Bejaia célèbre la Fête de l’Olive dans sa 24e édition

La 24e édition de la Fête de l’Olive débute, ce lundi, au niveau de la maison de la culture de Bejaia.
Organisée par l’Association pour le développement de l’oléiculture, en collaboration avec la direction de l’agriculture et la Direction des services agricoles, cette 24e édition de la Fête de l’Olive est placée sous le slogan : «Pour un secteur oléicole rénové, rentable et compétitif».
Soutenir les producteurs locaux
Cette Fête de l’Olive, qui a pour ambition d’être le rendez-vous incontournable des oléiculteurs et des professionnels du secteur, à mis l’accent cette année sur la modernisation de la filière et la valorisation de l’olivier et de ses produits, mais aussi encourager et soutenir les producteurs locaux, tout en mettant en exergue la richesse du patrimoine agricole et culturel. Le hall de la maison de la culture grouillait de monde, entre participants et visiteurs qui déambulaient entre des stands débordant de différents produits oléicoles (huile, olive, etc) se déclinant dans toute la richesse du terroir de la wilaya de Bejaia.
Cette exposition qui célèbre la production locale et le savoir faire des paysans et industriels locaux, fait aussi une place à d’autres produits du terroir, à l’instar de la figue sèche, du miel et autres épices, ainsi que des d’autres transformés de manière traditionnelle ou semi-artisanale. Le prix de l’huile, sur place, tourne autour des 700 dinars le litre, moins chère que les précédentes années, produite à Bejaia bien sûr, mais aussi Bordj Bou Arreridj, Bouira et Sétif, puisque des producteurs de ces wilayas participent aussi.
L’oléiculture, une filière importante de l’économie nationale
Exposer, faire connaître sa marque et écouler ses produits, certes, mais il s’agissait aussi de s’informer des techniques utilisées par les agriculteurs de la région et des perspectives de la filière oléicole à travers les conférences débats animées par des experts, avec comme objectif de tracer une voie pour placer la wilaya de Bejaia en tant que leader qualité au cœur de la filière oléicole.
Ancien directeur du CRTAA, le Pr Khodir Madani, tout en relevant que l’oléiculture est une filière importante de l’économie nationale, souligne qu’à travers les différents produits exposés, cette Fête de l’Olive met au devant la notion d’industrie du terroir que beaucoup d’Algériens sont en train de développer.
Se placer à l’international
«Toutefois, ces produits toutefois doivent être définis dans des cadres qui leur sont destinés. En Algérie a ainsi été mis en place ce qu’on appelle des signes de qualité pour pouvoir reconnaître un produit du terroir d’un produit qui ne l’est pas. Parmi ces signes de qualité, il y a la notion de label, à l’instar de celui de la figue de Beni Maouche, à Bejaia. Par contre pour l’huile d’olive, il y a autre chose que le signe de qualité et le label. Il y a ce qu’on appelle la certification, qui prouve que les produits présentés sont non seulement de qualité, mais qui peuvent aussi être mis sur le marché international. Cette dernière étape demande de la connaissance et une organisation adaptée. La certification passe en effet par des laboratoires agréés et des laboratoires accrédités. Il y a donc un rôle important à jouer par Algerac pour accréditer des laboratoires. A partir de ce moment-là, il est possible de faire le saut qualitatif qui permet de se placer à l’international. Ce n’est pas une vision futuriste. Les produits qui sont exposés devant nous sont déjà cotés à l’international. Ils ont obtenu des distinctions et des médailles d’or pour leur qualité et le respect des normes les plus exigeantes. Cela veut dire que nous avons atteint le niveau en termes de pratique agricole, d’industrie de traitement, y compris le traitement des déchets et d’organisation. On pourra ensuite labelliser, par exemple la variété chemlal, très connue, ou la variété Azeradj qui est propre à Bejaia. Cela donnera non seulement de la valeur ajoutée au patrimoine végétal, mais aussi au territoire, avec tout l’impact économique qui s’ensuit», explique le Pr Khodir Madani.
Selon les statistiques de la Direction des services agricoles, présente à l’événement, la superficie occupée par l’olivier dans la wilaya de Bejaia s’élève à 57.000 hectares, soit 12,95 % sur le plan national, avec une répartition comme suit au niveau local :1750 ha en haute montagne, 1000 ha dans les piémonts, 3750 ha en plaines côtières et montagnes, 24.000 ha dans la basse Soummam et 35.000 ha en haute Soummam.
393 huileries, dont 160 traditionnelles
Les variétés dominantes sont Chemlel (40%), Limli (25%), Azeradj (15%), le reste se partageant entre Tabellout, Takesrit et Bouchouk. Avec une production qui fluctue entre 15 et 25 millions de litres par an d’huile d’olive, la wilaya de Bejaia peut satisfaire ses besoins de consommation mais aussi alimenter les consommateurs d’autres wilayas non productrices. Pour l’année 2026, il est prévu une production d’huile de 25 millions de litres.
L’engouement des ruraux et la politique d’encouragement menée par le département de l’agriculture pour développer cette culture, a largement profité à l’industrie de transformation qui compte aujourd’hui 393 huileries, dont 160 traditionnelles, avec une capacité de transformation nominale de 2.261 quintaux par heure.
O. M.