Détection en temps réel de tout téléphone activé dans les centres d’examen

La détection en temps réel de tout téléphone activé dans les centres d’examen du BAC est désormais possible, annonce samedi Mohamed Seghir Sadaoui.
À la veille des épreuves, dont le coup d’envoi sera donné demain dimanche à partir de Tizi Ouzou, le ministre de l’Éducation nationale avertit en direct sur l’ENTV, juste après le JT de 20h : «tout téléphone activé dans un centre d’examen est immédiatement localisé». Les dispositifs numériques déployés au niveau central localisent l’appareil, identifient le centre, repèrent le candidat, instantanément, sur l’ensemble des 2.973 centres d’examen répartis à travers le territoire national. Pas un angle mort. Pas une exception.
Pris en flagrant délit
Photographier un sujet, l’expédier sur WhatsApp, et c’est terminé. Ce geste, que certains candidats ont longtemps considéré comme anodin, est aux yeux de la loi une infraction pénale. Les sanctions sont fermes : Exclusion immédiate de l’examen. Convocation devant la justice. Le ministre ne laisse planer aucune ambiguïté.
Avant même d’atteindre la salle d’examen, le candidat passe selon le ministre, sous détecteur de métaux. Une cellule d’accueil dédiée collecte les téléphones des candidats, surveillants, personnel administratif, sans exception. L’appareil est restitué à la sortie. La règle s’applique avec la même rigueur dans chacun des 2.973 centres. Sans dérogation, sans accommodement.
Prévenir plutôt que sanctionner
Sadaoui précise que le but n’est pas de piéger, mais plutôt de prévenir. Il rappelle, dans ce sillage, que le ministère a déployé une campagne de sensibilisation à grande échelle, soit sur les réseaux sociaux, site institutionnel, directions de l’éducation dans les wilayas, séminaires organisés au sein des juridictions locales. Candidats, enseignants, équipes administratives, personne n’a été mis à l’écart du message. Les cas de triche sont, selon le ministre en recul. «C’est le signe tangible d’une conscience collective qui progresse», souligne-t-il, précisant qu’il mesure lui-même les résultats, pour pouvoir affiner sa stratégie au fil de la session.
Plus de 876.201 candidats vont passer les épreuves, dont 588.615 scolarisés, 287.665 libres, et 7.133 détenus d’établissements pénitentiaires. «Tous logés à la même enseigne, soumis aux mêmes conditions, avec le même droit à une chance équitable», précise-t-il encore. Toute la procédure d’inscription a été entièrement dématérialisée, affirme Sadaoui. Il déclarera: «zéro papier, paiement des droits en ligne, convocations numériques précisant heure et salle d’affectation».
La confiance, en dernier recours
Dans les intervalles des épreuves, les candidats ne seront pas livrés à eux-mêmes. Mosquées ouvertes par le ministère des Affaires religieuses, maisons de jeunes mobilisées par le ministère de la Jeunesse, établissements scolaires voisins mis à disposition, tout a été pensé pour offrir un espace de repos et de sérénité entre les matinées et les après-midis. Les ministères du Commerce et de l’Intérieur ont été associés au dispositif pour garantir l’approvisionnement en eau et en produits de première nécessité.
Le dispositif est en place. La loi est claire. Mais Sadaoui choisit de conclure: «Nous ne voulons pas qu’un seul de nos enfants soit exclu ou se retrouve devant la justice. Nous leur souhaitons de réussir, de rendre leurs familles heureuses». L’arsenal technologique est déployé. La sanction est prête. Sadaoui mise pourtant, en dernier recours, sur quelque chose que nul équipement ne peut remplacer : «la conscience d’une génération capable de se battre avec ses seuls acquis».
Samira Azzegag