Epreuve de nerfs pour les automobilistes à Oum El Bouaghi

Épreuve de nerfs pour les automobilistes: entre embouteillages chroniques, transports anarchiques et parkings informels, la wilaya d’Oum El Bouaghi étouffe.

Et les automobilistes ne savent plus à quel saint se vouer. Notamment aux heures de pointe marquées par un flux plus dense. C’est le constat d’un surplace qui exaspère. À Oum El Bouaghi, le quotidien des usagers de la route s’est transformé en une épreuve de nerfs renouvelée matin et soir. Dans les grands centres urbains de la wilaya, et plus particulièrement au chef-lieu, la circulation automobile n’obéit plus à aucune règle. Aux principaux carrefours, le paysage urbain se sature, les visages se crispent et les altercations entre automobilistes deviennent la norme d’un trafic routier en état de mort clinique.

Un plan de circulation qui se fait attendre

​Pourtant, les solutions existent. L’étude du plan de circulation de la wilaya, lancée en 2025 et confiée à un bureau d’études spécialisé, affiche un taux d’avancement de 90%. Mais entre les promesses des rapports techniques et la dure réalité du bitume, le fossé reste abyssal.

Cette feuille de route, qui devrait être théoriquement réceptionnée au cours de l’année 2026, se fait cruellement attendre sur le terrain pour une wilaya dont la promotion administrative remonte pourtant à plus d’un demi-siècle. Un paradoxe qui en dit long sur les lenteurs bureaucratiques.

Transports en déroute et semi-remorques envahissants

En l’absence d’un contrôle rigoureux des services concernés, le secteur des transports s’enfonce dans une indiscipline caractérisée. Au mépris de la sécurité routière, des bus de transport de voyageurs s’octroient le droit de stationner en pleine voie, improvisant des arrêts sauvages au gré des flux de passagers. À Aïn Fakroun, daïra stratégique située à 25 kilomètres à l’ouest du chef-lieu, le tableau frôle le désespoir : des véhicules d’un autre âge, notamment de type J5 et J9 dans un état de délabrement avancé, continuent d’assurer le transport urbain dans une anarchie totale.

​Cette défaillance structurelle est aggravée par le ballet incessant des semi-remorques. Chargés de matériaux de construction, ces mastodontes de la route transitent librement, aux heures de pointe, au cœur même des quartiers résidentiels et des cités, transformant les artères urbaines en décharges à ciel ouvert, sans la moindre signalisation réglementaire. Au carrefour de l’avenue Houari Boumediène, axe névralgique à proximité de la mosquée Okba Ibn Nafaâ et d’Algérie Télécom, le goulot d’étranglement est permanent, atteignant son paroxysme à la mi-journée et dès 16h30. Les feux tricolores, là où ils existent, semblent dérisoires face à la marée automobile.Pour ne rien arranger à ce marasme, le domaine public est pris en otage. La majorité des espaces adjacents aux sièges des institutions officielles, des daïras et des municipalités sont tombés entre les mains de «pseudo-parkingueurs». Ces derniers, s’imposant en maîtres du trottoir, exigent le paiement du stationnement sans aucune autorisation légale ni document officiel. Une forme de racket urbain qui se déploie au vu et au su de tous.

​L’espoir de voir le bout du tunnel repose, désormais, sur le lancement imminent des plans de circulation spécifiques à Aïn Fakroun et Aïn Beïda. Une enveloppe financière de 1,5 milliard de centimes devrait être dégagée pour insuffler une nouvelle dynamique et éradiquer ces «points noirs» qui asphyxient l’économie locale. Pour les habitants de ces cités à forte vocation commerciale, l’urgence n’est plus à l’étude, elle est à l’action. Car à Oum El Bouaghi, le bitume ne peut plus attendre.

B.Yacine

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