Financement de la campagne: Barrer la route à l’argent sale

En matière de financement de la campagne électorale des législatives du 2 juillet, il s’agit de barrer la route à l’argent sale grâce à la loi électorale.
Les dispositions prises pour le contrôle du financement de la campagne électorale ne visent pas seulement à assurer la transparence de l’opération. Elles ont pour objectif de barrer la route à l’argent sale. Ce phénomène qui a fait des ravages durant le règne de la «îssaba» détourne le vote en tant qu’acte démocratique de sa noble finalité, à savoir l’exercice par le peuple de son pouvoir. Au lieu de servir les intérêts des habitants, les assemblées élues ne défendent que les visées d’une minorité. Avec ces sombres visées, l’exercice démocratique qui repose sur le choix populaire perd sa crédibilité.
La prochaine APN devrait être jeune
Justement, les dispositions citées qui ont permis d’écarter certains noms soupçonnés de faire partie de cette catégorie ont permis de rendre leur crédibilité aux élections. Cela a même poussé des milliers de jeunes, de femmes et de cadres, qui se sentaient marginalisés, à croire en leurs chances de faire partie de ces structures. Les élections législatives du 2 juillet prochain sont un exemple dans ce sens.
La lecture des composantes des listes de candidats montre un retour en force de ces catégories. La prochaine Assemblée populaire nationale (APN) devrait être jeune, variée et surtout nouvelle. Les préoccupations soulevées et les messages qui seront portés par les députés qui seront élus devront être en phase avec les besoins de toute la société à l’image de la composante de l’assemblée. Mais les mesures adoptées offrent la possibilité par la même occasion d’éviter toute opacité dans le financement de la campagne.
Pour plus de transparence
L’Algérie, qui s’est engagée dans la lutte contre la corruption en lançant une panoplie d’institutions et de textes juridiques, s’est prémunie contre toute action qui pourrait nuire à cette orientation. En effet, la préparation matérielle des actions entreprises par les listes électorales dans le cadre de la campagne est suivie de près par les services de l’ANIE en plus des autres institutions. Le contrôle des finances des listes, qu’elles soient indépendantes ou partisanes, s’étend des sources de financement aux dépenses.
Pour le premier aspect, les listes sont autorisées à exiger des candidats une participation aux frais engagés. Elles peuvent également recevoir des dons qui ne doivent pas dépasser les 400.000 DA pour toutes les listes. Pour les dépenses, celles-ci doivent être justifiées. Il est, ainsi, imposé aux participants de faire appel à un commissaire aux comptes.
Tous ces mouvements de capitaux doivent passer par le circuit bancaire. Il faut rappeler que le responsable de la liste participante doit ouvrir un compte pour abriter les opérations concernées. Autant dire que rien n’a été laissé au hasard dans le contrôle de l’argent de la campagne. Même les sympathisants d’un parti ou d’une liste doivent être connus, leur participation financière aussi.
Ces règles strictes doivent pousser les responsables des listes participantes à maîtriser la gestion de leurs dépenses. Une nouvelle culture devra être instaurée dans le paysage politique national. Grâce à cette nouvelle culture, les élus qui ne sont pas passés par les anciens circuits devront attacher plus d’attention à la gestion des deniers publics. Avec l’arsenal juridique mis en place, toute erreur sera guettée et sanctionnée, preuves à l’appui.
F. D.