RENOUER LE FIL DU DIALOGUE , OUI… MAIS

Renouer le fil du dialogue, oui… mais… La ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées est reçu par le président Tebboune et le général d’armée Saïd Chanegriha.

La ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées et des Anciens combattants est reçue samedi par le président Tebboune et par le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire.

Par Farah Chibane

La visite de Mme Alice Rufo, qui est la deuxième membre du gouvernement français à se rendre en Algérie en moins de 3 mois, après le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, mi-février, à la tête d’une délégation de haut niveau, n’est pas anodine. À plus forte raison qu’elle était porteuse d’un message du président français, Emmanuel Macron, au président Tebboune, et qu’elle était accompagnée de l’ambassadeur de France en Algérie, qui signe ainsi son retour à Alger près d’un an après avoir été rappelé à Paris lors d’un pic de tensions entre les deux pays.

Il n’en fallait pas plus pour que les observateurs des relations algéro-françaises relèvent l’importance de ce déplacement programmé à l’occasion de la commémoration des massacres du 8 Mai 1945, même s’il est encore trop tôt pour affirmer que cette visite consacre le réchauffement attendu entre les deux pays. Il suffit, pour cela, de se rappeler que la visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été suivie d’une escalade. Certes, l’Élysée a annoncé que la visite de Mme Rufo visait à «nouer des relations confiantes et prometteuses» et à «restaurer un dialogue efficace» avec Alger.

L’Algérie remet les choses dans leur contexte

L’intention suffira-t-elle pour ouvrir cette nouvelle ère et relancer les relations bilatérales avec l’Algérie, ce que Paris semble souhaiter ardemment? Le temps le dira. À l’issue de son audience avec le président Tebboune, qui a duré deux heures, la ministre déléguée a déclaré avoir «discuté de pistes pour que les mois qui viennent soient des mois utiles aux intérêts» des deux pays. Il y a lieu de rappeler que peu de temps s’est écoulé entre la visite de Mme Alice Rufo et celle effectuée dernièrement par le président du Medef.

Des visites intervenues dans le sillage de celle effectuée par Mme Ségolène Royal, qui avait plaidé pour l’apaisement. Ceci pour rappeler que le processus de normalisation des relations entre les deux pays a été enclenché depuis plusieurs mois. Pour autant, l’Algérie n’a pas manqué, une nouvelle fois, de remettre les choses dans leur contexte.

Preuve en est, dans son allocution à l’entame de l’audience accordée à Mme Rufo, en présence des membres de la délégation qui l’accompagnaient, le chef d’état-major de l’ANP tient à adresser quelques messages qui, à coup sûr, seront perçus comme il se doit de l’autre côté de la Méditerranée.

Ainsi, il déclare que si cette visite est «à même d’insuffler une nouvelle dynamique aux relations de coopération entre les deux pays», il n’en reste pas moins qu’il «incombe aux deux pays d’œuvrer conjointement pour dépasser les séquelles du passé colonial tragique, sans pour autant l’oublier, et aspirer à un avenir fondé sur le respect mutuel, tout en œuvrant ensemble à la concrétisation des intérêts communs et au relèvement des défis des transformations accélérées que connaissent les scènes régionale et internationale».

Dans un autre registre, cette visite, qui pourrait consacrer le dégel des relations et reléguer la crise diplomatique entre les deux pays au passé, doit aussi être suivie de gestes de la part de Paris afin de prouver sa bonne foi et sa volonté réelle d’ouvrir une nouvelle page.

F. C.

 

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