Infrastructures minières : Deux projets sous suivi présidentiel

Les projets de la ligne minière de Blad El Hadba et de l’extension du port d’Annaba sont sous suivi présidentiel.
Le suivi en Conseil des ministres présidé ce dimanche par le président Tebboune, de l’état d’avancement de la ligne minière de Blad El Hadba et de l’extension du port d’Annaba remet au premier plan deux infrastructures directement liées au développement de la filière phosphate dans l’Est du pays.
Mise en exploitation de la ligne minière Est au plus tard au premier trimestre 2027
Les pouvoirs publics maintiennent, pour les deux chantiers, l’objectif d’un achèvement à fin 2026, avec une mise en exploitation de la ligne minière au plus tard au premier trimestre 2027. La ligne minière Est relie le port d’Annaba à Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, sur un linéaire total de 422 km. Considéré comme un maillon central dans l’acheminement du phosphate et des engrais, ce projet de modernisation et de dédoublement est réalisé en articulation avec les installations portuaires d’Annaba.
Sur le terrain, l’un des segments les plus avancés est le tronçon port d’Annaba-Bouchegouf, long de 54 km, que le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a récemment qualifié de section parvenue à un stade avancé de réalisation, avec une livraison et une entrée en service annoncées comme imminentes. Selon la même source, les travaux y sont menés à cadence accélérée, nuit et jour.
Un taux d’avancement de plus de 70%
Le ministère en charge du secteur affirme également une progression sur les tronçons situés plus à l’Est. A Tébessa, un tronçon de 43 km affichait, il y a quelques semaines, un taux d’avancement de plus de 70%, tandis qu’une ligne de 297 km est actuellement concernée par des opérations de dédoublement et de modernisation, le long d’un tracé comprenant 30 gares et haltes. Il faut dire que la ligne minière ne prendra toute sa portée que si les raccordements ferroviaires, les ouvrages d’art, les installations de maintenance et les capacités portuaires avancent au même rythme. Car, dans ce type de projet, le retard sur un seul segment peut neutraliser l’effet attendu sur toute la chaîne.
C’est pourquoi le suivi gouvernemental porte autant sur la cadence des travaux que sur la coordination entre les différents intervenants. Pour les pouvoirs publics, l’objectif reste d’éviter les ruptures de calendrier et de garantir, à terme, une mise en service effective qui permette d’absorber les flux miniers attendus et de sécuriser les débouchés à l’export. Au plus haut niveau, le président de la République a demandé une accélération de la cadence des travaux sur l’ensemble des tronçons, tout en imposant un suivi mensuel de l’avancement global du projet. L’instruction fixée reste la même, à savoir terminer les travaux avant la fin de 2026, afin de permettre la mise en service de l’infrastructure dans les délais annoncés.
Une logique de chaîne complète
En parallèle, l’extension du port d’Annaba progresse autour de son futur quai minéralier, appelé à soutenir l’exportation des produits liés au phosphate. Le projet comprend la réalisation d’une plateforme de base, l’allongement de la digue principale sur 1.400 mètres, la construction d’un quai minéralier de 1.600 mètres avec une profondeur de 16 mètres, l’aménagement d’une zone arrière de 82 hectares, ainsi que le dragage du bassin. Lancé le 24 mars 2024,ce chantier fait lui aussi l’objet d’instructions présidentielles répétées visant à accélérer les travaux.
Lors d’une visite d’inspection effectuée en février dernier, le Premier ministre a insisté, de son côté, sur la nécessité d’achever le projet avant fin 2026, en raison de son caractère stratégique pour les capacités d’exportation et pour l’intégration logistique du projet phosphatier. L’association des deux dossiers dans le même suivi gouvernemental traduit une logique de chaîne complète qui allie transport, traitement et exportation. C’est cette articulation entre ligne minière et port minéralier que les pouvoirs publics entendent faire avancer au même rythme, avec, pour horizon affiché, la montée en puissance des exportations hors hydrocarbures adossées à la transformation des ressources minières.
Lyes Mechti