Production céréalière dans le Sud : Un rendement de plus de 90 quintaux par hectare

Pour la production céréalière dans le Sud du pays, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, table sur un rendement de plus de 90 quintaux par hectare
Yacine El Mahdi Oualid est revenu, ce mardi lors du forum El Moudjahid, sur les réformes et les perspectives du secteur, notamment en matière de production céréalière, des viandes et de la pêche.
Une série de réformes structurelles pour moderniser le Secteur
«Nous œuvrons actuellement à moderniser le secteur à travers une série de réformes structurelles qui touchent la philosophie des pouvoirs publics dans ce domaine, la politique des subventions notamment», indique-t-il, rappelant que l’agriculture représente 15% au PIB et est classée deuxième en termes de création de richesses après celui des hydrocarbures.
La nouvelle vision du secteur, poursuit Oualid, est d’aller vers une exploitation rationnelle et maximale de chaque hectare agricole et garantir le meilleur rendement possible. «Il faut réellement passer de la théorie à la pratique en prenant en compte le déficit hydrique. Par ailleurs, pour régler la problématique des statistiques dans ce secteur, la numérisation est devenue une nécessité absolue. Tout un programme est conçu dans ce sens pour le développement d’un système d’information unifié qui démarre de la base à la tutelle, touchant tous les maillons de la chaine agricole», dit-il, avant d’évoquer la politique de subvention qui, selon lui, n’a pas atteint les résultats escomptés.
Le choix porté sur les blés qui résistent à la sécheresse
Oualid signale, dans ce contexte, que la subvention ne doit profiter qu’aux producteurs agricoles et à la productivité. Pour ce qui est de a production céréalière, le choix est porté sur la production de blés qui résistent à la sécheresse. Les terres agricoles seront étudiées à partir de cette année pour savoir quels engrais utiliser. Pour ce qui est des moissons, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche indique que jusqu’à 40% de la production céréalière annuelle se perdent en raison notamment des problèmes dans la qualité et dans la maintenance des machines agricoles. «Des efforts ont été déployés cette année dans la machinerie, en distribuant les semences gratuitement, en fournissant 330 machines de haute qualité pour la moisson et en formant 1.300 conducteurs de moissonneuses-batteuses. Des crédits fournisseurs ont été mis à la disposition des agriculteurs, dont les périmètres sont affectés par des maladies pour l’acquisition des produits phytosanitaires et qui seront remboursés après la moisson», rapporte-t-il.
Dans ce sillage, Oualid assure que la présente moisson est exceptionnelle grâce aux efforts en termes phytosanitaire, de périmètres, de machinerie et de rendement qui a atteint dans certaines wilayas du Sud plus de 90 quintaux/hectare. L’autre but sur secteur, est d’augmenter le taux d’intégration en intrants et en semences hybrides. «La production de la semence est importante dans la sécurité alimentaire et représente entre 40 à 50% du coût de la production agricole. D’où l’importance de la banque de la semence, dont le projet est en phase finale. Pour ce qui est des légumineuses, on va distribuer les semences gratuitement pour encourager la production, de même que les semences oléagineuses, dont la production est en hausse d’année en année», affirme-t-il.
Stabilisation des prix des viandes rouges à partir de l’année prochaine
Evoquant les viandes banches, Oualid souligne une grande hausse dans la production bien que la majorité des intrants soient importés. «Nous avons lancé des projets pour les produire progressivement en Algérie. Pour ce qui est des viandes rouges, leurs prix sont élevés pour deux raisons, à savoir la hausse du coût de la production et des aliments de bétail ainsi que des pratiques de spéculation sur ces aliments», relève-t-il. Et de reconnaitre que le secteur est confronté également à une mauvaise santé animalière «qui nous fait perdre des quantités importantes d’ovins». «Nous venons de lancer des campagnes de vaccination pour réduire des maladies comme la fièvre aphteuse», fait-il savoir, relevant que les prix des viandes rouges seront stables à partir de l’année prochaine grâce à une prise en charge sérieuse de la santé animalière, la disponibilité des aliments de bétails à des prix compétitifs et la mise en place de puces sur chaque tête ovine et bovine pour un meilleur suivi.
Un projet de loi est en cours d’élaboration qui prendra en charge l’ensemble de ces facteurs, révèle-t-il. Néanmoins le ministre déplore que la plupart des agriculteurs ne possèdent pas de cartes professionnelles. Sur les 2,3 millions d’agriculteurs, en effet, seuls 500 000 obtiennent une carte d’agriculteur chaque année. Il a rappelé, toujours dans ce registre, que désormais le statut d’agriculteur est lié à l’activité agricole et non à la terre. Interrogé sur la production halieutique, il a annoncé une hausse qui atteindra les 20 000 tonnes l’année prochaine.
Farida Belkhiri