L’Algérie placée sur orbite

L’Algérie est placée sur orbite avec la visite du pape Léon XIV dans son périple qui le conduira au Cameroun, en Angola puis en Guinée équatoriale.
Au terme d’une visite historique de 3 jours à Alger et à Annaba, le pape Léon XIV quitte mercredi l’Algérie en direction du Cameroun, deuxième étape de sa tournée africaine, qui le conduira également en Angola et en Guinée équatoriale. Cette visite officielle, effectuée à l’invitation du président Tebboune, constitue un jalon historique majeur qui ne manquera pas de consolider les relations entre l’Algérie et le Vatican qui partagent et prônent, au demeurant, les mêmes valeurs de coexistence, de dialogue et de paix. Le choix de l’Algérie comme première étape de ce voyage apostolique du souverain pontife témoigne, et cela a été souligné par de nombreux observateurs, de l’importance que le Vatican lui accorde en tant que lieu spirituel et historique incontournable.
Par Nadia Kerraz
De son côté, le président de la République, qui a eu déjà à se rendre en 2024 au Saint-Siège, n’a pas manqué de réaffirmer à son hôte de marque «la disponibilité totale et inébranlable de l’Algérie à poursuivre sa coopération étroite avec le Vatican». Le pape Léon XIV, faut-il le souligner, est également le chef de l’État du Vatican. C’est à ce titre, aussi, qu’il est venu en Algérie. Une stature assumée du reste dès qu’il a foulé la terre d’Algérie en se rendant au sanctuaire du Martyr pour se recueillir à la mémoire des chouhada de la glorieuse Révolution de libération nationale, déposer une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative et observer une minute de silence à la mémoire des chouhada de la Révolution du 1e Novembre 1954.
Une visite pontificale, politique et diplomatique
Les autorités ont réservé au pape Léon XIV tous les honneurs dus à son rang dont les 21 coups de canon qui ont retenti alors, que accompagné par le président de la République, le souverain pontife passait en revue des détachements des différentes forces de l’Armée nationale populaire qui leur ont rendu les honneurs. Ces détails de l’accueil solennel renseignent aussi sur la symbolique que revêt cette visite pontificale qui est bien plus qu’un événement religieux. En effet, si à Annaba, le pape s’est rendu sur les traces de son père spirituel, à Alger, ce sont deux chefs d’État qui se sont rencontrés et ont échangé en tête à tête.
Ce sont deux dirigeants qui ont partagé leur vision du monde et comment perçoivent-ils les voies et moyens de l’améliorer pour que ses habitant y vivent en paix. Ainsi, il est indéniable que la visite a été politique et diplomatique. Et c’est sous cet angle du reste qu’elle avait été scrutée et décryptée par les observateurs et les analystes, conscients de sa portée exceptionnelle et de ses retombées. En effet, si elle permettra de renforcer, conformément à la volonté des deux parties, la coopération entre l’Algérie et le Vatican en l’inscrivant désormais dans la durée, la visite de Léon XIV positionne de manière indiscutable l’Algérie d’aujourd’hui, celle qu’il est venu rencontrer, selon ses dires, comme un acteur de dialogue interreligieux et un pont entre les cultures.
C’est pourquoi il est certain que ces 13, 14 et 15 d’avril 2026 feront date dans les annales de l’histoire. Trois jours qui ont placé l’Algérie sous la lumière et ont permis au monde de la découvrir sous sa vraie image, celle que les médias mal intentionnés tentent d’occulter. En somme, la visite du pape Léon XIV a replacé l’Algérie sur orbite internationale. C’est ce qui est resté au travers de la gorge de beaucoup.
N. K.