Le ministère de l’Industrie pharmaceutique anticipe une pénurie de médicaments

Le ministère de l’Industrie pharmaceutique décide d’agir de manière proactive face au risque de perturbations dans l’approvisionnement en médicaments.

Dans un contexte international marqué par de fortes tensions au Moyen-Orient, le ministère de l’Industrie pharmaceutique annonce une série de mesures à la fois préventives et coercitives dont l’objectif est de sécuriser le marché national et éviter toute rupture.

Des équipes d’inspection mixtes déployées

Intervenant lors d’un point de presse, le conseiller au ministère de l’Industrie Pharmaceutique, Reda Belkacemi affirme que «dès hier, le ton a été donné sur le terrain». Des équipes d’inspection mixtes, mobilisant les services du ministère et ceux de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, ont été, affirme-t-il, déployées à travers les régions Centre, Est et Ouest du pays. Leur mission est vérifier l’engagement des opérateurs à mettre sur le marché leurs stocks de médicaments avant l’expiration du délai fixé, ce lundi.

Pour rappel le ministère de l’industrie a donné un ultimatum aux producteurs et distributeurs un ultimatum strict, compris entre 48 heures à cinq jours pour libérer les stocks et approvisionner le marché du médicament. Au delà de ce délai, «les contrevenants s’exposent à des sanctions lourdes, allant du retrait d’agrément à des poursuites judiciaires», martèle Belkacemi. Car, rappelle-t-il, cette offensive fait suite à des constats jugés préoccupants par les autorités. Selon les enquêtes menées par les services du ministère, explique le même responsable, «certaines situations de pénurie seraient en réalité artificielles, dus à la rétention volontaires par des distributeurs». Ce facteur interne constitue en fait, la menace immédiate la plus contraignante, affectant directement l’accès des citoyens aux médicaments. D’où la décision urgente leur libération dans des délais stricts.

Vigilance face à la conjoncture internationale

En parallèle, le ministère de l’Industrie pharmaceutique s’efforce d’anticiper d’éventuelles tensions sur les chaînes d’approvisionnement internationales. Le conseiller du ministre, Reda Belkacemi, a alerté sur le risque de perturbations liées à la conjoncture géopolitique internationale, à savoir la guerre au Moyen-Orient. «Des difficultés pourraient apparaître dans les semaines et les mois à venir», alerte-t-il, appelant les opérateurs à une vigilance accrue. Dans cette optique, toutes les entreprises du secteur, spécialisées dans la production, importation et exploitations sont désormais tenues, insiste le conseiller, «de suivre de près l’évolution de leurs approvisionnements». Elles doivent également, poursuit-il, «signaler sans délai toute difficulté susceptible d’affecter leurs programmes d’importation ou de livraison, qu’il s’agisse de produits finis ou de matières premières». Ces obligations s’inscrivent, énonce-t-il, dans un cadre réglementaire renforcé. La législation en vigueur impose, rappelle Belkacemi, notamment la déclaration des stocks via la plateforme numérique du ministère, en application des dispositions introduites par la loi de finances 2026.

A cela s’ajoute l’exigence de respecter les programmes prévisionnels validés par les autorités, sous peine de sanctions. Mais outre le contrôle, les pouvoirs publics misent aussi sur l’assouplissement de certaines procédures, en raison des perturbations provoquées par la guerre. Ainsi, il a été décidé de supprimer l’exigence du certificat de régulation pharmaceutique pour l’importation de matières premières. Une mesure qui vise à accélérer les opérations d’importation et à alléger les contraintes administratives pesant sur les industriels. La décision répond à une réalité structurelle, à savoir la dépendance du marché national aux intrants importés.

Assurer une continuité dans l’approvisionnement

Malgré un taux de couverture de la production locale estimé à 82 %, «toute perturbation des chaînes d’approvisionnement internationales reste susceptible d’impacter directement la disponibilité des médicaments», affirme BelKacemi. Pour parer à ce risque, la tutelle annonce également un renforcement de la coordination avec les opérateurs du secteur, en lien avec les services des douanes. L’objectif est de combler rapidement d’éventuelles insuffisances et d’assurer une continuité dans l’approvisionnement du marché. Il annonce, par ailleurs la mise en place d’une cellule de veille et de communication.

Les entreprises sont invitées à signaler, par voie électronique, toute difficulté rencontrée, afin de permettre une intervention rapide des autorités. En parallèle, les campagnes d’inspection devraient se poursuivre dans les prochains jours, appuyées par les données collectées via la plateforme numérique. Le ministère renforce ainsi le contrôle sur le marché. Entre anticipation des risques extérieurs et fermeté à l’égard des pratiques internes, il s’agit avant tout de garantir l’accès des citoyens aux médicaments, dans un contexte régional incertain.

Samira Azzegag

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