Des chanteurs montrent la «voix» aux Verts

Cette fois ci encore, des chanteurs montrent la «voix» aux Verts qui participent au Mondial 2026.

Fidèles à une tradition profondément ancrée dans la culture populaire, chanteurs, groupes musicaux et créateurs de contenus continuent d’apporter leur soutien aux Verts à travers des œuvres inédites destinées à galvaniser les joueurs et à entretenir la passion des millions de supporters algériens.

«One, two, thee, viva l’Algérie», refrain immortel

Dans l’univers du football, la chanson a toujours occupé une place particulière dans le cœur des fans. Source de motivation, avant les grandes échéances, symbole de reconnaissance après les exploits ou simple expression de ferveur populaire, elle accompagne, depuis toujours, les moments forts du sport-roi. Les hymnes, refrains et chants de supporters font ainsi partie intégrante de l’histoire des équipes nationales à travers le monde. L’Algérie ne déroge pas à cette tradition. Au-delà des rivalités qui animent les compétitions nationales, un même sentiment rassemble les Algériens lorsqu’il s’agit de soutenir l’équipe nationale.

Depuis plusieurs décennies, slogans, chansons, clips et autres productions artistiques accompagnent le parcours des Verts et témoignent de l’attachement du public à ses représentants. Parmi les expressions les plus emblématiques figure, sans doute, le célèbre «One, two, three, viva l’Algérie». Né dans les gradins et popularisé au fil des années, ce slogan est devenu un véritable marqueur de l’identité des supporters algériens. Son origine demeure sujette à plusieurs versions, certains la situant dans les années 1950, d’autres dans les décennies suivantes, mais son impact, lui, ne fait aucun doute.

El Bahara puis Rabah Driassa avaient déblayé le terrain

Au fil du temps, de nombreux artistes ont choisi de donner une dimension plus officielle à cet élan populaire, en consacrant des chansons dédiées à l’équipe nationale. L’un des exemples les plus marquants reste celui du groupe El Bahara, emmené par Sadek Djemaâoui. Avec «Djibouha yalouled», le groupe a immortalisé la qualification historique de l’Algérie à la Coupe du monde 1982 en Espagne. Plus de quatre décennies après sa sortie, ce titre continue de résonner dans les stades et lors des rassemblements populaires, au point d’avoir dépassé les frontières nationales pour être repris dans plusieurs pays de la région.

Quatre ans plus tard, à l’occasion de la qualification des Verts au Mondial 1986, au Mexique, Rabah Driassa apportait lui aussi sa contribution au patrimoine footballistique national. Son titre «Ya fariqqaouem Allah Ikounmaâk» a marqué toute une génération grâce à une composition inspirée des sonorités mexicaines, en référence au pays hôte de la compétition. Une manière originale d’accompagner les ambitions d’une sélection qui s’installait alors parmi les nations africaines les plus respectées. Depuis, chaque grande performance des Fennecs a suscité son lot de créations artistiques. Des qualifications aux Coupes du monde 2010 en Afrique du Sud et 2014 au Brésil, jusqu’au sacre continental historique lors de la CAN 2019 en Égypte, les artistes algériens ont multiplié les chansons et clips célébrant les exploits de la sélection nationale. Certaines œuvres ont connu un succès populaire immédiat, tandis que d’autres sont devenues de véritables références dans la mémoire collective.

La diversité des styles musicaux au service des Fennecs

À l’occasion du Mondial 2026, cet élan artistique ne faiblit pas. Parmi les productions les plus récentes et les plus relayées sur les plateformes numériques, plusieurs artistes ont choisi de mettre leur talent au service de la sélection nationale. À travers des styles musicaux variés, allant du raï à la chanson populaire, en passant par les sonorités urbaines, tous partagent le même objectif : porter haut les couleurs nationales et accompagner les Verts dans leur quête d’un nouvel exploit mondial. Ainsi, DJ KIM s’est illustré avec «123 Algeria», un titre qui reprend l’un des slogans les plus emblématiques du supporter algérien. Dans le même registre, Sasuke algérien a marqué sa présence avec «L’Algérie bladi sakna fi kalbi», une déclaration d’amour au pays, mais également avec «One, two, three, viva l’Algérie» inspiré de l’imaginaire collectif des tribunes.

D’autres artistes ont préféré mettre en avant la dimension patriotique du soutien à l’équipe nationale. C’est notamment le cas de Himo avec «Nrabhouhom», un titre empreint d’optimisme et de détermination, ou encore de Kader Tirigo avec «Équipe nationale» qui rend hommage aux représentants du football algérien. Dans le même esprit, Imad Bensalem a consacré une œuvre entière au onze national à travers «Oughniyatel mountakhabel watani El Djazaïri», tandis que plusieurs compilations et productions collectives continuent de circuler sous le même thème.

Les duos occupent une place importante dans le répertoire dédié aux Verts

Les duos et collaborations occupent également une place importante dans ce répertoire dédié aux Verts. Cheba Kheira et Cheb Abbes ont ainsi signé «La victoire», une chanson célébrant les succès de l’équipe nationale. Faycel Sghir, accompagné de Djallil Palermo, a proposé «Zidoulna yal’Khadra», un appel à poursuivre les exploits et à faire rêver davantage les supporters. La jeune génération d’artistes n’est pas en reste. Cheba Sihem et Bilal Milano ont uni leurs voix dans «123 viva l’Algérie», alors que Bilal Milano a également porté seul les couleurs nationales avec «Cheykbir yal’Khadra».

Des titres qui connaissent un large écho sur les réseaux sociaux et lors des rassemblements de supporters. Le phénomène ne se limite pas aux chanteurs professionnels. Certains groupes de supporters ont eux aussi contribué à enrichir le patrimoine musical lié à l’équipe nationale. Le groupe Lhouna, à travers ses chants repris dans les stades, participe à l’animation des tribunes et à la création de cette ambiance particulière qui accompagne les rencontres des Verts à domicile comme à l’extérieur.

Plateformes numériques et réseaux sociaux inondés

D’autres chansons continuent de marquer les différentes générations de supporters. Cheb Sofiane Asla a ainsi dédié son titre «Coupe du monde» au rêve mondialiste de l’Algérie, tandis que Mouh Milano et Zanga Crazy ont choisi une approche plus continentale avec «Mama Africa», célébrant à la fois les racines africaines de la sélection et ses ambitions sur la scène internationale. De son côté, DJAM a proposé «El baloun idour», une chanson inspirée de l’univers du ballon rond et de ses émotions. La liste est loin d’être exhaustive. Mahfoud et Sonia, avec «123 viva l’Algérie», tout comme plusieurs autres artistes dont les œuvres continuent d’être diffusées et inondent les plateformes numériques et les réseaux sociaux, témoignent de l’attachement du monde artistique à l’équipe nationale.

Chaque génération apporte ainsi sa pierre à l’édifice en réinventant les chants de soutien et en adaptant les codes musicaux au goût du moment. À l’heure où les Verts s’apprêtent à entamer le Mondial 2026 face à l’Argentine, cette mobilisation artistique traduit l’union qui se crée autour de la sélection nationale. Plus que de simples chansons, ces œuvres constituent un patrimoine populaire qui accompagne les joies, les espoirs et parfois les déceptions de tout un peuple. Elles rappellent surtout que lorsqu’il s’agit de soutenir l’Algérie, artistes comme supporters parlent d’une seule voix pour encourager les Verts à écrire une nouvelle page de l’histoire du football national.

Khaled H.

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