Sonelgaz, une référence pour la coopération Sud-Sud

Le groupe public Sonelgaz a lancé deux projets de centrales électriques au Tchad, au Niger.
Avec le lancement récent de ces deux projets de centrales électriques au Tchad, au Niger, et le renforcement du transfert d’expertise et d’ingénierie au profit de plusieurs pays (Sénégal, Guinée-Bissau, Gambie, Cap-Vert, Bénin, Mozambique…), le groupe public Sonelgaz se montre comme un exemple de la coopération Sud-Sud.
Sonelgaz 3e plus grand producteur africain d’électricité
Classé récemment par la plateforme économique panafricaine «Business insider Africa» comme étant le 3e plus grand producteur africain d’électricité, Sonelgaz, a accéléré ces derniers jours les démarches visant le renforcement de sa présence en Afrique, notamment à travers la réalisation de deux centrales de production d’électricité, d’une capacité de 40 mégawatts chacune, à N’Djamena et à Niamey. Le groupe qui est en train de se déployer massivement en Afrique, affirme ainsi son rôle pivot dans la mise en œuvre de la politique énergétique nationale en matière d’accès aux marchés extérieurs, consolidant la position du pays en tant que partenaire énergétique fiable, et contribuant à la sécurité énergétique et au développement durable du continent qui figurent au centre des préoccupations du président Tebboune.
Supervisant la signature, jeudi dernier, avec son homologue tchadien, de l’accord portant réalisation par Sonelgaz d’une centrale électrique à N’Djamena, le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal a indiqué que l’étude technique relative à la réalisation de cette centrale avait été finalisée, soulignant que les deux parties sont prêtes à passer à l’étape d’exportation des équipements, en prévision de la pose de la première pierre du projet.
L’Algérie,« une véritable référence » pour plusieurs pays africains
Le président-directeur général (PDG) de la société Sonelgaz international, Yazid Djellouli, a précisé que cette centrale sera « algérienne à 100% » en termes de réalisation, d’équipements et de main-d’œuvre. Pour le ministre tchadien de l’Eau et de l’Energie, Passalé Kanabé Marcelin, la réalisation de la centrale électrique constitue « un jalon historique » dans le cadre de la coopération Sud-Sud et une étape importante dans le processus des relations algéro-tchadiennes. L’officiel tchadien a surtout exprimé sa gratitude au président de la République pour son soutien au Tchad et son accompagnement dans le domaine de l’énergie, estimant que l’Algérie est devenue « une véritable référence » pour plusieurs pays africains, particulièrement en matière d’électricité, au regard de ses capacités de production.
Moins de deux mois auparavant, le 24 mars, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, avait procédé à Niamey, en compagnie de son homologue nigérien, à la pose de la première pierre du projet de création d’une centrale électrique «de solidarité» algéro-nigérienne, visant à soutenir le réseau électrique du Niger et à répondre à ses besoins en énergie pour les usages domestique et industriel, un projet également décidé et lancé sur instruction du président de la République. Le projet prévoit également le développement du réseau de transport et de distribution d’électricité dans le cadre du partenariat entre Sonelaz et la Société nigérienne d’électricité (Nigelec), favorisant ainsi l’échange d’expertises techniques et le soutien à l’intégration régionale dans le secteur énergétique.
Un leader énergétique
En février, une délégation d’experts de Sonelgaz, conduite par le Directeur général de la filiale ingénierie, avait effectué une visite de travail en Mozambique, en vue de transférer l’expertise algérienne en matière de production d’électricité et d’ingénierie énergétique. Et durant le même mois, le ministre mauritanien de l’Energie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, s’est rendu en Algérie pour prendre connaissance de l’expertise algérienne et échanger sur les perspectives de coopération entre les deux pays, notamment en matière d’accompagnement de la Société mauritanienne SOMELEC pour développer son réseau de transport d’électricité et mettre à profit l’expertise algérienne en ingénierie.
L’Algérie se positionne de plus en plus comme partenaire énergétique clé de l’Afrique. En 2025, des discussions ont été entamées entre Sonelgaz et la Commissaire aux infrastructures et à l’énergie de l’Union africaine (UA), Lerato Mataboge, afin d’examiner les moyens et les perspectives de coopération bilatérale, notamment le soutien à l’expansion de Sonelgaz en Afrique, en tant «qu’opérateur énergétique leader dans la région».
L’UA veut bénéficier de l’expertise de Sonelgaz
L’intérêt de l’UA à bénéficier de l’expertise de Sonelgaz et de son potentiel dans le domaine de l’énergie, au regard des besoins croissants des pays africains, notamment en matière d’électricité, a été alors affiché, en insistant sur la nécessité de relancer la coopération entre le groupe et le Département des infrastructures et de l’énergie (DIE) de la Commission de l’UA pour l’approvisionnement des pays africains en énergie. Pour beaucoup d’observateurs, la création, en mars dernier, de la nouvelle société Sonelgaz -Internationale, dans le cadre de la mise en œuvre des hautes orientations du président de la République, devrait conférer à l’Algérie un rôle énergétique de premier plan à l’international, en confortant sa position de hub au niveau des marchés africain et européen.
Cette filiale a été chargée de développer les activités du groupe hors des frontières nationales, à travers l’exploration et l’exploitation des opportunités d’investissement et de coopération, notamment sur les marchés africains et en Méditerranée, avec pour objectif la conclusion de partenariats stratégiques et la fourniture de services à forte valeur ajoutée, incluant études d’ingénierie, réalisation, exploitation, maintenance, transfert de savoir-faire et formation. Depuis sa création, Sonelgaz-Internationale a reçu plusieurs demandes émanant de pays africains concernant des projets de travaux dans les domaines de l’énergie et des infrastructures connexes, a indiqué récemment son PDG.
Lydia Bouzidi