Parcs culturels: Bendouda annonce la création d’un 6e dans la Saoura

La ministre de la culture et des arts, Malika Bendouda, a annoncé, lundi, la prochaine création d’un sixième parc culturel national dans la région de la Saoura.
S’exprimant au Palais de la Culture Moufdi Zakaria devant des responsables, des chercheurs et des représentants du corps diplomatique, Malika Bendouda a affirmé, lors de la cérémonie de clôture du Mois duvpatrimoine, que la nouvelle structure s’inscrit dans la stratégie nationale de protection et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel.
La ministre a rappelé ensuite que les parcs existants sont de «véritables musées à ciel ouvert qui couvrent une superficie de près d’un million de kilomètres carrés et abritent des sites archéologiques d’importantes stations d’art rupestre classées».
Coopération africaine et identité nationale
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Culture, du Tourisme, de l’Artisanat et des Métiers et de l’ambassadeur du Tchad en Algérie. La ministre a salué le geste qualifié de «point de départ d’une coopération africaine renforcée en matière de sauvegarde patrimoniale face aux risques de spoliation, de trafic illicite des biens culturels et aux menaces liées au tourisme de masse».
Dans son allocution, Bendouda a insisté sur la profondeur historique et civilisationnelle de l’Algérie et rappelé que le patrimoine est un des principaux piliers de son identité. «Chaque parcelle de terre renferme une histoire et une culture», a-t-elle lancé avant de proclamer que la richesse patrimoniale se manifeste dans les traditions orales, les costumes, la musique, la gastronomie et les vestiges archéologiques.
Enjeux économiques et bilan du Mois du patrimoine
La ministre a mis en avant l’importance économique du patrimoine qui devait être davantage intégré dans les stratégies de développement et d’investissement, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Evoquant le bilan du Mois du patrimoine la ministre a révélé que plus de 2.000 manifestations culturelles ont été organisées à travers le territoire national. Outre des expositions dans les musées, elle a cité des festivals dédiés au cinéma, à la littérature, au patrimoine et aux arts. Elle a mis l’accent sur le forum international sur Saint Augustin et la tenue du Festival de l’écoute soufie qui a réuni des participants de plus de 22 pays.
Un patrimoine vivant et citoyen
Bendouda a insisté sur le caractère vivant et quotidien de notre patrimoine qui ne saurait être réduit à une simple célébration annuelle. «Les proverbes, les pratiques festives, les jeux traditionnels, les manuscrits, les habits traditionnels et les savoir-faire participent tous à la construction de la mémoire collective», a-t-elle souligné.
Elle a enfin lancé un appel aux citoyens, aux associations et aux acteurs de la société civile pour multiplier les initiatives en faveur de la sauvegarde du patrimoine avant de réaffirmer l’engagement de l’État à accompagner ces démarches.
Focus technique sur le réseau des parcs culturels
La journée a été marquée par une rencontre d’information sur le réseau de parcs culturels. Après la projection d’un film documentaire, une première session technique, modérée par Ammar Nouara, directeur de la protection légale des biens culturels et de la valorisation du patrimoine culturel, a permis de présenter les spécificités patrimoniales et naturelles des parcs du Tassili n’Ajjer, classé au patrimoine mondial, de l’Ahaggar, du Touat-Gourara-Tidikelt, de l’Atlas saharien et de Tindouf.
Chercheurs, conservateurs et responsables des offices nationaux ont mis en lumière les richesses archéologiques, environnementales et anthropologiques de ces vastes territoires. Une seconde session modérée par Samir Kheloufi, sous-directeur de l’inventaire à la Direction de la conservation et de la restauration du patrimoine culturel, a abordé la recherche scientifique et la préservation patrimoniale.
Parmi les thèmes développés figurent le projet de création du parc de la Saoura, les bases de données patrimoniales du Tassili n’Ajjer, les programmes de recherche archéologique sur les stations d’art rupestre, l’inventaire des manuscrits du Tidikelt et les opérations d’archéologie préventive dans la région de Gara Djebilet.
Walid Souah