Pénurie de médicaments et pratiques dénoncées par le ministère de l’Industrie pharmaceutique

Les opérateurs du secteur pharmaceutique sont sommés par le ministère de l’Industrie pharmaceutique de libérer leurs stocks de médicaments dans un délai ne dépassant pas 5 jours.
Destinée aux producteurs, importateurs et distributeurs, cette instruction rendue publique ce dimanche par le ministère de l’Industrie pharmaceutique cible en priorité les médicaments faisant l’objet de ruptures ou de fortes tensions dans les officines.
Rétention de stocks et ventes conditionnées
Cette mesure intervient alors que des dysfonctionnements dans la chaîne d’approvisionnement continuent d’impacter la disponibilité de plusieurs spécialités, malgré l’existence de stocks chez certains opérateurs. Le ministère fixe un délai strict, compris entre 48 heures et cinq jours au maximum, pour la mise sur le marché des produits concernés. L’objectif est d’assurer un réapprovisionnement rapide et de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Ce rappel à l’ordre n’est pas isolé. Ces derniers mois, les autorités ont multiplié les mises en garde et les mesures visant à assainir le circuit de distribution, face à des pratiques dénoncées par les professionnels eux-mêmes, notamment la rétention de stocks et les ventes conditionnées.
Autant de dérives qui contribuent à aggraver artificiellement les pénuries et à fragiliser davantage le marché. A cet effet, le ministère annonce le renforcement des opérations de contrôle et prévient que tout manquement exposera ses auteurs à des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément. Cette situation s’inscrit, par ailleurs, dans un contexte international marqué par des tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques, affectées par la dépendance aux matières premières et aux sites de production concentrés dans quelques pays. Outre les tensions générées par la guerre au Moyen Orient, les perturbations logistiques et les fluctuations des marchés mondiaux continuent de peser sur la disponibilité de certains médicaments à l’échelle globale.
Samira Azzegag