Réunion du gouvernement: Efficacité énergétique et qualité des ouvrages au menu

L’efficacité énergétique et la qualité des ouvrages sont au menu de la réunion du gouvernement, mercredi à Alger.
Le gouvernement remet au centre de son agenda deux dossiers révélateurs de la phase actuelle de l’action publique: l’énergie, avec la création annoncée d’une Agence nationale pour l’efficacité énergétique, et les infrastructures, à travers un futur dispositif d’homologation des produits destinés aux grands réseaux de transport.
Création de la nouvelle agence issue de l’APRUE et du CEREFE
Réuni mercredi sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, l’exécutif examine ainsi un projet de décret exécutif portant création de cette nouvelle agence, issue de la fusion de l’Agence pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) et du Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE). En fusionnant deux structures intervenant sur des segments voisins, les pouvoirs publics entendent manifestement réduire les chevauchements institutionnels, centraliser davantage la décision et rendre plus lisible la gouvernance d’un secteur devenu stratégique.
L’objectif affiché est d’assurer une coordination plus efficace entre les politique de sobriété, d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables, au moment où le pays veut préserver son rang d’acteur énergétique majeure, tout en engageant sa transition dans un contexte international marqué par la pression climatique, la hausse de la demande intérieure et la nécessité de mieux valoriser les ressources nationales. Cette évolution intervient alors que l’Algérie s’est fixée, faut-il rappeler, des ambitions élevées à l’horizon 2035, à travers un programme de 15.000 mégawatts de capacités renouvelables d’ici cette échéance. L’objectif étant de porter la part des énergies renouvelables (EnR) à environ 27% de la production d’électricité, voire 30% du mix énergétique.
Freiner la progression de la consommation nationale
Dans cette architecture, l’efficacité énergétique n’est plus un volet secondaire. Elle devient l’un des leviers décisifs pour freiner la progression de la consommation nationale, alléger la pression sur les hydrocarbures destinés au marché intérieur et améliorer la performance globale du système énergétique. Autrement dit, produire davantage d’électricité verte ne suffira pas si, dans le même temps, la demande continue d’augmenter à un rythme difficilement soutenable.
C’est tout l’intérêt d’une agence unifiée: relier la promotion des renouvelables aux politiques de maîtrise de la demande, qu’il s’agisse du bâtiment, des équipements électriques, de l’éclairage, de l’industrie ou encore des comportements de consommation. Le chantier est d’autant plus sensible que les besoins énergétiques du pays progressent sous l’effet conjugué de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’extension du parc immobilier et de la généralisation des usages électro-intensifs, notamment durant les pics de chaleur.
Garantir la qualité, la sécurité et la durabilité des infrastructures
Le second dossier examiné par le gouvernement, celui de l’homologation des produits utilisés dans les travaux publics et les infrastructures de base, obéit à une logique similaire de normalisation et de montée en qualité. Le texte en préparation doit fixer les modalités et conditions d’homologation des matériaux et produits entrant dans la construction, la maintenance et l’exploitation des ouvrages relevant de plusieurs secteurs névralgiques, à savoir routes, autoroutes, aéroports, ports et chemins de fer. L’enjeu est de bâtir un référentiel national définissant les exigences techniques applicables, afin de garantir la qualité, la sécurité et la durabilité des infrastructures.
Cette orientation n’arrive pas de nulle part. Deux jours avant la réunion du gouvernement, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, avait déjà présidé une séance de travail consacrée à l’avancement de ce dossier, en insistant sur l’importance de l’homologation des matériaux comme condition de sécurité, de performance et de conformité aux normes juridiques et techniques en vigueur. En fait, cette dimension réglementaire devient essentielle, en ce sens qu’elle conditionne non seulement la longévité des ouvrages, mais aussi la maîtrise des coûts de maintenance, la réduction des malfaçons et la crédibilité de la dépense publique.
Lyes M.