L’Algérie opte pour des partenariats ciblés

L’Algérie opte pour des partenariats ciblés afin d’atteindre ses objectifs économiques. C’est ce qui ressort de la récente visite du président Tebboune en Turquie.

Les accords et autres mémorandums d’entente signés à l’occasion de la visite officielle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Turquie visent, en plus du renforcement de la coopération entre les deux pays, de bénéficier du savoir-faire turc dans certains domaines qui permettrait à l’Algérie de conforter son essor économique.

La Turquie, acteur majeur dans la normalisation internationale

Parmi ces domaines, celui de l’industrie avec un mémorandum d’entente signé sur la coopération en matière de normalisation. À ce titre, il faut savoir que la Turquie est un acteur majeur dans le domaine de la normalisation internationale, disposant d’une infrastructure de qualité solide, orchestrée principalement par l’Institut turc de normalisation (TSE). Ce dernier ne représente pas uniquement un organisme national, puisque c’est le représentant officiel de la Turquie dans toutes les grandes organisations de normalisation, ce qui garantit que les produits turcs répondent aux exigences mondiales les plus strictes.

À ce titre, l’institut turc possède le statut de «Comité membre» de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), soit le niveau d’adhésion le plus élevé. Il représente également la Turquie au sein de la Commission électrotechnique internationale (CEI) pour tout ce qui concerne les domaines électrique et électronique. De plus, le TSE est un membre actif des organismes internationaux, et coordonne l’adoption des meilleures pratiques mondiales et formule les normes nationales pour divers secteurs technologiques.

La Turquie est, aussi, membre de plein droit du Comité européen de normalisation (CEN) et du Comité européen de normalisation électrotechnique (CENELEC) depuis 2012, et participe directement à la rédaction des normes européennes. Elle est, en outre, membre fondateur et membre actif de l’Institut de normalisation et de métrologie pour les pays islamiques, où elle joue un rôle de leader, notamment pour les normes Halal.

Pour des produits algériens qui s’exportent mieux

C’est dire que la Turquie, à travers ses organismes de normalisation, peut apporter beaucoup en termes d’expertise aux organismes algériens, et permettre ainsi aux produits algériens, hors hydrocarbures, de mieux s’exporter. Toujours dans le secteur de l’industrie, la Turquie a une expérience avérée dans le domaine des petites et moyennes entreprises, vu que les PME représentent 99,8% du nombre global d’entreprises activant dans l’économie turque. C’est ce qui permettrait à Algérie de développer son réseau de sous-traitance qualifié de pilier de l’industrie dans différents segments.

L’autre secteur dans lequel la Turquie pourra faire bénéficier l’Algérie de son expertise a trait aux télécommunications. Un secteur dans lequel la Turquie excelle et affiche une expertise significative et croissante. Elle est, également, reconnue pour son expertise en cybersécurité avec un score de 100/100 selon l’Union internationale des télécommunications.

Sachant qu’il s’agit de l’agence spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication. La Turquie est, notamment, en mesure de partager son expérience avec l’Algérie dans le domaine de la fabrication de smartphones, étant devenue un acteur clé dans cette industrie. Sans compter son savoir-faire dans le domaine des réseaux mobiles. En effet, ce pays a lancé officiellement son réseau 5G en mars 2026, imposant qu’au moins 60% des équipements proviennent de producteurs locaux pour renforcer sa base technologique propre.

Augmenter les volumes d’échanges commerciaux

Pour ce qui est de la déclaration conjointe entre le ministère algérien du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations et le ministère turc du Commerce, relative au lancement de négociations en vue de la conclusion d’un accord commercial préférentiel, un tel accord, en cas de concrétisation, permettrait d’atteindre l’objectif de porter le volume des échanges commerciaux entre les deux pays à 10 milliards de dollars, mais aussi faire de l’Algérie l’accès privilégié des produits turc vers l’Afrique en profitant des avantages de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

En résumé, le ciblage des domaines dans lesquels l’Algérie a signé des accords avec la Turquie reflète la vision des autorités algériennes d’aller vers des secteurs prioritaires en adéquation avec les projections et les objectifs économiques du pays. Ces derniers tendent surtout vers une diversification de l’économie nationale, créatrice de richesse et d’emploi à travers les investissements, notamment étrangers, et surtout ouverte sur l’international en termes d’export.

Karim Aït Saâda

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