Taux de remplissage des barrages en Algérie: Une nette amélioration

Une nette amélioration du taux de remplissage des barrages en Algérie est enregistrée ces derniers jours.

L’Algérie a connu ces derniers jours une amélioration notable de sa situation hydrique, due essentiellement aux précipitations abondantes enregistrées à travers le pays. Dans ce contexte, le barrage de Taksebt, dans la wilaya de Tizi Ouzou, affiche un taux de remplissage d’environ 70%, avec un volume d’eau stocké estimé à près de 120 millions m³. Il est passé de 20 à 25 millions de mètres cubes (m³) à l’automne à près de 120 millions de m³ actuellement. Cette progression reflète une situation similaire à celle d’avant 2023 même si cette quantité reste susceptible d’augmenter dans les jours à venir.

Plus de 70 millions m³ d’eau stockés

Par ailleurs, avec la poursuite du transfert des eaux depuis l’oued Sebaou via des canalisations et des stations de pompage vers le barrage de Taksebt, plusieurs petits ouvrages hydrauliques connaissent également une amélioration. Ainsi, dans la wilaya de Boumerdès, le barrage de Hamrouna, utilisé pour l’irrigation, a atteint un niveau de remplissage élevé, voire total, souligne l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT). De même, le barrage de Beni Amrane, situé sur l’oued Isser, a atteint un remplissage complet avec une capacité de stockage d’environ 8 millions m³. L’eau y est ensuite transférée vers le barrage de Keddara, qui connaît également une hausse.

Quant au barrage de Koudiat Acerdoune, la situation évolue quotidiennement, avec une augmentation continue du niveau de l’eau. La zone observée, qui était totalement sèche au début du mois de janvier, est aujourd’hui alimentée en eau de manière régulière.

Les volumes stockés dépasseraient, selon certaines estimations, les 70 millions m³. Des images prises par des responsables locaux montrent toutefois une évolution positive sur le terrain, confirmant une tendance générale à l’amélioration à l’échelle nationale. L’ANBT confirme cette dynamique et indique que de nombreux barrages ont atteint leur capacité maximale. Cette situation est spectaculaire dans l’ouest du pays, durement touché par la sécheresse ces dernières années.

C’est notamment le cas du barrage de Brézina, dans la wilaya d’El Bayadh, qui a atteint sa capacité maximale. Mieux encore, ce remplissage complet a provoqué un débordement estimé à 85 m³ par seconde. Le même phénomène a été observé au barrage d’Oued Taria, dans la wilaya de Mascara, et même à l’est du pays, notamment dans la wilaya de Jijel.

Le dernier chiffre communiqué par Abdelatif Aziz, le directeur général de l’Agence nationale des barrages et transferts, indique à la télévision algérienne que «le taux de remplissage des barrages a atteint 53%, contre 37% à la même période l’an dernier», ce qui représente «une amélioration notable» selon lui. Pour lui, «il est certain que cela aura un effet positif sur l’approvisionnement en eau potable», ajoute-t-il, soulignant que «la saison agricole sera une réussite» en coordination avec le ministère de l’Agriculture.

Beni Haroun, un flux hydrique en hausse

Il faut savoir que les capacités de stockage nationales connaissent également une progression significative. «Aujourd’hui, notre capacité de stockage est estimée à 8,6 milliards de mètres cubes», fait savoir Abdellatid Aziz, précisant que «le taux d’envasement est évalué à 11% du volume total des barrages». Il met également en avant les performances du système hydraulique.

«La capacité de stockage effective est de 3 milliards 400 millions de mètres cubes», explique-t-il, jugeant ce niveau «très satisfaisant par rapport aux années précédentes». C’est pourquoi, il reste optimiste pour les semaines à venir. «Ce pourcentage est susceptible d’augmenter avec les pluies attendues prochainement», affirme-t-il, ajoutant que nous pourrions rattraper notre retard pour atteindre un taux de l’ordre de 60%».

Cette dynamique positive, portée par le retour des précipitations, laisse entrevoir une amélioration durable de la situation hydrique et agricole sur l’ensemble du territoire algérien, avec un regain d’espoir palpable pour les habitants et les agriculteurs. Cette tendance encourageante est visible dans certaines régions de l’Algérie. C’est le cas à Mila où le flux se poursuit à travers les différents cours d’eau qui convergent vers le barrage de Beni Haroun, dont le bassin versant couvre une superficie de 7.725 km².

Ce qui a sensiblement contribué à l’augmentation du niveau global de remplissage. Bouacha Ben Ouaret, directeur de l’hydraulique de la wilaya, affirme que «les barrages de Beni Haroun, Sde idi Khalifa et d’Othmania se sont remplis». «Les écoulements provenant des oueds partageant un même exutoire ne se sont pas arrêtés», précise-t-il, relevant que «les pluies ont accéléré l’acheminement des eaux», ce qui «traduit une situation hydrique plus confortable». Il faut savoir que la région dispose d’atouts hydriques majeurs.

Régularité des précipitations

«La wilaya de Mila bénéficie d’une richesse hydrique importante», fait savoir Ben Ouaret, rappelant qu’elle «abrite le plus grand barrage d’Algérie, celui de Beni Haroun, ainsi que deux autres retenues». Dans ce contexte, il met en avant les retombées directes de cette amélioration. «Le niveau de remplissage enregistré cette année constitue une bonne nouvelle», affirme-t-il, précisant que cela concerne «aussi bien l’alimentation en eau potable que l’irrigation agricole». C’est pourquoi la question de la gestion reste centrale.

«La sécurité hydrique constitue un facteur clé dans les différentes interventions des secteurs concernés», estime-t-il, notamment «en ce qui concerne les ressources destinées à l’agriculture et à la consommation humaine». Ce qui distingue, selon lui, la situation actuelle, c’est la régularité des précipitations. «Les pluies continues, tombant pendant de longues heures au cours d’une même journée, contribuent à créer une situation hydrique favorable», explique-t-il, estimant qu’elles «annoncent une disponibilité en eau à usages multiples, sans inquiétude».

Parallèlement à l’amélioration de la situation des barrages, les études se poursuivent pour garantir des sources alternatives et durables d’eau d’irrigation, notamment en élargissant l’utilisation des eaux usées traitées pour irriguer les surfaces agricoles. Cette orientation n’est plus un choix ponctuel, mais une nécessité pour améliorer l’efficacité de l’exploitation des ressources en eau et réduire la pression sur les barrages et les eaux souterraines.

Assia Boucetta

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