Boughali plaide pour une justice mondiale depuis Istanbul

Le président de l’APN, Brahim Boughali, appelle depuis Istanbul à une refonte du système international pour plus de justice.
Le président de l’Assemblée Populaire Nationale (APN), Brahim Boughali, affirme, vendredi à Istanbul, que la complexité de la conjoncture internationale actuelle impose une révision profonde des fondements de l’ordre mondial.
Un système international à l’épreuve des crises
Intervenant lors de la 152e Assemblée générale de l’Union interparlementaire (UIP), il a mis en avant la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour le renforcement de la justice internationale. Boughali a souligné que le monde traverse une phase délicate marquée par l’accumulation et la complexité des crises. Selon lui, le système international né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, bien que fondé sur des principes nobles de dialogue et de dignité humaine, fait face à des défis croissants: montée des conflits armés, perte de confiance envers les institutions internationales et transformations technologiques fulgurantes.
Boughali a précisé que les conflits contemporains ne sont plus seulement « traditionnels », mais s’enracinent dans la pauvreté, la marginalisation, l’insécurité alimentaire et la dégradation de l’environnement. À ce titre, il a appelé à une redéfinition du concept de sécurité pour qu’il soit davantage centré sur l’être humain et ses besoins fondamentaux.
Soutien aux causes justes et à la décolonisation
Portant la voix de l’Algérie, le président de l’APN a expliqué que le véritable défi n’est pas uniquement de gérer les crises, mais de reconstruire la confiance et de restaurer l’espoir à travers une justice réelle. «La vision portée par le Président Abdelmadjid Tebboune vise à renforcer la justice internationale et à rebâtir la confiance dans le système multilatéral», a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la justice exige le respect du droit international sans sélectivité ni politique de « deux poids, deux mesures ».
Boughali a rappelé que la souffrance continue du peuple palestinien constitue un test majeur pour la crédibilité de la communauté internationale. Il a réitéré l’attachement indéfectible de l’Algérie à la défense des causes justes, avec la Palestine en tête, tout en exigeant la reddition de comptes pour les crimes de guerre. Il a notamment condamné fermement le projet de « loi sur l’exécution des prisonniers », le qualifiant de violation grave du droit international humanitaire.
Tout en saluant les récents accords de cessez-le-feu au Moyen-Orient comme un pas positif, il a appelé à leur transformation en un arrêt permanent et global de l’agression, notamment en Palestine et au Liban. Il a également insisté sur la nécessité de parachever les processus de décolonisation et de permettre aux peuples d’exercer leur droit à l’autodétermination.
Le rôle des parlements et les défis technologiques
Le président de l’APN a mis en lumière le rôle pivot des parlements pour restaurer la confiance citoyenne via la transparence et la diplomatie parlementaire. Abordant la question de l’intelligence artificielle, il l’a décrite comme une opportunité nécessitant un cadre réglementaire international juste afin d’éviter les monopoles et de garantir son utilisation au service de l’humanité.
Boughali a affirmé que « la réalisation d’un avenir plus juste et équitable exige une volonté politique sincère et une action collective fondée sur la solidarité », soulignant que « ces valeurs constituent l’essence même de la diplomatie algérienne, inspirée des principes de l’Émir Abdelkader ». Ce dernier a incarné un modèle humaniste d’excellence dans l’ancrage des valeurs de coexistence, des principes réaffirmés par la visite historique de Sa Sainteté le Pape Léon en Algérie, avec toute la charge symbolique et civilisationnelle qu’elle a portée, reflétant l’ouverture de l’Algérie aux valeurs de dialogue, de cohabitation et de respect mutuel, essentielles pour bâtir un avenir plus juste et solidaire.