Ligne minière Est : Le tronçon Annaba-Bouchegouf en phase finale

Le tronçon ferroviaire Annaba-Bouchegouf, maillon central de la ligne minière Est, est entré dans sa phase finale de réalisation.
Longue de 54 kilomètres, cette section représente la jonction stratégique entre la façade maritime, point de sortie des flux miniers et industriels, et l’arrière-pays appelé à concentrer une part croissante des activités liées à l’extraction, à la transformation et à l’acheminement du phosphate.
2 grands tunnels déjà achevés
Dans sa dernière présentation de chantier, l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif), a fait savoir, lundi, que le tronçon Annaba-Bouchegouf a atteint un stade très avancé de réalisation. Deux grands tunnels ont déjà été achevés, tandis que le troisième avance à un rythme soutenu.
«Les ouvrages d’art ferroviaires affichent eux aussi des taux d’avancement élevés, alors que la pose de la voie se poursuit de manière accélérée, en continu, de jour comme de nuit, afin de respecter les délais contractuels», a indiqué l’Anesrif. Sur le terrain, les responsables techniques insistent sur le fait que plusieurs points du chantier enregistrent une progression rapide malgré des conditions climatiques jugées difficiles, notamment au niveau de passages supérieurs et des accès à certains tunnels.
Des conditions géologiques complexes
Le troisième tunnel concentre une part importante des défi techniques rencontrés sur cette section. Selon les explications fournies par l’Agence toujours, les travaux de creusement ont dû composer avec des conditions géologiques complexes, liés à un sol formé principalement de couches argileuses imbriquées avec des roches.
Deux accès supplémentaires ont ainsi été créés afin de faciliter l’avancement du chantier, tandis que le dispositif de stabilisation a été renforcé à travers le recours à des micropieux, à des cintres métalliques, des parapluies de soutènement, des boulons d’ancrage ainsi qu’à des tiges en fibre de verre, a expliqué encore l’Anesrif. Et de préciser que les travaux se poursuivent actuellement sur quatre fronts simultanés, avec l’engagement de la phase de revêtement définitif, comprenant notamment le ferraillage et le bétonnage des voûtes.
Relier les bassins miniers et industriels au port
Cette accélération sur Annaba-Bouchegouf revêt une portée qui dépasse largement le seul cadre local. Dans l’architecture globale de la ligne minière Est, ce segment constitue la porte d’entrée logistique de tout le corridor ferroviaire. C’est par lui que doivent transiter, à terme, les flux appelés à relier les bassins miniers et industriels de l’intérieur au port d’Annaba. Son importance tient donc à sa fonction de débouché ferro-portuaire, en ce sens que sans cette liaison, l’axe minier perdrait une part essentielle de sa valeur économique. Autrement dit, ce tronçon donne au projet sa continuité opérationnelle entre production, transformation et expédition.
La section Annaba-Bouchegouf apparaît ainsi comme l’un des indicateurs les plus parlants de l’état d’avancement réel de la ligne minière Est. Son achèvement est perçu comme un signal concret de maturation du projet dans son ensemble, tant il conditionne l’articulation entre les différentes composantes de la future dorsale ferroviaire orientée vers Tébessa, Djebel Onk et, au-delà, les installations appelés à soutenir le développement du phosphate intégré. Ce rôle structurant s’explique aussi par les effets attendus sur l’organisation du transport. En plus d’améliorer la fluidité des acheminements ferroviaires, la modernisation de cette section doit contribuer à transférer vers le rail une partie des flux lourds qui pèsent aujourd’hui sur le réseau routier, tout en augmentant les capacités de circulation sur une ligne appelée à servir à la fois au fret minier et, dans certaines séquences, au transport de voyageurs.
Des aléas météorologiques
Sur le terrain, les détails fournis par l’Anesrif montrent un chantier désormais engagé dans sa phase décisive. Au point kilométrique 36, au niveau d’un passage supérieur, les équipes assurent que les travaux se poursuivent à un rythme rapide malgré les aléas météorologiques. Même constat au point kilométrique 42,991, à l’entrée du tunnel n°2, où les responsables évoquent une mobilisation soutenue des entreprises intervenantes.
D’autres opérations, moins spectaculaires mais tout aussi essentielles, se déroulent en parallèle, notamment le réglage, le nivellement et la mise en place de la voie à l’aide d’engins spécialisés. Cette combinaison entre génie civil lourd, traitement des contraintes géotechniques et progression de la superstructure ferroviaire traduit le basculement du projet vers sa phase de finalisation. Pour les pouvoirs publics comme pour les acteurs de la filière minière, l’enjeu est de faire d’Annaba-Bouchegouf le premier maillon pleinement opérationnel d’un corridor conçu pour relier les ressources minières de l’Est au port, et, à travers lui, aux marchés nationaux et extérieurs.
Lyes Mechti