Bouamama: La presse au cœur de la réussite du scrutin

La presse est au cœur de la réussite du scrutin des législatives du 2 juillet en Algérie, relève le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, samedi à Alger.
En marge de la cérémonie de tirage au sort pour la répartition du temps d’antenne des candidats aux élections législatives sur les médias publics, organisée hier au Centre international des conférences à Alger, le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, insiste sur le rôle central des journalistes dans la réussite du scrutin, les appelant à faire preuve de neutralité, d’objectivité et de rigueur face aux défis de l’information numérique et de l’intelligence artificielle.
«Nous sommes tous concernés par la réussite du processus électoral»
S’adressant aux professionnels des médias, le ministre rappelle la responsabilité qui incombe à la presse dans le processus électoral. «Nous sommes tous concernés par la réussite du processus électoral, mais nous ne sommes pas concernés par celui qui réussit, ce choix étant laissé à la décision des électeurs algériens», affirme-t-il, précisant que les médias constituent le pont entre les candidats et les électeurs durant les vingt jours de campagne.
Le ministre souligne que la mission des journalistes ne se limite pas à la simple transmission de l’information. «Les médias sont responsables de transmettre l’information avec précision, de fournir l’information complète et en temps utile au citoyen électeur», explique-t-il, ajoutant que les professionnels doivent «expliquer, analyser et mettre en confrontation les candidats avec les réalités de ce qu’ils disent et promettent, ainsi qu’avec les chiffres qu’ils avancent».
Zoheir Bouamama appelle également les journalistes à la vigilance dans le choix des termes et des expressions utilisés dans leurs reportages et commentaires. «Votre commentaire ne doit pas être un jugement, ni en faveur de tel camp ni contre tel autre», précise-t-il, rappelant que «le jugement final reviendra aux Algériens, à l’électeur algérien qui, le jour du vote, déposera son bulletin et dira ‘qui est le plus digne de me représenter à la prochaine Assemblée populaire nationale’».
Évoquant les préparatifs du scrutin, le ministre se félicite du caractère innovant de la procédure de tirage au sort et de la signature de la charte d’honneur des pratiques concernées. «L’élection n’est pas une bataille, l’élection est une compétition loyale et honnête», déclare-t-il, soulignant que la démocratie, choix irréversible de l’Algérie, institutionnalise la compétition pacifique pour le pouvoir. Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de la participation citoyenne. «L’élection ne signifie pas seulement que vous choisissez celui qui vous représente, l’élection signifie que vous décidez de votre destin, que vous participez à la prise de décision à la détermination des prochaines politiques publiques», affirme-t-il.
Risques de manipulation
Face aux défis posés par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, Zoheir Bouamama met en garde contre les risques de manipulation de l’opinion publique. «Votre responsabilité est grande dans la vérification et l’examen de l’information avant de la réécrire ou de la présenter, car la désinformation et la tromperie médiatique entrent par cette porte», souligne-t-il, exhortant les journalistes à «vérifier, s’assurer et recouper l’information» avant de la diffuser. Le ministre a réitéré sa confiance dans les journalistes et les institutions médiatiques, les assurant que l’État compte sur leur professionnalisme pour accompagner les électeurs jusqu’au jour du scrutin, afin de permettre aux Algériens de se rendre massivement aux urnes et de doter le pays d’institutions parlementaires fortes.
Par ailleurs, le ministre souligne l’existence d’une large frange d’électeurs indécis qui n’ont pas encore arrêté leur choix. Il insiste sur le fait que ces citoyens ont besoin d’être éclairés par une couverture médiatique comparative des offres électorales, afin qu’ils puissent exercer pleinement leur souveraineté populaire en connaissance de cause.
Bouamama rappelle les missions fondamentales dévolues à la prochaine Assemblée populaire nationale, à savoir «la mission de représentation, de législation et de contrôle de l’action gouvernementale». Il explique que la participation massive des citoyens aux urnes constitue le moyen privilégié pour renforcer ces institutions. Le ministre conclut en affirmant que «notre mission en tant qu’État est de contribuer à la consolidation du parcours démocratique en permettant au peuple algérien d’élire ceux qu’il juge au niveau d’assumer ces responsabilités».
Karima Alloun