Activité des partis politiques: Les ressorts d’une dynamique retrouvée

Les ressorts d’une dynamique retrouvée de l’activité des partis politiques sont enclenchés à quelques jours des élections législatives 2026.

Les élections législatives prévues du 2 juillet prochain occupent une place centrale. Sur la scène politique, on observe une réelle dynamique portée par les acteurs politiques, certains procédant à une réorganisation interne et d’autres à la sensibilisation de leur base. Après le relèvement du nombre de circonscriptions électorales de 58 à 69, les préparatifs pour les élections législatives s’intensifient, ainsi, pour rafler davantage de sièges qui s’élèvent à 407, dont 12 sont réservés à la communauté algérienne à l’étranger.

«Plus de souplesse et de lisibilité»

«L’enthousiasme que l’on observe aujourd’hui tranche clairement avec celui des années précédentes», constate Azzedine Nemiri, enseignant en sciences politiques à l’université de Guelma, décrivant un climat électoral en pleine évolution. Et pour cause, «les nouvelles dispositions juridiques ont apporté plus de souplesse et de lisibilité», explique-t-il, notant qu’elles «facilitent concrètement l’accès à la candidature et encouragent davantage de profils à se lancer dans ce processus». Pour lui, cette ouverture est de nature à stimuler une participation citoyenne plus large, y voyant un signe d’évolution dans le rapport des citoyens à la vie politique.

Il faut savoir, poursuit-il, que «le recul du boycott de l’opposition marque un tournant important», rappelant que des acteurs politiques qui étaient jusque-là en retrait semblent aujourd’hui prêts à investir le champ électoral. Selon lui, ce changement s’explique par les garanties qui interviennent à la faveur de l’adoption de la nouvelle loi électorale en matière notamment de transparence, estimant que «cela a contribué à installer un climat de confiance autour du processus électoral».

«Perspective d’une Assemblée plus ouverte et plus représentative»

Dans cette cadre, «la présence conjointe des partis au pouvoir et de l’opposition renforce la crédibilité du scrutin», souligne Nemiri, évoquant «la perspective d’une Assemblée plus ouverte et plus représentative des différentes sensibilités».

Ce qui distingue cette étape, ajoute Nemiri, «c’est la possibilité de voir émerger une opposition structurée», laquelle «pourrait redonner à l’institution législative tout son poids dans l’équilibre des pouvoirs». C’est pourquoi, enchaîne-t-il, «le Parlement est appelé à jouer pleinement son rôle, notamment en matière de contrôle et de suivi de l’action du gouvernement», précisant qu’«il peut devenir un acteur clé dans la consolidation de la pratique démocratique».

Dans ce sillage, il note une forme de convergence entre les réformes engagées et une prise de conscience citoyenne croissante. Aussi insiste-t-il sur «la nécessité de disposer d’une institution législative forte pour porter les attentes de la société». En somme, affirme t-il, «les électeurs semblent aujourd’hui plus attentifs au choix de leurs représentants», soulignant que «la compétence et la crédibilité deviennent des critères essentiels pour peser sur la gestion des affaires publiques».

Un processus de candidature plus flexible

Hakim Boughrara, politologue et professeur universitaire, fait le même constat: «La classe politique a évolué depuis la réforme du code électoral». Il cite notamment les changements qui ont touché les listes électorales à travers le renforcement de la représentation des femmes, soulignant que «des sièges leur sont désormais réservés afin de consolider leur présence dans les institutions élues». Il évoque, également, «certaines règles qui ont été assouplies dans les communes de moins de 20.000 habitants», estimant que cette évolution vise avant tout «à rendre le processus de candidature plus flexible et plus adapté au terrain».

«Ces ajustements interviennent après une évaluation concrète de l’application de la loi électorale lors des différents scrutins», dit-il insistant sur la logique d’adaptation progressive du cadre juridique. Ces réformes répondent aussi, selon lui, «aux préoccupations exprimées par les partis politiques, notamment, les difficultés rencontrées par les femmes candidates dans plusieurs régions du pays». Il existe, explique Boughrara, «une volonté de corriger les déséquilibres et d’améliorer la représentativité politique», en réponse aux attentes exprimées sur le terrain d’où cette mobilisation constatée chez les formations politiques.

Par ailleurs, «les réformes introduites pour le renforcement de la transparence du processus électoral dont la désignation d’agents de contrôle dans des zones où ils ne résident pas vise à garantir davantage d’impartialité», fait-il savoir, précisant que cette mesure «réduit les influences locales et améliore la neutralité du suivi électoral». C’est pourquoi, enchaîne-t-il, «ces mesures s’inscrivent dans une réponse aux attentes de la classe politique et des partis».

Assia Boucetta

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