BENE VENISTI, SANCTE PATER, IN TERRA SANCTI AUGUSTI

Bene venisti, sancte pater, in terra Sancti Augusti. ous les projecteurs seront braqués demain lundi en direction de l’Algérie.
Ce pays, heureux et honoré d’accueillir le pape Léon XIV, premier à s’y rendre et où il marchera, du 13 au 15 avril, dans les pas de Saint Augustin. Mais pas que, puisque au-delà de la dimension historique, le Pape viendra aussi à la rencontre de «l’Algérie d’aujourd’hui», avait déclaré l’archevêque et cardinal d’Alger, Mgr Jean-Paul Vesco, dans un entretien accordé à Horizons.
Par Nadia Kerraz
Une perspective qui semble déranger certains qui se refusent d’accepter l’idée même qu’une personnalité de l’envergure du Pape sera l’hôte de notre pays, première étape de sa première grande tournée internationale, avant de se rendre au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. À telle enseigne qu’ils ont tenté de parasiter ce voyage à travers des écrits tendant à accréditer un discours éculé.
Une visite historique
Ainsi, refusant de voir, ou d’accepter, les changements intervenus dans le pays, ils ont essayé, ce qui n’est pas nouveau du reste, de remettre sur le tapis les clichés et préjugés que certains médias et leurs mercenaires tentent d’accréditer auprès des opinions manipulées à des fins politiques. Aussi, il n’est pas pour surprendre qu’une nouvelle fois l’Algérie est qualifiée de pays «intolérant» et «fermé».
Pis, ils se sont érigés en conseiller politique du Pape, suggérant que cette visite historique, souhaitée au demeurant par Léon XIV lui-même, ne servira qu’«à tromper l’opinion». Mais de quelle opinion parle-t-on? Alors que le monde est devenu un vaste village, pour reprendre une métaphore, et la mondialisation et les technologies de l’information ont supprimé les distances et les frontières, il est difficile de croire que le Pape ignore la réalité de ce pays et les conditions de vie de ses habitants.
En fait, en décidant de répondre favorablement à l’invitation, adressée par le président Tebboune, de se rendre en Algérie pour une visite, c’est en connaissance de cause de ce qu’est l’Algérie d’aujourd’hui, de sa réalité, de ses ambitions, de ses insuffisances et aussi de ses espoirs et de sa splendeur, qu’il l’a fait. C’est aussi le peuple, cette Algérie, qu’il veut rencontrer. Et ce n’est certainement pas à des mercenaires de la plume qui ont fait le choix de rester en marge de l’histoire du pays qu’il revient présentement le droit de parler de l’Algérie et des Algériens qui, eux, ont fait le choix d’y vivre.
Construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman
Ainsi, si l’Algérie a «une place particulière» dans l’esprit et le cœur du Pape, à cause de Saint Augustin, dont il s’est présenté le jour de son élection comme un «fils», comme a tenu à expliquer Mgr Jean-Paul Vesco, il n’en demeure pas moins que ce volet ne constituera qu’une partie de son voyage. Car s’il avait voulu centrer sa visite sur la seule dimension historique, il aurait imposé un tout autre programme et aurait axé son déplacement sur la seule wilaya d’Annaba. Ce qui n’est pas le cas.
C’est dire que ce n’est certainement pas un simple exercice protocolaire auquel il a accepté de s’adonner en programmant sa première prise de parole publique au pied du Monument du Martyr à Alger, avant de se rendre au centre des conférences de Djamaâ El Djazaïr, plus grande mosquée en Algérie et en Afrique et troisième plus grande au monde, derrière la mosquée al-Haram à La Mecque et la mosquée du Prophète à Médine. Djamaâ El Djazaïr est aussi et surtout un pôle spirituel majeur, symbole de l’Islam modéré et du référent religieux national algérien qui fait la promotion de valeurs de tolérance et de modération.
Cet Islam que défend et promeut l’Algérie d’aujourd’hui. C’est dans ce sens que le cardinal Vesco a tenu à souligner que Léon XIV «vient en Algérie pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman». C’est dire que le choix du Pape de se rendre dans un pays où l’Islam est religion d’État n’est pas fortuit. C’est un message adressé au reste du monde à partir de l’Algérie.
Cette visite s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique portée par l’Algérie, qui, faut-il aussi juste le rappeler, a porté l’initiative de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix proclamée par l’ONU en 2017 et célébrée chaque 16 mai. Une journée qui promeut la tolérance, l’inclusion et la solidarité pour bâtir un monde pacifique et uni dans la diversité. Des valeurs que le Vatican défend ardemment et qui résonnent à travers son engagement pour le dialogue interreligieux, la tolérance et la paix dans le monde.
N. K.