Un séminaire sur les zones d’activités à Tizi Ouzou

Un séminaire est organisé, ce mercredi à Tizi Ouzou, sur les zones d’activités.

«Les zones d’activités économiques de la wilaya de Tizi Ouzou : enjeux défis et perspectives de développement économique et territorial», tel est le thème de ce séminaire hybride organisé par la faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion, le laboratoire Développement, Economie, Finance et Institutions (DEFI), en partenariat avec la chambre de commerce et d’industrie «DJURDJURA de Tizi Ouzou» de l’Université Mouloud Mammeri.

Rendre ces zones d’activités plus attractives

Un séminaire au cours desquels de nombreux sujets ont été abordés tant par les gestionnaires de ce dossier (Direction de l’industrie de la wilaya, la commission des investissements de l’APW de Tizi Ouzou, DIVINDUS de Tizi Ouzou, l’Agence algérienne de la promotion de l’investissement de Tizi Ouzou, la chambre de commerce et d’industrie Djurdjura de Tizi Ouzou). La présidente de ce séminaire, Mme Akkache-Maacha Dehbia, est revenue dans son intervention sur la contribution des zones d’activités au développement local. Elle nous a indiqué que l’objectif de ce séminaire est qu’à travers «les expériences des uns et des autres des intervenants et les recommandations qui en découleront de cette rencontre, on se doit de trouver les voies et les moyens de rendre ces zones plus attractives et surtout plus performantes par la levée de tous les obstacles auxquels elles sont confrontées depuis longtemps».

Contraintes souvent récurrentes et maintes fois soulevées, comme l’absence de viabilisation, de branchements aux réseaux d’alimentation en eau, énergies électrique et gazière, en téléphonie et en connexion avec les principaux axes routiers. La présidente du séminaire nous apprendra aussi que le potentiel de la wilaya en zones d’activités est en régression. «En 1992, la wilaya comptait 25 zones d’activité. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 18», a-t-elle révélé. Mieux sur les 18 zones d’activités que compte la wilaya, 07 d’entre elles sont dépourvues de toutes les viabilités, où sont localisés dans le cadre de la concession, plus de 100 projets ayant mobilisé une superficie totale de près de  90 Ha.

«Certaines zones d’activités sont devenues de véritables décharges»

Mme Akkache-Maacha Dehbia a aussi rappelé que «les zones d’activités doivent être un moteur de développement et de création d’emplois. Mais concrètement  sur le terrain, plusieurs espaces ont progressivement perdu leur rôle économique». Selon elle, «certaines zones ont disparu tandis que d’autres ne remplissent plus leur fonction industrielle initiale. Cette situation reflète les difficultés accumulées depuis plusieurs années autour du foncier économique». Avant de mettre en exergue le manque de terrains aménagés «qui continue notamment de freiner les investisseurs. Plusieurs opérateurs économiques se heurtent encore à des obstacles administratifs et à l’absence de nouvelles assiettes foncières destinées à l’investissement».

Si bien qu’elle pense que la solution, comme envisager par la wilaya, pourrait passer par «la création de micro-zones d’activité afin d’offrir de nouveaux espaces aux petites entreprises et aux porteurs de projets locaux. Mieux elles pourraient ouvrir des perspectives pour les initiatives locales et favoriser la création d’emplois», a expliqué encore la professeure écœurée qu’elle est de voir «certaines zones devenues de véritables décharges», en citant l’exemple de la zone d’activité de Tizi Ghenif «devenue une véritable décharge». Elle déplore aussi que de nombreuses zones ont même perdu de leur vocation initiale «en l’absence de contrôle et de suivi, outre qu’ils soient devenus des décharges, d’autres espaces ont carrément perdu leur vocation industrielle. À Mekla et à Tala-Athman, pour ne citer que ces exemples, certaines zones ont progressivement été transformées en espaces d’habitation».

13 milliards injectés dans la réhabilitation de ces zones d’activités

Alors qu’à contrario, d’autres investisseurs peinent à développer et à étendre leurs activités faute de foncier pour leur extension : «Il y a des opérateurs dont l’activité se développe très bien qui se retrouvent quelque peu brider dans leurs ambitions en l’absence d’espaces supplémentaires pour le faire. Malheureusement, cela reste impossible aujourd’hui faute de foncier disponible». «Cette situation ralentit directement le développement des entreprises locales et limite les capacités de création d’emplois dans la région», déplore-t-elle une nouvelle fois. Si bien que pour elle, «ces transformations illustrent les limites de la gestion actuelle du foncier industriel dans la wilaya».

Mme Akkache-Maacha Dehbia soutient, par ailleurs, que les 13 milliards injectés dans la réhabilitation de ces zones «ne peuvent avoir d’effets concrets si la question du contrôle, qui reste essentielle, ne tient pas compte des mécanismes de gestion rigoureux. Faute de quoi, les mêmes dysfonctionnements risquent de se reproduire». Elle insiste sur la nécessité de protéger durablement le foncier industriel existant : «ces espaces doivent rester destinés à la production et à l’investissement». C’est pourquoi pour elle, ce séminaire s’est aussi fixé comme objectif «de réfléchir ensemble à des solutions concrètes pour relancer ces espaces».

Rachid Hammoutène

 

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