Festival du cinéma russeà Alger: Signe d’un partenariat solide

Du 15 au 20 juin à Alger, le Festival du cinéma russe propose six films à la salle Ibn Zeydoun, signe d’un partenariat solide.
L’ambassade de Russie en Algérie a annoncé la tenue d’un Festival du cinéma russe, du 15 au 20 juin. La salle Ibn Zeydoun de l’Office Riadh El Feth (Alger) verra la projection de 6 longs-métrages représentant différents genres, notamment le drame, la comédie, l’aventure et le cinéma familial.
L’ouverture du festival, qui s’inscrit dans le sillage d’un partenariat artistique de longue date, sera marquée, le 15 juin, par la projection du drame de guerre «Août» (2025), réalisé par Nikita Vysotsky. L’action du film se déroule à l’été 1944 en Biélorussie, où un groupe d’officiers du contre-espionnage militaire soviétique (SMERSH) mène une opération de recherche d’agents infiltrés. Les projections suivantes permettront au public de découvrir des productions récentes et variées, programmées quotidiennement à 19h00, avec à l’affiche «Le Loup» le 16 juin, «Buratino» le 17 juin, «Première à l’Olympe» le 18 juin, «La belle fille» le 19 juin, et enfin le film d’animation «Finnick 2» pour la clôture, le 20 juin.
Une coopération cinématographique qui remonte aux années 1960
Depuis le recouvrement par l’Algérie de sa souveraineté nationale, le septième art a été érigé en un axe privilégié de la coopération bilatérale, marqué par la formation des cadres, le rôle mémoriel de la Cinémathèque algérienne, les convergences esthétiques et un soutien mutuel lors des manifestations internationales.
Cette coopération cinématographique entre Alger et Moscou a débuté dans les années 1960. Au lendemain de l’indépendance, l’Algérie s’est attelée à édifier une industrie de l’image nationale, investie de la mission de consigner la mémoire de la Révolution du 1er Novembre 1954 et d’accompagner le développement social du pays. C’est vers l’Union soviétique que l’Etat algérien s’est, entre autres, tourné pour la mise en place d’un partenariat technique de premier ordre. Cette coopération historique repose de prime abord sur la formation académique. Les instituts moscovites, à l’instar de l’Institut national de la cinématographie (VGIK), ont accueilli les pionniers de la réalisation et de la technique algérienne.
L’influence de l’école soviétique sur le cinéma algérien
Des cinéastes tels que le regretté Azzedine Meddour et Rabah Bouberasy ont acquis une maîtrise formelle et narrative. Cette immersion au sein de l’école soviétique a favorisé l’émergence d’une expression visuelle algérienne caractérisée par un réalisme social, un sens du cadrage et une gestion des mouvements de foule inspirés des théories de cinéastes majeurs comme Sergueï Eisenstein ou Vsevolod Poudovkine. Un maillon essentiel de ce partenariat demeure la Cinémathèque algérienne.
Depuis sa création en 1965, cette dernière assuré la diffusion des œuvres soviétiques puis russes. L’institution a régulièrement programmé des cycles d’auteurs, permettant au public de découvrir des œuvres signées par des réalisateurs tels qu’Andreï Tarkovski, Mikhaïl Kalatozov ou Sergueï Bondartchouk. Une dynamique qui s’est maintenue au fil des décennies pour s’ouvrir aux productions contemporaines. Les cycles décentralisés à Alger et Oran en juillet 2015, les célébrations du 60e anniversaire des relations diplomatiques bilatérales en mars 2022 et la commémoration du centenaire des studios Mosfilm en mai 2024, témoignent de la régularité des activités abritées par cette institution.
Le cinéma algérien récompensé à Moscou
Parallèlement, le Festival international du film de Moscou a constitué, durant plusieurs décennies, une vitrine pour le cinéma algérien sur la scène internationale. Des œuvres nationales y ont obtenu une reconnaissance critique.
Dès 1965, «Une si jeune paix» de Jacques Charby y a décroché le Prix du Jeune Cinéma. En 1967, le long-métrage de Mohammed Lakhdar-Hamina, «Le Vent des Aurès», y a reçu le Grand prix de l’Union des écrivains soviétiques. En 1977, le film «Omar Gatlato» de Merzak Allouache s’est vu décerner la Médaille d’argent de la biennale moscovite. Après une baisse de l’activité durant les années 1990, les relations cinématographiques algéro-russes connaissent un renouveau. Ce redéploiement s’opère sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts et des instances officielles russes, notamment l’organisme public Roskino.
Amine G.