Législatives 2026: Khelfane appelle à une mobilisation citoyenne

Khelfane appelle à une mobilisation citoyenne lors des élections législatives 2026 prévues le 2 juillet.
Le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Karim Khelfane, appelle lundi, à une mobilisation générale en faveur du scrutin législatif du 2 juillet prochain. «Au-delà de l’urne et de l’acte de poser son bulletin, c’est un événement national. Il y a un intérêt majeur dans un contexte qui n’est pas simple, tant régional qu’international. Nous devons être à la mesure et à la hauteur de ce grand événement», déclare Karim Khelfane lors de son passage au forum d’El Moudjahid. Interrogé sur les évolutions apportées à l’ANIE par la révision technique récente, Il a tenu à dissiper toute ambiguïté. «Pour vous rassurer, ceux qui disent que l’Autorité a été vidée de sa substance, je dirais que j’exerce les mêmes compétences que j’exerçais avant cette révision», affirme-t-il.
L’ANIE fonctionne selon la Constitution
Le président par intérim de l’ANIE détaille ensuite la répartition des rôles issue de cette réforme. «Tout simplement, on a dévolu au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales le volet logistique. Nous avons toujours travaillé avec les institutions. L’ANIE n’a jamais prétendu avoir sa police de contrôle. Nous avons toujours utilisé les urnes et les isoloirs qui appartiennent jusqu’à ce jour au ministère de l’Intérieur. Nous faisons toujours appel aux services de sécurité pour nous accompagner et sécuriser les locaux. C’est notre vaillante armée qui transporte les documents nécessaires après le dépouillement vers Alger, parce qu’ils ont la logistique qu’il faut», explique-t-il. Cette réorganisation permet, selon lui, à l’Autorité de se concentrer sur l’essentiel.
«Cette révision a mis dans l’ordre pour définir ce qui revient à l’ANIE dans son domaine qui est l’organisation, la supervision et le contrôle des opérations électorales. Est dévolu au ministère de l’Intérieur le volet logistique, qui nous décharge d’un poids qui pouvait peut-être mettre du plomb dans l’aile», précise-t-il. Une évolution structurelle accompagne cette clarification des missions, ajoute-t-il.
«Nous étions à 50 membres en 2019, nous sommes devenus 20 en 2021 lorsqu’il y a eu la nouvelle loi électorale, et nous allons être à 10 plus le président après cette révision, qui a, également, prévu un bureau composé de deux membres qui seront élus par leurs pairs. Et leur mission serait d’exécuter les décisions prises par le président et le conseil de l’ANIE», explique-t-il. Khelfane fait savoir, par ailleurs, qu’au niveau territorial, la réforme introduit un principe de collégialité renforcé.
Le responsable insisté sur le fait que «l’ANIE est une institution de l’État qui doit fonctionner conformément à la Constitution, à la loi électorale et aux lois de la République. Au même titre que toutes les autres institutions. Ce n’est pas parce qu’elle est indépendante que l’on ferait ce que l’on veut, comme on veut. Et du moment que nous sommes régis par la Constitution, la loi électorale et les lois de la République, l’indépendance nous est accordée pour nous permettre de remplir notre mission parfaitement en tenant une distance égale de tous nos partenaires politiques et autres», précise-t-il.
Le nombre de bureaux de vote revu à la hausse
Sur le plan logistique national, Khelfane a évoqué les chiffres du maillage territorial. «En 2024, nous comptions 62.023 bureaux de vote. Ce chiffre sera revu à la hausse pour couvrir les nouveaux pôles urbains. L’État doit rapprocher l’urne du citoyen», estime-t-il. Concernant les bureaux itinérants, il a précisé qu’ils sont au nombre de 137.
Évoquant le financement des campagnes, Khelfane détaille le dispositif de contrôle renforcé, rappelant que la révision législative de 2021 a introduit des dispositions exigeantes en matière de transparence financière. Une commission spécialisée de contrôle du financement des campagnes a été créée et installée. Elle accompagne les candidats tout au long du processus et vérifie la traçabilité des ressources. Ce travail, mené par des magistrats et des experts, s’appuie sur l’expérience acquise lors des scrutins présidentiel et législatif de 2021, précise-t-il.
Interrogé sur l’éventualité d’un vote électronique, le responsable a adopté une position mesurée. «Ce n’est pas l’ANIE qui ne veut pas, mais il faut avoir les moyens nécessaires. Il n’y a pas de processus électoral où il n’y a pas de tentative d’ingérence ou de déstabilisation. Donc il faut s’y préparer doucement mais sûrement. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs», indique-t-il. Khelfane est, également, très clair concernant la présence d’observateurs internationaux. Il rappelle que c’est une décision qui relève des autorités de l’État. «L’ANIE exécute les dispositions légales et se tient prête à accueillir les missions qui seront officiellement accréditées», déclare-t-il.
Enfin, le président par intérim de l’ANIE réitère son appel à la participation citoyenne. «Chaque voix compte. Chaque bulletin déposé dans l’urne est un acte de souveraineté populaire. Nous avons mis en place tous les moyens nécessaires pour garantir un scrutin libre, transparent et crédible. Il appartient maintenant à chaque Algérien, ici ou à l’étranger, de prendre part à ce rendez-vous historique. La réussite de cette échéance dépend de l’engagement de tous», conclut-il.
Karima Alloun