PME : Nouvel outil d’information et de suivi 

Un arrêté interministériel publié dans le dernier Journal officiel, n°35, fixe les modalités de gestion d’un nouveau système d’information économique dédié aux PME.

Le texte fixe les modalités d’organisation de cet outil, conçu pour collecter, traiter et diffuser les données relatives aux PME, avec l’objectif d’améliorer le suivi de ce segment et d’appuyer la prise de décision publique.

Création d’une commission de coordination et de suivi

La gestion du dispositif a été confiée à l’Agence algérienne de développement de la PME et de promotion de l’innovation, qui devra s’appuyer sur une base de données alimenté par plusieurs organismes et administrations, parmi lesquels les services chargés de l’investissement, des statistiques, du registre du commerce, de la sécurité sociale, du secteur bancaire, de la fiscalité et des douanes.

Le même texte prévoit aussi la création d’une commission de coordination et de suivi chargée d’assurer la circulation de l’information entre les différents secteurs concernés et d’évaluer l’efficacité de cet échange. L’arrêté prévoit en outre la mise en place d’un service numérique sur le site de l’agence, afin de permettre l’accès à l’information aux organismes contributeurs ainsi qu’aux opérateurs économiques. Il prévoit également la publication périodique de données générales sur la situation et l’évolution des PME en Algérie, ce qui donne à ce système une portée qui dépasse le seul cadre administratif. Cette décision revêt un intérêt économique réel, parce qu’elle touche à l’un des points faibles récurrents des politiques publiques en direction des PME : la dispersion de l’information.

Faciliter une lecture globale du tissu entrepreneurial

Jusqu’ici, les données sur les entreprises restaient réparties entre plusieurs structures, ce qui compliquait la construction d’une lecture globale du tissu entrepreneurial et limitait, de fait, la précision des instruments de pilotage. En fait, ce nouveau dispositif devrait permettre aux pouvoirs publics de disposer d’une vision plus cohérente, plus régulière et plus exploitable de l’évolution des PME. En soi, l’enjeu est stratégique. Les petites et moyennes entreprises occupent une place importante dans la dynamique de l’activité, de l’emploi et de l’initiative privée. Mieux mesurer leur nombre, leur répartition, leur évolution ou encore leurs contraintes permet, en théorie, d’orienter, avec davantage d’efficacité, les mécanismes d’appui, d’accompagnement et de financement.

Le principal apport du texte tient ainsi à la volonté de centraliser l’information économique utile à la compréhension de ce segment. Il ne s’agit pas seulement d’accumuler des données, mais de les transformer en outil d’observation et de décision. C’est sur ce point que la mesure peut prendre tout son sens, car l’action publique qui connaît mieux son tissu de PME est mieux armée pour cibler ses politiques, identifier les fragilités, repérer les potentiels sectoriels et suivre les effets concrets de ses dispositifs de soutien.

Un meilleur accès à la donnée

 L’autre intérêt du dispositif réside dans sa dimension intersectorielle. Le fait d’associer, dans l’alimentation du système, des institutions aussi diverses que les services fiscaux, les douanes, les organismes statistiques, les banques ou les structures liées à l’investissement traduit une approche plus transversale de l’entreprise. Cette mise en réseau peut contribuer à réduire les cloisonnements administratifs et à produire, à terme, une lecture plus fidèle de la réalité économique des PME.

La dimension numérique prévue par le texte ajoute également un élément d’importance. En annonçant un service en ligne et la publication périodique d’informations générales, les autorités laissent entrevoir un usage plus ouvert de la donnée économique. Pour les acteurs économiques, pour les observateurs et pour les décideurs, la disponibilité d’indicateurs réguliers sur les PME peut améliorer la lisibilité du secteur et renforcer la qualité du débat sur les politiques d’appui au tissu productif.

Un appui supplémentaire pour affiner l’action des pouvoirs publics en direction des PME

Il faut dire, cependant, que la portée réelle de ce dispositif dépendra, comme souvent, de ses conditions d’application. La régularité de l’alimentation des données, la fluidité de la coordination entre les institutions concernées et la capacité à transformer l’information collectée en outil d’aide à la décision seront déterminantes.

À ce stade, le texte pose surtout un cadre et une intention. S’il est effectivement mis en œuvre dans la durée, il pourra améliorer la connaissance du tissu des PME et offrir aux pouvoirs publics un appui supplémentaire pour affiner leur action en direction d’un segment important de l’économie nationale.

Lyes Mechti

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