Journée internationale du vivre-ensemble: A l’origine, l’initiative de l’Algérie

L’Algérie est à l’origine d’une initiative mondiale en faveur du dialogue, de la tolérance et de la paix.

Notre histoire est gorgée d’évènements et faits où le vivre-ensemble prend toute la plénitude de son sens dans ce qui affirme que c’est une terre de paix, de dialogue et de coexistence des différences.

Promouvoir le vivre-ensemble afin de dénouer les conflits

Le monde célèbre, ce 16 mai, la Journée internationale du vivre-ensemble en paix. Au-delà de la symbolique que représente cette date instituée à la faveur de l’adoption de la Résolution 72/130 de l’Assemblée générale de l’ONU, le 8 décembre 2017, c’est d’abord le consensus unanime des nations favorables dans leur intégralité à sa proclamation qui interpelle sur le message qu’elle véhicule.

Un message qui non seulement s’inscrit en continuité et dans l’esprit des textes fondateurs de l’ONU, mais surtout il intervient au moment où le monde a le plus besoin de promouvoir et de privilégier le dialogue et, par extension, le vivre-ensemble, afin de dénouer les conflits et faire face à la loi de la force.

Le vivre-ensemble algérien plébiscité par l’ONU

En ce sens, la résolution onusienne instaurant la Journée internationale du vivre-ensemble en paix énonce que la célébration «sera un moyen de mobiliser régulièrement les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité, et l’occasion pour tous d’exprimer le désir profond de vivre et d’agir ensemble, unis dans la différence et dans la diversité, en vue de bâtir un monde viable reposant sur la paix, la solidarité et l’harmonie».

Ce qu’il faut savoir ou rappeler est que l’architecte des contours de ce monde souhaité par tous les pays, l’initiatrice exclusive de l’institution de la date de la célébration du vivre-ensemble en paix et surtout le porteur politique principal de cette initiative est l’Algérie.

Le vote à l’unanimité intégrale de la Résolution 72/130 par l’AG de l’ONU est, par implication, une reconnaissance du porteur de l’initiative, notre pays en l’occurrence qui s’est inspiré justement de sa propre histoire ancestrale et récente, de ses textes fondateurs et également de son peuple qui a de tout temps combattu et rejeté toutes formes d’exclusion et promu la solidarité et le vivre-ensemble comme voies salutaires pour raffermir les liens sociétaux, à plus forte raison dans l’adversité et les conjonctures les plus difficiles.

La Soummam ou la redéfinition du combat algérien

En effet, dans les textes fondateurs de l’Etat algérien moderne, à savoir la Déclaration du 1er Novembre 1954 qui marque l’acte de naissance de l’Algérie moderne et la plateforme de la Soummam qui structure l’Etat en devenir durant la glorieuse Révolution nationale, les libérateurs de la Nation ont d’une manière explicite consacré «le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions», comme l’énonce la proclamation du déclenchement de la guerre de Libération nationale, rejetant toute division religieuse et communautaire, comme l’affirment clairement les rédacteurs de la plateforme du 20 Août 1956.

«La ligne de démarcation de la Révolution ne passe pas entre les communautés religieuses qui peuplent l’Algérie, mais entre, d’une part, les partisans de la liberté, de la justice, de la dignité humaine et, d’autre part, les colonialistes et leurs soutiens, quelles que soient leur religion ou leur condition sociale», peut-on lire, en effet, dans le document de la Soummam.

L’Émir Abdelkader, symbole du vivre-ensemble

Ces valeurs humaines et ces vertus universelles, qui préfigurent les fondamentaux de l’Etat algérien moderne, transcendent l’aspect politique, puisant leur origine avant tout dans les coutumes ancestrales, caractéristiques des Algériens et de l’Islam du juste milieu et de tolérance prôné et propagé par les écoles et zaouïas à travers tout le territoire national. Notre histoire est pour ainsi dire gorgée d’évènements où le vivre-ensemble prend toute la plénitude de son sens.

L’acte héroïque accompli par l’Émir Abdelkader à Damas, en 1860, en sauvant des milliers de chrétiens d’un massacre en est l’illustration parfaite. L’humanisme, dont a fait preuve le fondateur du premier Etat moderne algérien, s’inscrit en continuité d’une succession d’actes chevaleresques, de tolérance et d’inclusion sociale qui a marqué les différentes étapes de la Nation, même sous le joug colonial ou par exemple après la chute de Grenade où les villes algériennes sont devenues des terres d’asile pour les communautés de différentes religions persécutées en Espagne.

Vivre ensemble en paix

L’Algérie de 2026 reste constante dans ses positions et principes quant à la nécessité absolue de promouvoir invariablement le vivre-ensemble en paix et de consacrer ses valeurs sur tous les plans, notamment juridique.

Un effort constant salué par le pape Léon XIV, à l’occasion de son voyage apostolique en Algérie, du 13 au 15 avril de cette année. Au terme duquel il a déclaré, dans son avion face à la presse internationale, que sa visite effectuée à Djamaâ El-Djazaïr «a montré que même si nous avons des croyances différentes, des manières différentes de prier et de vivre, nous pouvons, néanmoins, vivre ensemble en paix», dixit le pape Léon XIV.

Plus qu’un hommage à l’Algérie, le souverain pontife a mis en exergue la quintessence de ce que les Algériens portent dans leur ADN, à savoir cette propension à vivre ensemble en paix.

Amirouche Lebbal 

Bouton retour en haut de la page