Diabète : La prise en charge médicale en question

Des professionnels de la santé et des spécialistes du domaine venus de plusieurs wilayas du pays se sont penchés, à Bejaia, sur le diabète et ses complications.
L’objectif cet événement organisé sur deux jours par l’Association des diabétiques d’Akbou à l’hôtel des Hammadites, est de renforcer la coordination des acteurs engagés dans la lutte contre le diabète, à promouvoir les avancées scientifiques et médicales dans ce domaine et sensibiliser un large public aux enjeux liés à cette pathologie fort répandue dans notre pays.
Création de la Fédération nationale des diabétiques
La première journée a été consacrée à la création de la Fédération nationale des diabétiques avec l’ensemble des participants, ainsi qu’à l’élaboration du règlement intérieur et de son programme d’action. A ce propos, M’Barek Abarour, président de l’Association des diabétiques d’Akbou et aussi président de ladite fédération, a indiqué qu’une vingtaine d’associations sont venus de différentes régions du pays, à l’instar de Naâma, Ghardaïa, Laghouat, Boussaâda, Maghnia, Oran, Bejaia, Tipaza et Blida, pour participer à cet événement d’envergure. La réunion avait pour objectif d’échanger des idées et débattre des nouveautés comme le CGM ou contrôle du glucose en continu qui n’est jusqu’ici pas remboursable, de suivre une formation assurée par un laboratoire sur ce type de dispositif qui permet de réduire les prises de sang et d’être informé en continu des résultats sur son portable. Sur le remboursement, M’Barek Abarour a souhaité sa généralisation. Et pour cause, «le CGM coute 9800 dinars pour l’appareil alors que le prix du patch, dont la durée de validité est de deux semaines, vaut aussi 9,800 dinars», a argué le responsable.
Côté conférences scientifiques, le président de l’Association Nationale des Diabétologues et Endocrinologues Libéraux (IANDEL) et président du noyau scientifique de l’Association des Diabétiques de la wilaya de Jijel, le Dr Diaeddine Bouab, a d’emblée posé la problématique des complications médicales liées au diabète et quelle adaptation apporter à la prise en charge du diabétique en Algérie. Il a notamment insisté sur la nécessité d’appréhender l’état de santé du diabétique comme un tout en raison des différents risques de complications que le patient encourt, auxquels il faut le sensibiliser pour qu’il adopte des attitudes préventives, ou qu’il présente déjà et, dans ce cas, il faut un suivi régulier et adapté, c’est à dire qu’il est dirigé vers des traitements innovants. Le conférencier précise que le problème de «mémoire métabolique» empêche les patients ayant suivi un traitement classique de bénéficier des avantages que procurent ces nouvelles molécules, qui ne sont, par ailleurs, pas complètement remboursées en Algérie.
Amélioration de la prise en charge
Pour sa part, le Dr Fatma Zohra Hachelaf (CHU de Bejaia) s’est investie dans la mise en exergue de la prise en charge du diabète gestationnel, précoce ou tardif, en caractérisant son dépistage ses risques de complications, son impact sur l’enfant, et en détaillant sa prise en charge thérapeutique dans ses différents aspects. Le Pr Nadia Boudoucha, spécialiste en cardiologie au CHU de Mostaganem, a mis en exergue la gravité de l’association du diabète et de l’hypertension artérielle, relevant que beaucoup de patients décèdent d’AVC, d’infarctus et d’insuffisances rénales. «L’association avec l’hypertension est encore plus grave et la prise en charge devient plus difficile», a-t-elle indiqué dans une déclaration, ajoutant que «le diabète est un facteur de risque qui va provoquer chez le patient le développement de maladies vasculaires, artérielles et du cholestérol».
Tout cela va favoriser, selon elle, la survenue de complications cardiovasculaires mortelles. «La prise en charge commence par la surveillance de la glycémie, de l’hypertension artérielle, du cholestérol et de l’obésité, cette dernière ainsi que le vieillissement sont en progression dans la population algérienne», a-t-elle soutenu. Ceci doit inciter à la vigilance, estime-t-elle, en précisant qu’«actuellement, il y a une amélioration de la prise en charge avec la mise sur le marché de nouveaux médicaments». Notre interlocuteur, relevant la transition épidémiologique en cours et l’augmentation des facteurs de risques cardiovasculaires dans notre pays, recommande aux confrères généralistes «à mieux traiter les patients et les sensibiliser avant que ne surviennent ces complications, et d’inciter le citoyen à surveiller son poids et son cholestérol, de se nourrir sainement et de faire de l’exercice physique».
Une dizaine de communications étaient prévues au programme. Outre «La prise en charge universelle du diabète en 2026, quelle adaptation en Algérie», le «diabète gestationnel», «prise en charge de la maladie rénale chronique chez le diabétique », et «l’HTA du diabétique est-elle difficile à contrôler ?», déjà mentionnées, le public averti présent a également suivi «un regard médico-légal sur les droits et les devoirs des sujets diabétiques», «le diabète est-il un facteur de risque suspecté de fibrillation atriale ?», «Innovation technologique au service du patient diabétique», «Les complications aigues du diabète, les pièges à éviter», et «Le glucomètre est-il un outil de calibration?».
O. M.