Fraude aux examens : Un dispositif national de veille et de riposte

Des mécanismes juridiques et techniques sont mis en place par l’État pour lutter contre la fraude aux examens.
Ces mécanismes juridiques et techniques pour lutter contre la fraude aux examens et sécuriser les épreuves nationales face aux nouvelles formes de cybercriminalité sont largement mis en relief, lors d’une journée d’étude intitulée «La protection pénale de la probité des examens finaux de l’enseignement moyen et secondaire entre approche préventive et répressive», organisée, ce dimanche, par la Cour d’Alger.
Les nouvelles technologies ont profondément transformé les modes opératoires
Salah Eddine Ben Aicha, cadre à l’Autorité nationale pour la prévention et la lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication, insiste notamment sur le rôle central de la cellule multisectorielle chargée de la veille et de la riposte, ainsi que sur les mécanismes techniques et juridiques déployés pour sécuriser les examens nationaux. Il rappelle que «les crimes portant atteinte à l’intégrité des examens ne relèvent plus du simple cas de fraude classique», soulignant que les nouvelles technologies ont profondément transformé les modes opératoires. «Les réseaux sociaux, les applications de messagerie instantanée et même les outils d’intelligence artificielle sont désormais utilisés pour diffuser les sujets et résoudre les épreuves», indique-t-il. Pour lui, la lutte contre ces pratiques exige une adaptation permanente des dispositifs de surveillance et d’intervention.
Sur le plan juridique, Salah Eddine Ben Aicha explique que la loi relative à la prévention et à la lutte contre les crimes liés aux technologies de l’information et de la communication «a instauré un dispositif procédural intégré capable de faire face à ce type d’infractions». Il a également mis en lumière le rôle de la cellule multisectorielle chargée de la veille et de la riposte qui élabore «un plan d’action préventif et anticipatif». Sur le plan technique, Salah Eddine Ben Aicha indique que les équipes spécialisées assurent «une veille permanente sur Internet et les réseaux sociaux» afin de détecter toute activité suspecte susceptible de perturber le déroulement des examens. Dans ce cadre, le responsable a révélé que l’Autorité nationale coordonne ses actions avec les opérateurs de télécommunications et les fournisseurs d’accès à Internet afin de collecter les données nécessaires aux investigations.
Collaboration avec Facebook et TikTok
Par ailleurs, Salah Eddine Ben Aicha annonce l’ouverture de canaux de communication directs avec les grandes plateformes numériques, notamment Facebook et TikTok. Cette démarche vise, explique-t-il, à «activer des mécanismes de signalement et de suppression rapide des contenus frauduleux». Le cadre de l’Autorité nationale insiste également sur l’importance de l’analyse des preuves numériques. «Nous utilisons des techniques avancées d’analyse des réseaux et de traçage des adresses IP», précise-t-il, soulignant que ces outils permettent d’identifier les auteurs des fuites et de renforcer les enquêtes judiciaires. «Les mesures de blocage restent ciblées et limitées aux abords des centres d’examens ainsi qu’aux réseaux de téléphonie mobile», tient-il à préciser, expliquant que l’objectif est d’éviter des restrictions généralisées sur l’ensemble d’Internet.
Revenant sur les résultats obtenus, Salah Eddine Ben Aicha affirme que la cellule de veille et de riposte a permis de détecter plusieurs comptes et groupes impliqués dans la diffusion de sujets et de corrigés pendant les horaires des examens. «Certaines affaires ont donné lieu à des poursuites judiciaires», fait-il remarquer. Et de poursuivre, les enquêtes ont également permis d’identifier «des suspects résidant à l’étranger» qui diffusaient des sujets et des réponses via des appels téléphoniques ou des SMS adressés à leurs complices en Algérie. Le responsable alerte sur «le recours croissant aux réseaux VPN et aux outils d’intelligence artificielle» pour contourner les dispositifs de surveillance. Il révèle que certaines méthodes de fraude utilisent désormais les SMS afin d’échapper aux procédures de blocage appliquées sur Internet.
A. B.