Avant-première du film «Hadda»: un thriller sur fond de guerre de libération

La salle Ibn Zeydoun de l’Office de Riadh El Feth a accueilli la projection en avant-première du film «Hadda» du réalisateur Ahmed Riadh, produit par Tayda Production.

Le long métrage de 76 minutes, tourné principalement à Constantine et Skikda, met en lumière le destin d’une femme, Hadda, recluse dans une cabane en pleine montagne où elle vit avec sa fille.

Le destin d’une guérisseuse engagée dans l’ALN

Sous l’apparence d’une simple guérisseuse, Hadda (Lidya Larini) forme des infirmières destinées à rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) et soigne les moudjahidine blessés. S’éloignant des schémas classiques du film révolutionnaire, «Hadda» adopte une approche résolument psychologique. Le récit repose essentiellement sur la force du jeu des acteurs et la richesse des dialogues, le tout sublimé par une grande qualité d’image.

Le film privilégie la tension intérieure et les non-dits plutôt que les scènes d’action spectaculaires. Au cœur de l’intrigue se trouve un duel psychologique intense entre Hadda et un officier français, Hamid Mesbah. Soupçonneux, ce dernier tente de lui soutirer des informations. Mais dans ce face-à-face tendu, Hadda fait preuve d’une remarquable force mentale, opposant une résistance silencieuse mais déterminée à affronter un adversaire prêt à tout pour percer son secret.

L’engagement des femmes dans la guerre de libération

Autour de ce huis clos gravitent des personnages qui enrichissent la trame narrative, tels que la fille de Hadda, des jeunes militantes venues apprendre le métier d’infirmière, le moudjahid blessé et son épouse, traqués par l’armée française et trouvant refuge chez elle. La maison devient ainsi un espace central, à la fois refuge et champ de bataille symbolique où se joue une lutte intense et impitoyable.

À travers sa première œuvre, le réalisateur met aussi en avant l’engagement des femmes dans la guerre de libération. Le personnage de Hadda incarne cette résistance féminine, tout comme les nombreuses moudjahidate qui transitent par son refuge, avant de rejoindre le maquis. Ahmed Riadh souligne avoir voulu «explorer une nouvelle forme de cinéma abordant sous un angle différent la guerre de libération». Il précise : «Sur fond de révolution, nous avons construit un thriller qui permet au spectateur d’apprécier ce genre sous un autre regard».

Un film puisée dans les souvenirs de la moudjahida Yamina Cherad

De son côté, le producteur Belkacem Hadjadj explique que le film s’inspire du livre «Six ans au maquis» qui retrace l’histoire de la moudjahida Yamina Cherad, présente dans la salle. Engagée à 20 ans dans les rangs de l’ALN, celle-ci y raconte son expérience d’infirmière aux côtés d’autres femmes combattantes, à l’instar de Malika Gaïd et Ouiza Attouche.

«Ce témoignage met en lumière le rôle essentiel des femmes dans les maquis. J’ai souhaité, à travers ce film, rendre hommage à cet engagement», souligne-t-il. À l’issue de la projection, la cheffe de cabinet du ministère de la Culture et des Arts, Ayaichia Nacira, représentant la ministre de la Culture et des Arts, a rendu hommage à la moudjahida Yamina Cherrad Bennaceur âgée de 90 ans. Produit en 2025, «Hadda», récompensé par le Prix du public lors de la 12e édition du Festival international du film d’Alger, sera projeté dans les salles à partir du 10 avril prochain.

Hakim Metref

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