Législatives 2026: Jeunes et femmes, les forces montantes

Pour la confection des listes en vues des élections législatives 2026, les jeunes et femmes sont les forces montantes.
Les partis politiques œuvrent à répondre aux exigences légales en matière de représentation des jeunes et des femmes sur leurs listes pour les législatives du 2 juillet prochain. Les formations politiques s’attachent peu ou proue à respecter les quotas imposant la moitié des candidats de moins de 40 ans et un tiers de femmes, ouvrant ainsi la voie à une représentation inclusive, compétente et plus proche des aspirations citoyennes, gage d’une chambre basse renouvelée et à la hauteur des enjeux de l’Algérie nouvelle.
En effet, les formations déploient des stratégies rigoureuses pour constituer leurs listes de candidats, tout en respectant les nouveaux seuils, fixés par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Elles veillent à repenser les mécanismes de sélection, en conciliant impératifs juridiques, ancrage territorial et exigence de renouvellement des cadres.
Le FLN peut recourir aux dérogations liées aux spécificités locales
Au parti du Front de libération nationale (FLN), le processus de désignation des candidats obéit à une chaîne de validation hiérarchisée, comme le détaille son chargé de la communication, Nadir Boulegroun. «La direction, incarnée par le secrétaire général, veille scrupuleusement au respect des conditions légales, notamment en matière de représentation des jeunes et des femmes», affirme-t-i.
Il rappelle que le FLN, «parti pionnier dans l’usage de la digitalisation», ne rencontre aucun problème structurel pour intégrer ces deux catégories, même si certaines zones reculées peuvent présenter des spécificités pour la représentation féminine. Il souligne que la législation autorise d’ailleurs les formations politiques à solliciter des dérogations encadrées lorsque le contexte local l’exige, une souplesse que le FLN entend utiliser avec efficacité.
«La direction nationale ne peut pas connaître personnellement l’ensemble des militants. Elle s’appuie donc légitimement sur les évaluations remontées par les kasmas et les fédérations», explique-t-il. Les dossiers validés au niveau des wilayas sont ensuite acheminés vers le siège central du parti, où ils font l’objet d’un examen final tenant compte des remarques formulées en amont. Cette chaîne de validation, couplée à l’usage d’outils numériques modernes, permet au FLN d’assurer «transparence, efficacité et conformité juridique dans la désignation de ses représentants».
TAJ: Renouvellement et parité
Dans cette même dynamique de renouvellement, la présidente du parti Tajamou Amel El Djazaïr (TAJ), Fatma-Zohra Zerouati, a apporté un éclairage sur la capacité des formations politiques à répondre aux exigences de l’ANIE en matière de représentation des jeunes et des femmes. «Nous ne rencontrons aucune difficulté pour respecter ces critères», affirme-t-elle, soulignant que «la majorité des bureaux du parti sont dirigés par des jeunes, ce qui nous offre automatiquement un surplus de candidats potentiels». «Nous avons bâti une base solide, un espace de réflexion qui draine des cadres compétents, sensibles, encadrés et libres, prêts à se mettre au service de la nation et des citoyens, que ce soit au sein de l’Assemblée populaire nationale ou dans les collectivités locales», a-explique-t-elle.
«Il est vrai que la formation est importante, mais un intellectuel qui n’est pas imprégné de culture politique et de formation militante ne pourra jamais bien gérer une collectivité locale», soutient-elle, insistant sur la nécessité de privilégier des profils ayant «déjà milité sur le terrain et très proches du citoyen». Mme Zerouati évoque également les débats internes qui ont marqué la préparation du parti aux échéances électorales. «Lors de notre conseil national, nous avons discuté de la question des élections et aucun responsable n’a exprimé la moindre difficulté à intégrer des femmes ou des jeunes sur nos listes», relève-t-elle.
RND: «Les symboles de la relève et du changement»
Le Rassemblement national démocratique (RND) adopte, lui aussi, pour une approche centrée sur la formation et l’inclusion institutionnelle. Le parti considère les jeunes et les femmes comme «les symboles de la relève et du changement», une orientation qui se traduit par la mise en place de sessions de formation en communication politique, en médias numériques et en techniques de mobilisation électorale.
«Nous ne nous contentons pas de respecter les quotas. Nous préparons ces nouveaux cadres à exercer des responsabilités réelles au sein de nos instances de décision», indique un cadre du RND. Le parti met également en place une commission nationale de la femme, chargée de renforcer la participation féminine et d’identifier des profils susceptibles de porter le projet politique du parti.
Le MSP finalise sa feuille de route
Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) structure, quant à lui, sa participation en s’appuyant sur ses réseaux de base et en privilégiant le renouvellement des cadres. «Nous finalisons notre feuille de route avec l’ambition de renforcer notre représentation parlementaire», déclare Ahmed Sadouk, membre de la direction du parti, affirmant que beaucoup de bureaux communaux ont été récemment créés pour encadrer la mobilisation des jeunes candidats. Il a tenu à rappeler que le parti organise des conférences spécifiques sur la participation des femmes en politique, afin d’identifier des profils féminins capables de porter le programme du MSP.
Au-delà des spécificités partisanes, on peut constater l’émergence d’un consensus sur les critères de sélection. L’engagement militant, la compétence avérée, l’intégrité morale et l’ancrage local constituent les piliers communs à l’évaluation des candidats. Il ne s’agit plus seulement de remplir des cases légales, mais il est question de sélectionner des hommes et des femmes capables de porter les aspirations des citoyens et de traduire les programmes des partis en actions concrètes.
Karima Alloun