Culture du dialogue: un message que l’Algérie continue de défendre

La journée du 16 mai, consacrée au vivre-ensemble en paix, a été proposée par l’Algérie puis adoptée par les Nations unies en 2017.
Cette date porte un message fort dans le contexte international actuel. L’institution de cette journée mondiale reflète ainsi la réussite du travail accompli par la diplomatie algérienne qui a obtenu l’adhésion de l’ensemble des pays membres.
C’est un moment politique important qui arrive dans un contexte international traversé par des fractures identitaires, des tensions, et des lectures du monde qui s’opposent de plus en plus. À première vue, l’idée peut sembler un peu théorique, presque lointaine. Mais elle repose sur une position que l’Algérie défend depuis longtemps.
Le choix du dialogue politique face aux crises internationales
Pour l’Algérie, les crises ne se règlent pas dans la confrontation ni dans les ingérences, mais dans le dialogue politique, parfois long, difficile, mais nécessaire. En défendant cette journée à l’ONU, l’Algérie n’a pas seulement cherché un symbole. Elle a proposé une manière plus juste et plus concrète de traiter avec les relations internationales, sachant que la paix ne se limite pas au silence des armes.
Elle passe aussi par le respect des peuples, la reconnaissance mutuelle et le dialogue d’égal à égal. C’est pourquoi, le vivre-ensemble n’est pas un slogan, c’est une pratique quotidienne qui appelle à accepter les différences, parler plutôt que s’affronter, éviter que les tensions ne deviennent irréversibles. Autant de principes simples, mais rarement évidents à appliquer.
De l’Émir Abdelkader à la reconstruction nationale : une valeur ancestrale
Ce message a été rappelé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la visite du pape Léon XIV en Algérie. Il avait alors insisté sur une idée forte qui rappelle que l’Algérie est une terre de dialogue, de tolérance et de coexistence. Une conviction qui s’inscrit dans la longue et riche histoire du pays, de Saint Augustin à l’Émir Abdelkader, deux figures souvent citées lorsqu’on parle de ces deux nobles valeurs.
Et puis il y a aussi l’histoire plus récente, plus dure, celle de la décennie noire. Une période que le pays a traversée seul pendant plus de dix ans, et dont il s’est sorti au prix d’un combat intense, mais aussi d’une volonté de reconstruction. C’est là que cette journée prend un autre sens. Elle dépasse le cadre international pour rejoindre une expérience vécue. Et elle porte aussi une idée simple, celle qu’aucune société n’est totalement à l’abri. Et surtout, la survie passe souvent par le choix de la reconstruction plutôt que celui de la rupture.
Mali, Libye, Sahel : la médiation algérienne au cœur de la région
Dans ce sens, l’initiative algérienne à l’ONU s’inscrit dans une ligne diplomatique assez claire qui privilégie la médiation, le respect de la souveraineté des États, et les solutions politiques loin des bruits des armes. Cette position n’a pas changé. Elle se retrouve dans les crises régionales où l’Algérie est impliquée ou attentive à toute solution pacifique. Au Mali, à titre illustratif, Alger a joué un rôle important dans la relance du dialogue entre les parties, en insistant sur l’importance de préserver les cadres de négociation internes et d’éviter que les solutions viennent de l’extérieur.
En Libye aussi où la position de l’Algérie demeure constante, refusant de cautionner la solution militaire, appelant régulièrement à un dialogue inter-libyen, sans exclusion et sans ingérence étrangère. Dans la région du Sahel, l’approche est similaire. L’Algérie pousse pour une lecture plus globale des crises, à commencer par la sécurité, le développement, la stabilité politique et la lutte contre toutes les causes profondes pouvant mener à l’instabilité.
Droits des peuples : la position constante sur la Palestine
Sur la question palestinienne, la position est également constante sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune qui soutient une solution politique basée sur deux États, dans les frontières de 1967, avec Al-Qods comme capitale. Dans les enceintes internationales, notamment aux Nations unies, Alger continue de défendre cette idée simple selon laquelle les conflits doivent être réglés par le dialogue, la négociation et le droit international.
En somme, la journée du 16 mai dépasse la simple symbolique. Elle rappelle que la paix ne se limite pas à l’absence de guerre. Elle est fragile, elle se construit, et elle a notamment besoin d’être défendue. Et c’est précisément là que l’initiative algérienne prend tout son sens dans la mesure où elle pousse la communauté internationale à revenir à l’essentiel, celui de parler, de négocier, et d’accepter la différence.
La Journée mondiale du vivre-ensemble en paix constituera ainsi un nouveau départ pour le renforcement de la culture de la paix dans la société en inculquant les valeurs de base dans les écoles, les universités et dans la formation de l’enfant à ces valeurs et à l’ouverture sur autrui dans le respect mutuel. En portant cette initiative devant les Nations unies, l’Algérie envoie un message qui, au regard des tensions actuelles dans le monde, conserve toute son actualité.
Assia Boucetta