Exportations hors hydrocarbures: Le «Made in Algeria» gagne du terrain à l’international

Les exportations hors hydrocarbures franchissent un nouveau cap en Algérie. Le «Made in Algeria» gagne du terrain à l’international.

Les exportations hors hydrocarbures sont en augmentation grâce aux contrats signés en Mauritanie, en Espagne et en Tunisie, à l’intérêt croissant pour les produits algériens et à une nouvelle génération d’opérateurs tournée vers les marchés extérieurs.

Une vision beaucoup plus orientée vers l’export

La participation algérienne aux manifestations économiques régionales et internationales a pris une toute autre allure : plus offensive, plus ciblée, plus déterminée. Le temps de la courtoisie diplomatique est révolu. Place au concret. Pour le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL), Tarek Boulmerka, cette dynamique témoigne d’un changement profond des mentalités, même si les contraintes logistiques continuent de freiner l’élan des entreprises nationales. Habitué des foires et salons aux quatre coins du monde, il revient de plusieurs missions à l’étranger (Espagne, Mauritanie et Tunisie) avec un bilan qu’il qualifie lui-même de positif, sans pour autant verser dans l’autosatisfaction.

«D’après notre participation aux salons nationaux et internationaux, il y a eu un grand changement», dit-il d’emblée. «La vision est désormais beaucoup plus orientée vers l’export. Cela a encouragé les gens à produire, et surtout à produire quelque chose de qualité, pour pouvoir au minimum conquérir le marché national avant de viser d’autres marchés à l’international.» Ce qu’il décrit est un véritable changement de mentalité chez les opérateurs économiques algériens. Pendant longtemps, produire pour exporter relevait davantage du défi que d’une réelle perspective de développement. Aujourd’hui, cette ambition est devenue plus concrète, portée par des résultats tangibles qui renforcent progressivement la confiance des entreprises.

Crédibilité grandissante

Les chiffres avancés par le président de l’ANEXAL illustrent cette nouvelle dynamique. En Mauritanie, la délégation algérienne a marqué les esprits. «Il y avait plus de 350 exposants», rappelle-t-il. «Nous avons organisé une grande rencontre à Alger avec près de 700 participants, du côté mauritanien comme du côté algérien. Il y a eu énormément de contacts. Les rencontres B2B se sont concrétisées par environ 75 contrats à l’export», précise-t-il.

75 contrats conclus à l’issue d’une seule manifestation économique. Un résultat qui témoigne de la crédibilité grandissante des entreprises algériennes et de leur capacité à transformer les opportunités commerciales en partenariats concrets. L’expérience s’est révélée tout aussi encourageante en Europe. En Espagne, la délégation était plus réduite mais non moins performante. «Nous avions 22 exposants et des contrats ont été signés», précise-t-il. Même constat en Tunisie où, avec également 22 exposants, plusieurs accords commerciaux ont été conclus. Trois destinations, trois opérations réussies et autant de signaux encourageants pour l’avenir de l’exportation nationale.

Engouement pour le Made in Algeria

Au-delà des chiffres, c’est surtout l’accueil réservé aux produits algériens qui retient l’attention. «Les visiteurs et les importateurs étrangers manifestent un véritable engouement pour le produit national, pour le produit algérien, le Made in Algeria», souligne Tarek Boulmerka. Parmi les entreprises qui se sont distinguées lors du salon organisé en Mauritanie, il cite notamment Sonelgaz, Ibac Services Eurl, Fromage Walid et plusieurs autres opérateurs issus de secteurs variés.

Une diversité qui confirme que la compétitivité algérienne ne se limite plus à quelques créneaux spécifiques mais touche désormais plusieurs branches de l’économie. Pour autant, le président de l’ANEXAL refuse tout triomphalisme. S’il reconnaît les progrès réalisés, il estime que l’un des principaux défis demeure la question logistique. «C’est le grand souci», affirme-t-il sans détour. «La logistique évolue, certes, mais à une faible marge. Ce n’est pas suffisant», regrette-t-il.

Maîtrise de l’ensemble de la chaîne logistique

Selon Tarek Boulmerka, la compétitivité à l’export ne dépend pas uniquement de la qualité du produit ou de son coût de fabrication. Elle repose également sur la maîtrise de l’ensemble de la chaîne logistique. «Les coûts de production et les coûts à l’export sont deux réalités différentes. Pour être véritablement compétitif, l’opérateur doit pouvoir calculer avec précision le coût de chaque étape, de l’usine jusqu’au client étranger. Ce cadre doit être mieux étudié et mieux encadré», explique-t-il.  Les infrastructures portuaires, les délais d’acheminement, les coûts du fret et les procédures liées au transport international continuent ainsi de peser sur la compétitivité du produit algérien à l’étranger. Des améliorations sont engagées, mais elles demeurent en deçà des attentes des exportateurs et des ambitions affichées par les pouvoirs publics.

Malgré ces contraintes, les perspectives restent prometteuses. L’ANEXAL a déjà identifié de nouveaux marchés à fort potentiel et entend concentrer ses prochaines actions sur l’Afrique de l’Ouest, une région en pleine croissance économique et qui offre des opportunités importantes aux entreprises algériennes. La feuille de route est désormais tracée. Les premiers résultats sont visibles, les entreprises gagnent en expérience et la réputation du produit algérien s’améliore progressivement sur les marchés étrangers. Reste à accélérer le rythme des réformes logistiques et à consolider les acquis afin de transformer cette dynamique naissante en véritable levier de diversification économique. L’Algérie exportatrice est en marche. Lentement, mais résolument.

A. Hamiche

 

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