Exportations en Afrique: L’Algérie renforce sa logistique

L’Algérie renforce sa logistique pour booster ses exportations en Afrique. L’objectif est de renforcer l’intégration économique intra-africaine.
Plusieurs responsables de différents départements ministériels ainsi que des opérateurs économiques convergent autour de l’amélioration des dispositifs et des avancées réalisées en vue de promouvoir les exportations vers l’Afrique et de renforcer l’intégration économique intra-africaine. C’est ce qui ressort de la 2e édition de la conférence africaine de l’exportation et de la logistique, organisée mardi à Alger, à l’initiative de la société d’études économiques et développement des investissements.
Développement des moyens logistiques et maîtrise des coûts
Ont pris part à cette rencontre des représentants des ministères en relation avec le commerce extérieur et de la promotion des investissements, des organisations patronales et de nombreux invités représentants plusieurs ambassades de pays africains. Cette édition a permis d’exposer les mécanismes d’accompagnement, les opportunités découlant de la ZLECAf, ainsi que les leviers essentiels pour intensifier les échanges commerciaux et optimiser l’attractivité du climat des affaires en Algérie.
L’accent est mis sur les efforts consentis par l’Algérie dans le cadre du développement des moyens logistiques et la maîtrise de leur coût. Les intervenants ont unanimement mis en exergue l’ambition de faire de l’Algérie un hub logistique renforçant son rôle de trait d’union entre l’Afrique et l’Europe. Pour ce faire, le développement de la logistique se présente comme un levier des échanges intra-africain.
Dans ce cadre, Abdelkrim Razal , conseiller auprès du ministère chargé des transports fait savoir qu’un groupe de travail, piloté par le Premier ministère, penche sur l’élaboration d’une stratégie nationale de diversification des exportations, intégrant une composante logistique. À cet effet, «le ministère des Transports est en train de concevoir un système de transport et de logistique moderne, résilient, durable et interconnecté», indique-t-il.
Il rappelle que d’importants investissements ont été engagés pour le développement des infrastructures logistiques multimodales entre routes, chemins de fer, port et aéroports en vue de renforcer les infrastructures de base et les capacités de transports et par ricochet réduire les coûts logistiques des échanges commerciaux de 20 à 10%. Un objectif que les pouvoirs publics se fixent à moyens termes.
L’état d’avancement des chantiers logistiques dédiés à l’export
Razal fait savoir que dans le cadre du schéma directeur de plateformes logistiques actualisées il est prévue la réalisation de nouvelles structures notamment aux niveaux des frontières sud du pays lesquelles «contribueront grandement à la promotion des exportations hors hydrocarbures». Versant dans les détails, il explique que le réseau routier a atteint les 14.014 km alors que la longueur du réseau ferroviaire est de 6.323 km en 2026 dont 5.661 km représentent les lignes exploitées.
Évoquant la stratégie mise en place pour améliorer la performance du système portuaire, le conseiller auprès du département de Said Sayoud indique que celle-ci se décline par plusieurs projets de réhabilitation de quai, de travaux de dragage et d’extension afin de «répondre aux nouveaux besoins logistiques». À titre indicatif, il fait savoir que le projet de réalisation d’un quai phosphatier au niveau du port d’Annaba, d’une capacité de 7 million de tonnes, a atteint un taux d’avancement de 27%. La réalisation du terminal à conteneurs à Djen Djen, d’une capacité de 2 million d’EVP, et celui prévu à Skikda, d’une capacité de 300 mille EVP, ont atteint respectivement un taux d’avancement de 99 et 80%.
Le port d’Arzew bénéficie également d’un projet d’extension avec la réalisation d’un nouveau môle d’une capacité de 4 millions de tonnes. Le taux d’avancement de ce projet est à 55%, d’après l’exposé présenté par ce même responsable qui fait état également du renforcement des équipements portuaires avec, entre autre, l’acquisition de 31 unités de chargement et de déchargement, 107 unités de stockage et de manutention, 11 unités de sécurité portuaire, des scanners, 11 unités de remorqueurs portuaires sont en cours d’acquisition, détaille-t-il.
Razal ne conclut pas son exposé chiffré sans évoquer le transport routier. Il signale que le groupe Logistrans, avec une flotte de 1.210 attelages, a assuré à fin de l’exercice 2025, le transport de plus de 8 millions de tonnes de marchandises.
Un dialogue permanent avec les opérateurs économiques
Dans ce cadre, le représentant du ministère du Commerce extérieur, Sid Ali Bouhal, déclare lors de son allocution, que l’Algérie intensifie ses efforts pour promouvoir les exportations hors hydrocarbures vers l’Afrique en s’appuyant sur des infrastructures stratégiques, des dispositifs de soutien aux opérateurs et une coopération renforcée dans le cadre de l’intégration économique continentale.
«Les résultats enregistrés ces dernières années en matière de progression, des exportations hydrocarbures, traduisent l’impact positif des politiques publiques mises en œuvre ainsi que l’engagement croissant des entreprises algériennes dans les échanges internationaux», indique-t-il indiqué avant de souligner «qu’un dialogue permanent est entretenu avec l’ensemble des exportateurs afin de répondre à leurs préoccupations et de renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux».
En se référant aux analyses de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), Bouhal souligne que cette organisation a mis en évidence le potentiel considérable du commerce intra-africain appelé à connaître une croissance significative dans les années à venir. D’où son appel aux opérateurs économiques de saisir cette opportunité et de participer massivement aux différentes manifestations économiques (Foires et expositions) prévues dans plusieurs pays africains, citant celle programmée du 5 au 11mai à Nouakchott.
Le plan d’action des AE
Prenant la parole, la sous-directrice du suivie des programmes et de la promotion des échanges commerciaux au niveau du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Amal Ouchar est revenue sur le rôle de la diplomatie économique dans la promotion des investissements et des exportations à destination du continent africain.
«Notre ministère a élaboré un plan d’action ambitieux visant à soutenir les opérateurs économiques publics et privés ainsi que les autres institutions impliquées dans la promotion du commerce et des investissements afin de leur permettre d’accéder aux marchés étrangers, en particulier au marché africain», citant entre autres la création d’un Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations (BIPIE) au niveau de la Direction de la promotion et du soutien des échanges économiques au sein du Ministère, d’un portail dédié à la diplomatie économique sur le site du ministère tout en renforçant la formation des assistants diplomatiques chargés des affaires économiques et commerciales sur leurs fonctions dans le cadre de la diplomatie économique.
Les opérateurs économiques quant à eux ont salué les avancées qui, précisent-ils, ne sont pas des moindres soulignant cependant la nécessité de créer de bureaux de liaison à l’international, notamment en Afrique pour pouvoir mieux se positionner sur les marchés extérieurs.
Wassila Ould Hamouda