Après le dépôt des candidatures aux législatives : Place aux recours et aux préparatifs de la campagne

Pour les prochaines législatives, la date limite fixée pour le dépôt des dossiers de candidature auprès de l’ANIE à travers ses représentations locales ainsi qu’à l’étranger est arrêtée au 18 mai.
Nous rentrons ainsi, dès ce mardi dans de nouvelles étapes dans les préparatifs des législatives du 2 juillet, notamment celle de l’examen des recours et contestations qui seront déposés auprès des représentations de l’ANIE (Autorité nationale indépendante des élections), à travers les 69 circonscriptions électorales nationales ainsi que les circonscriptions réservées aux Algériens résidant à l’étranger.
Aller vers davantage de transparence dans la sélection des candidats
Mohamed Cherif Daroui, expert en planification stratégique, estime qu’après cette étape, l’attention ne doit pas se limiter uniquement aux aspects procéduraux liés aux listes électorales et aux recours administratifs. «Nous avons laissé de côté le développement du système politique, de la pratique politique et du travail partisan dans toute la grandeur de ce terme», a-t-il indiqué, considérant que les prochaines étapes du processus doivent également ouvrir un débat de fond sur la qualité de la représentation politique et sur le rôle des partis dans cette nouvelle phase. Selon Daroui, après le dépôt des dossiers et l’ouverture des phases de contrôle, de recours et de validation par l’ANIE et les juridictions compétentes, il devient nécessaire d’aller vers davantage de transparence dans la sélection des candidats.
«Nous pouvons mettre en place des critères précis fondés sur des méthodes techniques et mathématiques afin d’aboutir à un processus de sélection rigoureux», affirme-t-il. Durant cette période, l’ANIE est appelée à assumer ses missions, comme elle le fait déjà depuis que le président de la République ait convoqué le corps électoral. Elle a, faut-il le rappeler, engagé la révision exceptionnelle des listes électorales, conformément à la loi organique régissant les élections, à savoir l’ordonnance 21-01 modifiée relative à la loi électorale.
Une sélection selon des critères mesurables
Dans ce cadre, Mohamed Cherif Daroui propose un modèle de sélection basé sur des critères mesurables. «50% des critères pourraient être attribués selon des qualifications académiques et professionnelles clairement définies», précise-t-il. «Un doctorat pourrait, par exemple, valoir cinq points, tandis qu’un autre niveau de qualification en vaudrait trois». Pour lui, cette méthode permettrait de renforcer la crédibilité des listes électorales au moment où l’ANIE poursuit les opérations de vérification et d’examen des dossiers de candidature.
Cependant, l’expert souligne que les critères techniques ne peuvent suffire à eux seuls dans les prochaines étapes du processus électoral. «Les considérations politiques restent essentielles», fait-il remarquer. «Il faut prendre en compte la présence sur le terrain, l’influence sociale, le poids électoral ainsi que la capacité du candidat à apporter une réelle valeur ajoutée au Parlement et à son parti», ajoute-t-il.
Proposer de véritables projets politiques
Mohamed Cherif Daroui insiste également sur l’importance d’introduire des «conseils des sages» dans le fonctionnement des partis politiques. «Chaque parti devrait disposer d’un comité composé de personnalités ayant accumulé trente ou quarante années d’expérience politique et institutionnelle», a-t-il ajouté. Pour lui, ces conseils pourraient jouer un rôle déterminant dans les étapes qui suivent le dépôt des candidatures et avant même le lancement officiel de la campagne électorale. «Ces conseils existent dans plusieurs grandes puissances et participent souvent à l’orientation stratégique des institutions politiques», souligne-t-il.
Selon Daroui, la période qui précède la campagne électorale doit être mise à profit pour présenter de véritables projets politiques capables de répondre aux attentes des citoyens. «Les partis doivent être en mesure de proposer des idées et des solutions constituant une réelle valeur ajoutée pour l’État et pour la société», estime-t-il. Pour conclure, le politologue considère que les prochaines étapes du processus électoral ne doivent pas être réduites aux seules procédures administratives et juridiques. «Les partis disposent-ils réellement des moyens nécessaires pour proposer des changements profonds liés au destin du peuple et de l’État ?», s’interroge l’expert, appelant à replacer le débat politique sur les questions de fond à mesure que le processus électoral avance vers ses prochaines échéances.
Assia Boucetta