Protection des examens officiels : Une approche préventive et répressive

Une approche préventive et répressive est adoptée pour la protection des examens officiels.
Dans le cadre des efforts visant à préserver l’intégrité des examens officiels et à lutter contre les différentes formes de fraude et de manipulation, une journée d’étude intitulée «La protection pénale de la probité des examens finaux de l’enseignement moyen et secondaire entre approche préventive et répressive» est organisée, lundi, par la Cour d’Alger.
Préserver la crédibilité des examens nationaux
À cette occasion, le président de la Cour d’Alger, Mohamed Bouderbala, insiste sur l’importance de préserver la crédibilité des examens nationaux face aux nouvelles formes de fraude liées aux technologies modernes. Il souligne que «le choix de cette période pour organiser cette rencontre n’est pas fortuit», expliquant que cette initiative traduit «une prise de conscience institutionnelle croissante» autour de la nécessité de protéger l’intégrité des examens. Selon lui, cette question dépasse désormais le simple cadre administratif pour devenir «un enjeu directement lié à la confiance de la société dans l’école et à la crédibilité du diplôme national».
Pour le président de la Cour d’Alger, l’examen représente bien plus qu’une simple épreuve académique. «L’examen est un pacte de confiance entre l’État et la société», affirme-t-il, précisant que c’est à travers lui que «se mesure le mérite, s’ouvrent les perspectives d’avenir et se construisent les compétences». Dans ce sens, toute atteinte à la probité des examens «porte atteinte à la confiance collective dans le principe même du mérite», fait-il remarquer.
Ancrage de la culture du mérite et renforcement des valeurs morales
Abordant l’évolution des formes de fraude, Mohamed Bouderbala indique que «le développement technologique accéléré a engendré des formes inédites et complexes de criminalité». Il évoque notamment «les fuites de sujets, l’usurpation d’identité des candidats et l’exploitation des moyens de communication numériques pour perturber le déroulement normal des examens». Pour lui, ces pratiques constituent aujourd’hui «une véritable menace pour la sécurité scientifique de l’État et de la société». Selon lui, la fraude crée un sentiment d’injustice chez les étudiants méritants qui croient au travail et à l’effort. «Il ne peut y avoir de progrès sans compétence, ni de compétence sans mérite», insiste-t-il. Dans ce contexte, il rappelle le rôle du législateur algérien à travers la loi 20-06 modifiant et complétant le Code pénal. Ce texte, explique-t-il, «ne vise pas uniquement à alourdir les sanctions», mais affirme clairement que «l’intégrité des examens constitue désormais un intérêt fondamental que l’État protège pénalement».
Pour lui, la réponse de l’État ne peut toutefois se limiter à la seule répression. «La lutte contre ces infractions repose également sur la prévention, la sensibilisation et la construction d’une conscience collective», estime-t-il. C’est pourquoi, poursuit-il, «la véritable lutte contre la fraude commence bien avant l’examen, à travers l’ancrage de la culture du mérite et le renforcement des valeurs morales». La journée d’étude réunit, en effet, magistrats, représentants des services de sécurité, spécialistes des crimes liés aux technologies de l’information, responsables du secteur de l’éducation, universitaires ainsi que représentants des associations de parents d’élèves. «La protection des examens nationaux n’est plus la responsabilité d’un seul secteur, mais celle de l’État et de la société tout entière», déclare-t-il.
Assia Boucetta