la réalisation de la route transsaharienne, l’extension de la fibre optique et le lancement d’antennes bancaires en Afrique de l’Ouest, notamment.

Cela, sans oublier les actions concrètes au niveau de nos frontières avec la mise en place de centres d’hébergement dans les zones d’activité pour le transit, l’intensification du contrôle de la qualité, les échanges de troc sur place et la consolidation de la présence de douanes qui permettent une facilitation des opérations de commerce international avec l’Afrique. Nous pouvons dire que toutes ces actions commencent à donner leurs fruits. Les résultats sont très positifs et le seront encore plus si les efforts se poursuivent, dans la lutte contre les barrières bureaucratiques en particulier.

F. B.

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