Ibrahim Abou Al Yakahdhan: Une plume au service de l’unité nationale

Ibrahim Abou Al Yakahdhan était une plume au service de l’unité nationale. La fondation Al Yakadhan a organisé, samedi dernier, au palais de la culture Moufdi Zakaria, à Alger.
Une rencontre autour d’Ibrahim Aïssa Hamed Abou Al Yakadhan, à l’occasion de la commémoration du 53e anniversaire de sa disparition, le 30 mars 1973. À cette occasion, un film documentaire intitulé «Le doyen de la presse algérienne – Ibrahim Abou Al Yakadhan» lui a été consacré.
Ibrahim Abou Al Yakahdhan, à l’origine de plusieurs journaux
Le film de 60 minutes retrace le parcours humain et intellectuel de l’une des figures emblématiques du réformisme national, et élément fondamental de l’Association des ouléma musulmans algériens. Né en 1888 à Guerrara, dans la vallée du M’zab, Ibrahim Abou Al Yakadhan s’est consacré à l’apprentissage du Coran avant de suivre des études en langue arabe et en sciences religieuses, en Algérie puis en Tunisie, en 1912, à l’Université Zitouna et à la Khaldounia.
Le film évoque l’engagement d’Abou Al Yakadhan dans le mouvement réformiste et son adhésion au parti constitutionnel tunisien. Dans les années 1920 et 1930, Abou Al Yakadhan intensifie son engagement dans la voie du journalisme en créant plusieurs journaux. Entre 1926 et 1938, il a fondé près de 10 titres, notamment Wadi Mizab (octobre 1926), Mizab (janvier 1930), Al-Maghrib (mai 1930), Al-Nour (septembre 1931), Al-Boustan (avril 1933), Al-Nabras (juillet 1933), Al-Umma (septembre 1933) et Al-Furqan (juillet 1938).
Ibrahim Abou Al Yakahdhan créa la 1e imprimerie en arabe
Le documentaire rappelle également qu’il a été le premier à avoir créé une imprimerie moderne en langue arabe en 1931, qu’il avait baptisée imprimerie «Al Arabia». D’autres aspects de la vie et de l’engagement d’Abou Al Yakadhan ont été mis en évidence à travers les témoignages de plusieurs universitaires, dignitaires mozabites et intellectuels. Selon Abderrazak Guessoum, ancien président de l’Association des oulémas algériens, actuellement président d’honneur, «Cheikh Ibrahim Abou Al Yakadhan était un élément fondamental de l’association, non seulement par ses écrits et conférences, mais aussi par la propagation des principes de l’association à travers ses articles de presse».
«Les visions qu’il avait de l’horizon du réformisme musulman, ajoute Guessoum, correspondaient fidèlement aux fondements de l’association des oulémas». Et de rappeler qu’«avec Cheikh Bayoud, ils ont contribué de manière efficace à consolider l’unité nationale en représentant le sud du pays». D’autre part, Guessoum a souligné qu’«à un moment où l’Algérie avait besoin d’une presse engagée, Abou Al Yakadhan a contribué à combler ce manque en créant un nombre important de titres». Il a ajouté qu’«Abou Al Yakadhan appelait à l’unité nationale et que sa pensée correspondait à l’idéologie d’Ibn Badis et de l’Association des oulémas».
Cependant, Abderrazak Guessoum déplore l’absence actuelle d’intérêt chez les intellectuels algériens pour ce personnage. Malheureusement, affirme-t-il, «il n’y a pas de présence efficace de cheikh Abou Al Yakadhan dans la pensée islamique contemporaine d’aujourd’hui, sauf dans le courant ibadite». Il souligne qu’il est impératif de dépasser cette vision et de considérer Abou Al Yakadhan comme un intellectuel algérien qui a consacré son savoir et sa plume à l’unité nationale.
Hakim Metref