Les médecins du travail débattent des maladies chroniques en milieu professionnel

Les médecins du travail débattent des maladies chroniques en milieu professionnel lors de la 1ère journée de Médecine du Travail de Bejaia.
Organisée par le service de médecine du travail du CHU de Bejaia, l’auditorium de la Bibliothèque principale de lecture publique de Bejaia a abrité la 1ère journée de Médecine du Travail de Bejaia sous le thème «maladies chroniques et travail» devant un auditoire composée essentiellement de praticiens.
Un programme riche consacré aux maladies chroniques
Plusieurs communications étaient au menu de cette journée, qui ont traité à travers des analyses et des enquêtes de terrain des maladies chroniques en relation avec le monde du travail, leur prévalence chez le personnel soignant du CHU de Bejaia, leur impact dans les aménagements et les changement de postes, le diabète, le VIH dans la vie professionnelle, la maladie mentale et la maladie de Parkinson, les expositions professionnelles aux pesticides, ainsi que le bilan d’activité de la médecine du travail dans la wilaya de Bejaia.
Ces communications, qui étaient ponctuées par des débats, avaient pour objectif de montrer l’importance du dépistage et ses contraintes actuelles, mais aussi de la prise en charge dans le cadre professionnel à travers des mesures appliquées par les employeurs en faveur des travailleurs malades et pour améliorer leur environnement professionnel. De plus, soulignent les praticiens, ces maladies chroniques sont minoritairement d’origine professionnelle et sont donc un indicateur pertinent de l’état de santé de la population, ce qui appelle à des politiques de prévention et de santé révisées.
Maladies chroniques : 20 % de la population adulte touchée en Algérie
Le professeur C. Boukortt du service de médecine du travail du CHU de Bejaia, explique qu’à travers cet événement scientifique «on a voulu faire la part de ces maladies chroniques, qui sont déjà fréquentes au sein de la population adulte, soit environ 20 % en Algérie selon les statistiques de l’OMS. Il s’agit notamment de l’hypertension artérielle, du diabète et du cancer qui devient de plus en plus fréquent. L’Algérie a mis en place toute une panoplie de stratégies, de lutte, depuis 2006, cependant, sur le terrain, on n’arrive pas encore à l’efficacité voulue, parce que le secteur de la santé seul ne peut pas tout faire ».
Il citera comme exemple « les industriels de l’agroalimentaire qui doivent contribuer à limiter les risques. Les facteurs de risque les plus importants sont les facteurs comportementaux. Aujourd’hui on mange beaucoup de sel, de sucre, de graisse, l’alimentation a complètement changé, ce qui favorise les maladies cardiovasculaires ou l’obésité, etc. Il faut savoir que 70% des décès sont dus à ces maladies chroniques. Il y a ainsi un programme de coopération avec l’OMS pour essayer de réduire ce taux en agissant sur les facteurs comportementaux (consommation de tabacs, d’alcool, l’obésité liée à la « malbouffe », l’hypercholestérolémie, etc.) ».
«Le nombre de médecins du travail est réduit à Bejaia»
Quant aux conditions de travail, celles-ci n’interviennent, selon notre interlocutrice, que dans une petite proportion dans la survenue des maladies chroniques, outre la part de l’hérédité et de la pollution environnementale. Ainsi l’exposition professionnelle ne fait que les aggraver. La médecine du travail a une importance capitale dans la prévention de toutes les maladies, générales ou professionnelles. La loi rend obligatoire la prise en charge par l’employeur de la santé de son employé par la médecine du travail, sur la base d’une convention avec les services de la médecine du travail, étatique ou privée, ou en créant son propre service de médecine du travail s’il a un nombre important de salariés.
Dans le premier cas, l’employeur paie un montant symbolique de 100 dinars pour cette couverture médicale. Le travailleur quant à lui, doit subir des examens médicaux pour être déclaré apte à occuper son poste, sinon il est réorienté à un poste adapté à son état de santé. «Le nombre de médecins du travail est réduit à Bejaia», se désole le professeur en précisant que «cette année deux résidents ont eu leur BMS et ont été affectés au niveau des services hospitaliers d’Adekar et Aokas».
O.M.