Pétrochimie : Des projets structurants pour faire de l’Algérie un pôle exportateur

Des projets structurants sont engagés en pétrochimie avec l’objectif de faire de l’Algérie un pôle exportateur.

Les investissements en cours dans le domaine de la pétrochimie traduisent en effet la volonté de l’Algérie de passer du statut de pays importateur à celui d’exportateur de plusieurs produits stratégiques.

Une phase de relance industrielle inédite

La production pétrochimique nationale, bien en deçà du potentiel gazier du pays, connait une dynamique d’investissement accélérée depuis quelques années, passant d’un modèle centré sur quelques complexes historiques de Sonatrach, à une phase de relance industrielle inédite. Il s’agit pour Sonatrach, de passer d’un modèle dominé par l’amont vers un modèle intégré, où la pétrochimie devient un levier stratégique de souveraineté industrielle, de diversification économique et de création de valeur locale, tout en consolidant le rôle de l’Algérie comme acteur énergétique majeur à l’échelle régionale et euro-méditerranéenne.

Dans le cadre du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à diversifier l’économie nationale, en valorisant les ressources locales, plusieurs projets structurants, de taille mondiale, sont inscrits. Parmi les projets majeurs dans ce domaine, figure le complexe de méthanol en partenariat entre le groupe Souakri et l’entreprise azerbaïdjanaise AzMeCo (AzerbaijanMethanol Company). L’accord, signé entre les deux parties en mars 2025 vise la création de l’«Algeria Methanol Company» pour développer une usine de production de méthanol de pointe en Algérie, avec une capacité initiale de 1 million de tonnes par an. Le projet, d’une valeur estimée à un milliard de dollars, comprendra également le développement d’usines dérivées pour produire des produits à valeur ajoutée tels que l’ammoniac, l’urée et le formaldéhyde.

Des unités d’engrais NPK, de MTBE, de polypropylène et de LAB en chantier

Le même groupe algérien avait également signé, durant la même période, un autre accord de partenariat avec la compagnie suisse Casale Technology, d’une valeur de 50 millions de dollars, pour une usine d’engrais NPK d’une capacité de 100.000 tonnes/an. Parmi les autres projets importants, la réalisation par Sonatrach d’une unité de production de méthyl tert-butyl éther (MTBE) à Arzew, un additif essentiel dans la fabrication de l’essence sans plomb.

La capacité de production de cette unité atteindra 200.000 tonnes par an, ce qui permettra de couvrir entièrement les besoins du marché national et d’exporter le surplus. Entamé en 2022, ce projet connaissait jusqu’à février dernier, un taux d’avancement de 86%, avec une entrée en production progressive et une mise en service graduelle des unités, projetée pour juin 2026. Il s’agit, en outre, du complexe STEP/PDH PP à Arzew, pour la production du polypropylène, en plus d’un partenariat entre Sonatrach et la compagnie turque Ronesans pour un autre projet de propylène en Turquie.

Sonatrach étudie des projets liés à la production de plastique et de méthanol

Cela en plus du projet LAB (Linéaire Alkyl Benzène) à Skikda, un complexe pétrochimique majeur de Sonatrach. Avec un investissement de plus de 1 milliard de dollars, le projet réalisé en partenariat avec l’entreprise italienne, Tecnimont, vise la production de 100.000 tonnes par an de LAB, une matière première utilisée dans la fabrication de détergents, importée actuellement à 100 %. Le projet consiste à valoriser le kérosène et le benzène issus de la raffinerie RA1K de Skikda pour produire du LAB biodégradable. La mise en service de cette nouvelle unité, prévue fin 2027, permettra de répondre à la demande locale, encourager la création d’unités nationales de fabrication de détergents et ouvrir des perspectives à l’exportation. Un complexe de production d’Ethylène est également prévu à Skikda, d’une capacité de 850.000 tonnes/an, et qui sera opérationnel fin 2027.

Le groupe Sonatrach continue, par ailleurs, de discuter et d’étudier avec divers partenaires potentiels d’autres projets pétrochimiques liés à la production de plastique et de méthanol. Les projets engagés dans ce segment «auront un impact considérable sur l’économie nationale et constituent une opportunité pour attirer les investissements directs étrangers (IDE), créer des emplois directs et indirects, et encourager les PME, notamment dans la transformation des matières plastiques, en plus d’être des vecteurs de valorisation des hydrocarbures, de satisfaction du marché national en produits pétrochimiques, actuellement importés», selon le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi.

Le président Tebboune a ordonné ce dimanche d’accélérer l’exploitation des importantes capacités dont dispose l’Algérie dans la production des matières premières utilisées dans la fabrication et l’industrie du plastique, afin de réduire les importations. Lors de d’une réunion du Conseil des ministres, le chef de l’Etat a instruit d’intensifier le travail et les efforts dans le domaine de la pétrochimie dans le but de créer un tissu industriel intégré à la hauteur de l’expertise algérienne dans le secteur des hydrocarbures. L’objectif est de permettre à l’Algérie d’occuper une position de leader parmi les pays producteurs de ces matières, notamment l’hélium

Lydia Bouzidi

           

 

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