Focus sur l’investissement, la formation et l’intégration économique africaine

Les relations entre l’Algérie et le Tchad ouvre des perspectives en investissement, en formation et surtout à l’intégration économique africaine.

Dans le contexte de la visite du président de la République du Tchad, le président du Centre arabo-africain d’investissement et de développement (CAAID), Mohamed Amine Boutalbi, met en lumière, pour Horizons, les enjeux et les perspectives d’une coopération appelée à se renforcer, en insistant sur sa dimension concrète et structurante pour le développement du continent.

Ouvrir de réelles opportunités économiques

Boutalbi évoque d’abord la tenue de la 4e session de la Commission mixte de coopération algéro-tchadienne, organisée à Alger, soulignant qu’elle vise à consolider les mécanismes de partenariat et à donner un nouvel élan à la coopération bilatérale dans ses dimensions stratégiques. Cette rencontre s’inscrit également dans la continuité des accords déjà conclus entre les deux pays, couvrant des secteurs variés tels que l’agriculture, la santé, les énergies renouvelables, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, l’éducation, ainsi que les domaines relevant des ministères de la Solidarité, du Commerce et de l’Industrie.

Au-delà des accords, Boutalbi insiste sur la nécessité de privilégier des mécanismes opérationnels capables d’ouvrir de réelles opportunités économiques. Il met notamment l’accent sur le renforcement du commerce intra-africain, l’ouverture de marchés communs et la promotion des investissements croisés entre l’Algérie et le Tchad. Ce dernier, rappelle-t-il, fait face à des contraintes économiques spécifiques liées à son statut de pays enclavé, sans accès à la mer, ce qui constitue un frein majeur à son développement, malgré un potentiel considérable, notamment dans le secteur minier.

Dans ce domaine, l’Algérie dispose, selon lui, d’une expertise croissante, illustrée par l’intérêt stratégique accordé au secteur des mines et par les réformes engagées ces dernières années. Cette complémentarité ouvre la voie à des partenariats structurants, capables de valoriser les ressources naturelles tchadiennes tout en favorisant un transfert de savoir-faire.

Des mécanismes fondés sur l’intégration économique en Afrique

Le président du CAAID souligne également que les défis actuels en Afrique imposent la mise en place de mécanismes communs de coopération, fondés sur une logique d’intégration économique. L’objectif, explique-t-il, est de parvenir à une véritable complémentarité entre les deux pays, une priorité au cœur des échanges bilatéraux récents. À cet égard, plusieurs rencontres ont été organisées, notamment des réunions bilatérales, un Conseil d’affaires algéro-tchadien, ainsi que la session de la Commission gouvernementale mixte.

Des visites sectorielles ont également permis à la délégation tchadienne de découvrir les capacités et les opportunités offertes par l’Algérie. Il relève par ailleurs l’importance de la délégation économique tchadienne, composée d’industriels, d’investisseurs et de représentants d’organisations patronales, traduisant un intérêt marqué pour le renforcement du partenariat avec l’Algérie. Cette dynamique s’inscrit dans une continuité historique, l’Algérie ayant déjà contribué à la formation de nombreux cadres tchadiens à travers l’octroi de bourses universitaires, comme c’est le cas pour plusieurs pays africains.

Favoriser une intégration économique réelle

Dans ce contexte, Boutalbi met en avant le rôle central du CAAID dans l’accompagnement de cette dynamique. Le Centre, explique-t-il, œuvre activement à la promotion des mécanismes de formation, au développement des partenariats et à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en ligne avec les objectifs de développement du continent. Il accorde une attention particulière aux défis des pays enclavés, confrontés à l’absence de débouchés maritimes et de corridors de transit, des contraintes qui pèsent lourdement sur leur croissance.

Le CAAID s’emploie ainsi à identifier et à valoriser les opportunités de coopération entre pays africains, en mettant l’accent sur le développement des ressources humaines, le renforcement des échanges commerciaux et la promotion des investissements. L’ambition est de favoriser une intégration économique réelle, capable de générer une croissance durable et inclusive. Dans cette optique, la coopération algéro-tchadienne pourrait offrir au Tchad un accès stratégique à la façade méditerranéenne à travers l’Algérie, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives commerciales. Parallèlement, elle permettrait aux entreprises algériennes de mieux pénétrer les marchés africains.

Le rôle clé de certains secteurs

Enfin, le président du CAAID souligne que certains secteurs sont appelés à jouer un rôle clé dans cette dynamique, notamment l’industrie minière et les hydrocarbures. Il plaide pour un renforcement du transfert de technologie et pour un investissement accru dans le développement des compétences humaines et des entreprises africaines, afin de bâtir un tissu industriel solide.

Une telle approche, conclut-il, constitue un levier essentiel non seulement pour stimuler le développement économique, mais aussi pour faire face à des défis majeurs, comme la migration irrégulière et certaines problématiques sociales qui continuent de peser lourdement sur les économies africaines. Dès lors, le développement des ressources humaines et la valorisation des potentialités des deux pays apparaissent comme des priorités stratégiques partagées.

Samira Sidhoum

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