Opéra d’Alger: Soirée hommage à Abdelkrim Dali

L’Opéra d’Alger «Boualem Bessaïh» a abrité, samedi dernier, une grande soirée
en hommage à Cheikh Abdelkrim Dali, l’inoubliable interprète de «Saha Aidkoum».

Organisée en coordination avec la Fondation qui porte le nom du défunt artiste, la manifestation «Cheikh Abdelkrim Dali à travers le temps» a réuni des artistes et des amoureux du patrimoine andalou lors d’un hommage à une icône de la musique classique algérienne.

L’héritage vivant de Cheikh Abdelkrim Dali

Initiée sous le patronage du ministère de la Culture et des Arts, la soirée a marqué le 48e anniversaire de la disparition, à l’âge de 64 ans en 1978, d’un artiste dont l’œuvre continue d’occuper une place centrale dans la mémoire artistique nationale. Inscrite dans le cadre du Mois du Patrimoine, la rencontre a mis en lumière la richesse du legs musical andalou et son importance dans la préservation de l’identité culturelle algérienne.

Dès l’ouverture de la soirée, le public était plongé dans une atmosphère empreinte de nostalgie et de raffinement. Sur scène, des artistes ont revisité plusieurs pièces du répertoire du Cheikh dans une interprétation mêlant respect de la tradition et sensibilité contemporaine. Dans une allocution, Wahiba Dali, la petite-fille du maître et néanmoins présidente de la Fondation Cheikh Abdelkrim Dali, a souligné que l’événement célèbre une figure emblématique de la musique andalouse et symbole de fierté qui continue de faire rayonner la culture algérienne à travers le monde.

Associer mémoire et transmission

Sous la direction de Leïla Kebir, l’orchestre de la Fondation a accompagné plusieurs interprètes d’andalou avec ses trois écoles qui ont revisité de célèbres pièces de Sanaâ, l’une des trois variantes de la musique andalouse. Lila Borsali, l’immense interprète de ce genre musical, a porté l’essentiel de la soirée hommage. Fidèle à son style élégant et à sa maîtrise du patrimoine musical traditionnel, elle a offert au public plusieurs interprétations tout en finesse et élégance naturelles. Elle a su instaurer un dialogue subtil entre héritage classique et approche artistique moderne.

À ses côtés, Abdelwahab Djazouli, dans une prestation remarquée et remarquable, a mis en avant la richesse de la Sanaâ algéroise à travers une interprétation nuancée et contemporaine. Pour sa part, le jeune Rifel Kalfat a montré sa maîtrise des instruments traditionnels et son attachement à la perpétuation du style andalou. L’événement a réservé une place particulière à la relève artistique issue du Prix Abdelkrim Dali. Les chanteuses Nassima Haffaf et Asma Aït Chaabane incarnent, quant à elles, la continuité d’une école artistique et illustrent la volonté des organisateurs d’associer mémoire et transmission.

Engagement pour la préservation de l’héritage artistique du Cheikh

La soirée a été marquée par un moment d’intense émotion quand Wahiba Dali a été honorée par le directeur de l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïh en reconnaissance de son engagement pour la préservation et la transmission de l’héritage artistique de Cheikh Abdelkrim Dali. Tout au long de la soirée, le public a réservé un accueil chaleureux aux artistes qui se sont succédé sur scène. Plusieurs spectateurs ont vu dans cette manifestation une occasion de renouer avec un patrimoine musical profondément enraciné dans la mémoire collective algérienne et de redécouvrir l’apport considérable de Cheikh Abdelkrim Dali dans la sauvegarde et l’évolution de la musique andalouse.

Auparavant, la Fondation a rendu hommage à des artistes et chefs d’orchestre de l’école Sanaâ d’Alger pour leur engagement pédagogique et leur contribution dans la transmission du patrimoine musical algérien. Mohamed Chérif Saoudi, Haroun Moussa, anciens élèves d’Abdelkrim Dali, Naguib Kateb et Abdelouahab Boukouroura ont été honorés à leur tour.

Walid Souahi

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