Université 4.0: Une alliance euro­méditerranéenne pour accélérer la transformation

Une alliance euro­méditerranéenne pour accélérer la transformation vers l’université 4.0 voit le jour en Algérie.

L’Algérie accélère la mutation de son enseignement supérieur vers un modèle plus innovant, connecté et créateur de valeur. Dans cette dynamique, la présidente de la Comité nationale pour la transition vers l’université de 4e génération (CNTU), Nawel Abdelatif Mami, annonce mardi, la conclusion d’un partenariat stratégique avec des universités européennes, afin d’accompagner concrètement nos universités dans leur transformation. Une initiative qui s’inscrit dans l’ambition de généraliser le modèle de l’université 4.0 à l’horizon 2030, portée par une adhésion déjà significative de 56 universités à l’échelle nationale.

Des ateliers pratiques organisés dans les prochaines semaines

Intervenant lors d’une rencontre tenue à l’Université Alger 1, en présence du réseau Unimed (Union des universités de la Méditerranée), représenté par son directeur, Marcello Scalisi, et des responsables d’universités pilote, le Pr Abdellatif Mami souligne que la coopération avec les universités européennes, notamment italiennes et espagnoles, s’insère dans une volonté affirmée d’ouverture internationale et de partage d’expertises. L’objectif, selon elle, est d’impulser une transformation qualitative de l’Université algérienne et renforcer sa compétitivité à l’échelle régionale et internationale. Au cœur de cette démarche, 4 axes structurants ont été identifiés. Il s’agit de la numérisation, l’innovation, la création de filiales économiques génératrices de richesse au sein des universités, ainsi que l’ouverture à l’international.

Dans ce cadre, des équipes opérationnelles mixtes seront mises en place entre universités algériennes et européennes. Leur mission consistera, explique Abdellatif Mami, «à assurer un transfert de compétences adapté aux spécificités nationales, avant une généralisation progressive des expériences réussies». Pour ce faire, «des ateliers pratiques seront organisés dans les prochaines semaines, où des universités européennes accueilleront leurs homologues algériennes afin d’élaborer des plans d’action détaillés». Une étape qui permettra également, selon la responsable, «d’identifier les établissements capables de jouer un rôle moteur dans cette transition, garantissant ainsi une mise en œuvre efficace et ciblée».

Une réforme inscrite dans une vision globale

Cette impulsion s’inscrit «dans une vision nationale ambitieuse visant à transformer en profondeur le secteur de l’enseignement supérieur», indique le professeur. Il s’agit notamment de généraliser la digitalisation moderniser les pratiques pédagogiques et d’instaurer une gouvernance fondée sur les données. La finalité étant de positionner l’Université comme un véritable levier d’innovation et de création de valeur.

Lancée en janvier 2025, l’initiative de transition vers l’université 4.0 connaît une progression notable. 32 nouvelles institutions ont rejoint le programme au cours de la dernière année, portant à 56 le nombre total d’universités engagées, contre 24 lors de la phase pilote. Une évolution qui témoigne, selon elle, d’une «dynamique accélérée» et d’une adhésion croissante des établissements.

La phase actuelle vise désormais la généralisation du modèle à l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur. Elle repose sur la mise en place de comités locaux et la multiplication des visites de terrain pour accompagner les universités dans l’élaboration de leurs stratégies de transformation. Ce plan, étalé sur 5 ans, «ambitionne d’atteindre une mise en œuvre complète du modèle de l’université de quatrième génération à l’horizon 2030».

Une meilleure visibilité internationale des universités algériennes

Les participants à cette rencontre ont unanimement salué les avancées réalisées, mettant en avant l’importance du partenariat avec des universités européennes appelées à jouer un rôle de «locomotive» dans ce processus. Ce rapprochement devrait se traduire par le développement de programmes conjoints, le renforcement des capacités de formation et une meilleure visibilité internationale des universités algériennes.

La présence du directeur du réseau Unimed, Marcello Scalisi, à la tête d’un réseau regroupant 186 universités, dont plusieurs établissements algériens, illustre l’ampleur de cette ouverture. Elle confirme également la volonté de l’Algérie d’inscrire durablement son université dans l’espace académique euro-méditerranéen et mondial. L’université algérienne aspire à la conclusion de ces partenariats stratégiques, à devenir un acteur central du développement, capable de répondre aux défis économiques et technologiques, tout en consolidant son rayonnement à l’échelle africaine et méditerranéenne.

Samira Azzegag

Bouton retour en haut de la page