La gestion durable de l’eau érigée en priorité

La gestion durable de l’eau érigée en priorité lors du dernier Conseil des ministres réuni dimanche à Alger.
Les orientations données par le président de la République, lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée dimanche ont pour objectif de mettre en place une véritable politique de gestion hydraulique efficace et pérenne. Le chef de l’État a instruit le nouveau ministre de l’Hydraulique de préparer un nouveau plan de gestion pour ce secteur vital, afin de le développer et d’assurer une sécurité hydrique à long terme.
Garantir une eau de qualité
L’instruction du président Tebboune porte également sur la nécessité de renouveler et d’actualiser le système de veille du secteur, afin qu’il soit efficace et performant, capable d’apporter à la fois un diagnostic et des solutions, avec une célérité maximale face à toute urgence, pour que le secteur soit à la hauteur des aspirations des citoyens.
L’État a effectivement «mis le paquet» sur la mobilisation des ressources hydriques. L’Algérie construit de nouvelles stations de pompage et de traitement, réhabilite les réseaux existants et développe des systèmes d’épuration plus performants afin de répondre à la demande croissante et de garantir une eau de qualité. Le dessalement de l’eau de mer, particulièrement sur le littoral, constitue une solution clé pour diversifier les sources d’approvisionnement. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, les projets se multiplient rapidement, partageant un objectif commun: sécuriser l’approvisionnement régulier en eau potable et réduire les inégalités régionales.
Le recours aux technologies innovantes permet d’optimiser la gestion et de préparer le pays aux défis futurs. L’essence de la stratégie de l’État dépasse la simple réponse aux besoins immédiats: elle vise à assurer la pérennité de la ressource en eau potable, devenue un enjeu stratégique majeur. L’Algérie, pays semi-aride, doit gérer ses réserves avec prévoyance, en incluant les nappes phréatiques, l’eau de mer et les systèmes de réutilisation des eaux usées. La gestion des eaux souterraines et la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation et l’industrie figurent également parmi les priorités. L’approche intégrée adoptée prend en compte les besoins humains ainsi que les impératifs écologiques.
Vers une capacité hydrique de 12 milliards de m³ d’ici 2030
D’aucuns indiquent, sans exagération, que l’Algérie a réussi la bataille de la mobilisation de l’eau, souvent qualifiée de «l’or bleu». Ils estiment même que l’Algérie fait partie des pays disposant d’une véritable politique de l’eau proactive pour contrer le stress hydrique, misant sur le dessalement de l’eau de mer (objectif de 60 % de l’eau potable d’ici 2030) et la réutilisation des eaux usées. Elle investit également massivement dans les infrastructures de transfert et les barrages, tout en promouvant la gestion intégrée des ressources en eau.
Parallèlement au dessalement, l’Algérie a investi massivement dans la construction de barrages et de réseaux d’interconnexion hydraulique. Le pays compte actuellement plus de 80 barrages, d’une capacité totale de stockage de 8,3 milliards de m³, avec des projets en cours qui devraient porter cette capacité à 12 milliards de m³ d’ici 2030. Des réseaux de transfert hydraulique (Sud-Sud et Sud-Nord) ont également été réalisés, assurant une répartition solidaire de l’eau entre les régions. Le taux de raccordement à l’eau potable atteint aujourd’hui 98 % au niveau national, plaçant l’Algérie parmi les pays les plus avancés dans ce domaine.
Équilibre quantitatif et qualitatif de la ressource en eau
Aujourd’hui, l’équation consiste à trouver un équilibre quantitatif et qualitatif entre les besoins humains et les écosystèmes dans un contexte de rareté et de changement climatique. Si l’agriculture reste l’un des plus gros consommateur (environ 60 à 70 % des ressources), l’eau potable est devenue la priorité nationale. Cela nécessite forcément, selon des experts, «une approche combinant la maîtrise de la consommation et le développement de nouvelles ressources».
Les stratégies actuelles s’orientent vers une gestion durable impliquant tous les acteurs (agriculteurs, collectivités, citoyens). Les mêmes experts soulignent que la mise en place d’une gestion durable et pérenne de l’eau repose sur une approche holistique combinant réduction de la consommation, protection de la ressource, réutilisation et gouvernance locale. L’Algérie mène une stratégie intensive pour assurer sa sécurité hydrique; il revient aux responsables, à tous les niveaux, ainsi qu’aux citoyens, d’en faire un usage rationnel et raisonné, et d’agir efficacement pour pérenniser cette ressource. Il s’agit d’une question de sécurité hydrique durable.
A. Hamiche